Publié le 17 Jan 2017 - 22:59
ALBUM – WOMEN GROOVE PROJECT

Des différences savamment associées

 

Gnima Sarr sait écrire, rapper ou slamer mais ne s’était pas essayée au chant. Mamy Kanouté est une griotte à la belle voix qui ne fait que chanter depuis ses 14 ans. Les deux ont accordé leurs voix dans ‘’Women groove project’’, un album de 11 titres enregistré par le ‘’Collectif Had oc Women groove project’’.

 

Elles évoluent toutes les deux dans la musique. Mais ont des parcours différents. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme de leur collaboration. L’une, Mamy Kanouté, choriste de l’artiste Baaba Maal, est chanteuse, descendante de griotte. L’autre, Gnima Sarr, est poète, rappeuse, slameuse et même ‘’taasukat’’. Que de différences qu’elles ont su merveilleusement combiner pour donner naissance à ‘’Women groove project’’. Un album de onze titres enregistré par le ‘’Collectif Had Oc Women groove project’’. Il est né de la volonté du manager et président de l’association des diffuseurs artistiques et festivals au Sénégal de mettre en avant des dames. Lesquelles semblent a priori opposées. ‘’On est très différentes mais on est toutes deux africaines. On a des parcours différents. Mais on a quelque chose en commun.  On a l’amour du continent en commun et la musique. On a aussi une forme d’attachement à des valeurs africaines’’, selon Gnima Sarr. Ce qui a rendu ‘’les échanges très fluides’’. ‘’C’était facile, naturel’’, se réjouit-elle.

Chacune a apporté son savoir-faire pour partager avec l’autre. ‘’C’était très généreux’’, concède Gnima Sarr. Elle qui est arrivée dans le monde des arts à travers l’écriture, se chargeait de la rédaction des textes. ‘’C’était naturel. Quelqu’un proposait un thème, on écrivait après. On faisait après en sorte que ça fonctionne en terme de mélodies, d’esthétique en y mettant de la poésie, même si nous avons des registres différents. Je suis venue beaucoup plus tard au chant après l’écriture, la poésie, la prose, le rap, le slam voire le taasu, alors que Mamy est de tradition griotte et chante. Mamy n’écrit pas, elle puise dans le répertoire traditionnel qui se transmet de générations en générations. Un papier, un crayon, ce n’est pas dans sa pratique’’, se souvient Gnima Sarr.

Ainsi, autant de son côté elle a appris à plus se lâcher dans le chant, autant Mamy a essayé de chanter quelques textes écrits au préalable. Ce qui fait dire à notre interlocutrice que l’enregistrement de cet album constitue un ‘’laboratoire’’. Des découvertes qui vont jusque dans les langues employés dans les chants. En effet, dans cet album, on retrouve des titres en wolof, sérère, mandingue, anglais et français. Aussi, pour Gnima Sarr qui se dit plus portée sur le live, enregistrer ‘’Women groove project’’ lui a permis de tester l’inverse. C’est-à-dire aller en studio avant d’aller sur scène. ‘C’est la première fois que je fais quelque chose qui vient du studio pour aller au live. Je crois que ‘’Women groove project’’ gagnerait en live, à se libérer du disque. On doit confronter tout ce qu’on a mis dedans à une réalité, un public, à le partager ici dans notre pays où ça a été fait, ensuite partout où on pourra aller’’, déclare-t-elle.

Par ailleurs, l’un des points communs que se sont trouvées les deux artistes est sans nul doute leur sensibilité face aux conditions de vie des femmes. C’est pour cela que le choix des thèmes était aisé.

Aux voix puissantes de ces dames s’ajoute la belle expérience d’instrumentistes de talent à l’image de la bassiste française Thérèse Henry, la batteuse Alix Ewande, de DJ Charly et son compatriote sénégalais Noumoucounda Cissokho, joueur de kora et le guitariste Hervé Samb. Ce dernier est d’ailleurs est le maître d’œuvre de cette production. Il a tenté de donner à l’album des tempos traditionnels et urbains. Ainsi, on y retrouve des influences funk, soul et même de la rumba. 

BIGUE BOB

Section: 
PLACE DU SOUVENIR AFRICAIN : Ngakane Diouf Gning, l’architecte d’une mémoire vivante
OMG - ARTISTE – RAPPEUSE – AUTRICE-COMPOSITRICE "Il faut souvent travailler deux fois plus pour être prise au sérieux"
OUMAR DIALLO, MÉDIATEUR CULTUREL Passion et transmission
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET MUSISUE : Aziz Coulibaly sort le premier album 100% IA
L'acteur Danny Glover, star de l’Arme fatale, révèle être atteint de la maladie d'Alzheimer
“LIMA BEUGA DOON” : Quand les filles rêvent grand, les STEM s’ouvrent à elles
CENTENAIRE : Wade, cent ans - l'homme et la légende
ENTRETIEN - JEANNINE DISSIRAMA BESSOGA, REALISATRICE : “Les savoirs ancestraux, endogènes, sont en train de disparaître”
RAP SENEGALAIS : Big D renaît sur scène
DAAKA DE MÉDINA GOUNASS : Qui est Cheikh Mouhamadou Saïdou Ba, l’initiateur ?
DADDY BIBSON : Silence sur une voix qui dérangeait
Halima Gadji, au-delà et dans l’au-delà
NECROLOGIE : Le rideau tombe sur Halima Gadji, l’étoile du cinéma sénégalais
COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS 2025 : Pape Thiaw, maître du jeu
PORTRAIT - MAMADY NDIAYE ALIAS BOY NDIAYE Le pêcheur de Guet Ndar, “homme de la mer et du ballon”
ADJA DIAL MBAYE : Une voix intemporelle s’éteint
RAPPORTS CENTIF : Wally Seck mis en liberté provisoire, Madiambal recherché
RAP ET DÉMOCRATIE : L’histoire continue
OMAR BRAMS MBAYE (RÉALISATEUR DU FILM DESTIN D’UN MIGRANT ‘’Quand j’ai vu les corps en état de décomposition…’’
GROUPE IZWEUZ : Un duo qui puise dans le patrimoine africain