Publié le 19 Sep 2015 - 20:09
AMELIORATION DE LA QUALITE DES APPRENTISSAGES

7,8 milliards pour les collèges de la région de Dakar

 

Confrontée à une forte demande de population scolarisable, la région de Dakar a besoin d’une extension et rénovation du réseau des collèges. Un projet de 7,8 milliards prévoit la construction de 8 collèges et la réhabilitation de 9 autres, sans oublier la formation et la maintenance.

 

Le ministère de l’Education nationale a organisé hier un atelier de partage du projet d’Appui au développement de l’enseignement moyen dans la région de Dakar (ADEM/Dakar). Une rencontre qui se fixe pour objectif d’amener les acteurs directs et indirects à s’approprier le projet, pour éviter toute divergence dans la vision qui rendrait difficile l’atteinte des résultats. A propos du projet, il s’agit d’une initiative qui vise l’amélioration des conditions d’apprentissage des élèves du cycle moyen, dans les 4 départements que sont Dakar, Pikine, Guédiawaye et Rufisque.

Le projet s’appuie principalement sur deux piliers : la construction de 8 collèges et la réhabilitation de 9 autres pour 5,7 milliards, ainsi que la formation continue au profit des enseignants et du personnel administratif, pour un montant de 1,44 milliard. Ce dernier volet appuie également des projets d’écoles prioritairement orientées vers les Sciences et les Mathématiques. Des objectifs que le ministère compte atteindre en 5 ans (2014/2018), grâce à un financement de 7,87 milliards de F Cfa de l’Agence française de développement (AFD).

Si l’on en croit Djibril Ndiaye Diouf, directeur de la planification et de la réforme, le choix de Dakar s’explique par une continuité. En fait, un premier projet similaire avec le même montant a eu lieu dans le cycle primaire, dans la région, entre 2005 et 2009, excepté le département de Dakar. Ce lourd investissement a eu, d’après M. Diouf, un impact considérable sur le taux brut de scolarisation et de transition (97% de passage du Cm² à la Sixième). Ce qui veut dire qu’un flux important d’élèves sera déversé dans le cycle moyen. Il faut donc anticiper dans la réalisation d’infrastructures.

Mais en réalité, on ne peut plus parler d’anticipation, vu les chiffres révélés par les différents présentateurs. D’abord, la  population scolarisable dans les CEM, c'est-à-dire âgée entre 12 et 15 ans, est de 250 000 jeunes dans la région. Ce qui représente 18% de la population nationale scolarisable pour le même niveau. Or, parmi ces jeunes, seuls les 185 419 fréquentent réellement l’école. La demande est donc déjà très importante, face à des écoles parfois très vieilles. L’extension du réseau est donc une nécessité.

Ensuite, la déperdition scolaire est plus importante dans le cycle moyen. Et Dakar a un taux de réussite au BFEM inférieur à la moyenne nationale. Le succès des collégiens à l’examen a été, en 2014, de 40,3% dans le département de Dakar et 30,66% dans ceux de Guédiawaye et Pikine. En 2015, ces mêmes taux sont de 38,47% à Dakar et 31,97% dans la banlieue, au moment où la moyenne nationale est de 43%. Ce qui s’explique sans doute par le taux d’encadrement. En effet, concentrant à elle seule 26% des effectifs de l’enseignement moyen du Sénégal, la région de Dakar affiche une moyenne de 68 élèves par classe, avec des taux parfois insoutenables. Par exemple, les collèges de Rufisque comptent environ 130 élèves par classe. Pikine et Guédiawaye connaissent 75 collégiens par classe ; et Dakar 60 écoliers par classe. D’où l’urgence à décongestionner les classes.

Cependant, un problème de suivi pourrait aussi se poser.  Partant du fait que l’entretien fait souvent défaut au Sénégal, il est prévu une politique de maintenance annuelle des établissements.  Il s’agit de la mise en place, dans les collectivités locales, d’une capacité technique et organisationnelle suffisante afin de manager des plans d’action de maintenance des infrastructures. La pause de la première pierre aura lieu dans le dernier trimestre 2015, octobre ou novembre précisément, selon le représentant du ministre de tutelle.

BABACAR WILLANE

 

Section: 
FORA'ESS DAKAR 2026 – ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE : Le Sénégal veut faire de son modèle une référence africaine
DECENTRALISATION ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE : Vers un « consensus des territoires »
À LA TÊTE DE LA LONASE : Abdourahmane Baldé signe son retour à la direction générale
RESTRUCTURATION – FMI – AVD : Entre progrès et stagnation
DÉTENTION DE KHADIM BA ET DANE SARR : “Aar Sunu Kom-Kom” porte la fronde du secteur privé
À CAUSE DE LA MALNUTRITION : Le Sénégal perd 425 milliards F CFA par an
DÉCLARATION DE PATRIMOINE : Ultimatum de l'OFNAC
GESTION DE LA DETTE – RESTRUCTURATION : Cafouillage au sommet !
COOPÉRATION SÉNÉGAL-ALLEMAGNE Diomaye Faye et Friedrich Merz misent sur un partenariat économique renforcé
SÉNÉGAL-FMI : Le dossier de “misreporting” toujours non clos
MODERNISATION DU SYSTÈME SANITAIRE Bassirou Diomaye Faye mise sur Siemens Healthineers
MISE EN PLACE DES INTRANTS AGRICOLES : Des paysans grognent encore
THIES – AVEC PLUS DE 14,2 MILLIARDS DE FCFA INVESTIS : Le PACASEN a financé 464 projets entre 2019 et 2024
RÉFORME DES FINANCES PUBLIQUES - DETTE PUBLIQUE : Le Sénégal se dote d’une « tour de contrôle » pour sortir de l’impasse
DIALOGUE STRUCTURE : L’UE et la société civile sénégalaise adoptent une nouvelle feuille de route
POLÉMIQUE DETTES CACHÉES – SORTIE PRÉSIDENT COUR DES COMPTES : Y a-t-il eu tripatouillage des comptes publics ?
PRODUCTION DE LA PÊCHE ET DE L’AQUACULTURE Elle a atteint 188,2 millions de tonnes en 2024
DÉMARRAGE DE LA SAISON AGRICOLE Entre soulagement et inquiétudes des paysans
LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2026 : L’exécutif ajuste ses priorités budgétaires
COMMUNICATION POLITIQUE : OUSMANE SONKO : Le glissement sémantique