Publié le 8 Aug 2019 - 21:44
BLOCAGE DU DIALOGUE POLITIQUE

La Commission cellulaire face à un dilemme 

 

De la proposition de la Commission cellulaire dépendra la poursuite du dialogue politique qui bute, depuis lundi dernier, sur un désaccord des parties prenantes autour de l’élaboration des termes de référence devant conduire à l’audit du fichier et à l’évaluation du processus électoral.

 

Les concertations sur le processus électoral reprennent aujourd’hui, après un blocage enregistré depuis lundi dernier. Les différentes parties prenantes, qui ne parlent pas le même langage sur l’élaboration des termes de référence devant conduire à l’audit du fichier et de l’évaluation du processus électoral, devront reprendre place, ce matin, à la table des négociations afin de trouver un consensus autour de l’élaboration des termes de référence (Tdr).

En effet, dans le cadre de l’élaboration des termes de référence, en perspective de l’audit du fichier et de l’évaluation du processus électoral, l’opposition préconise que soient saisis les partenaires techniques du Sénégal dont l’Usaid, la Coopération allemande, l’Union européenne et l’Union africaine pour la mise à disposition d’experts indépendants qui pourraient être assistés par des experts sénégalais.

‘’C’est à ce niveau que nous avons des divergences et nous pensons qu’objectivement, la commission politique est suffisamment outillée pour l’élaboration de ces Tdr’’, soutient le coordonnateur du Pôle des non-alignés.

L’opposition, qui réclame des experts indépendants dans l’élaboration des termes de référence, bute, en effet, sur le refus de la majorité, confortée cette fois-ci dans sa position par les non-alignés et la société civile.

Selon le chargé des élections de l’Alliance pour la République, Benoit Sambou, il faut apprendre à gérer seul certains aspects de notre processus électoral, loin du regard extérieur. ‘’On doit protéger notre pays. Il y a des moments où il faut éviter de mêler les gens dans nos affaires internes. Ça fait longtemps qu’on fait des évaluations et des audits. Il y a de fortes chances qu’on puisse dépasser cette situation très rapidement’’, déclare le plénipotentiaire de la coalition de la majorité présidentielle Benno Bokk Yaakaar.

D’ores et déjà, les concertations d’aujourd’hui s’annoncent rudes pour les différents camps en litige.

Mais, de l’avis du coordonnateur du Pôle des non-alignés, les divergences notées pourraient être surmontées, s’il y a une volonté sincère d’avancer. En décembre 2017, rappelle Déthié Faye, au sein du Cadre de concertation sur le processus électoral, la commission avait élaboré des termes de référence à partir desquels un appel d’offres international avait été lancé pour le choix d’experts chargés d’auditer le fichier électoral. ‘’Nous avons dit au niveau des non-alignés, de la société civile et de la majorité que le même procédé peut être reconduit, parce que c’est nous acteurs politiques, qui vivons les problèmes, qui pouvons faire notre commande. C’est nous, acteurs politiques, qui devons faire la commande. C’est nous qui pouvons dire exactement de quoi nous avons besoin. Une fois qu’on dira qu’on a besoin de tel et de tel, c’est ça qui va constituer les termes de référence et un cabinet pourra être choisi pour faire le travail’’, fulmine-t-il.

Pour sa part, Benoit Sambou souligne que la Commission cellulaire a fait une proposition intermédiaire qui devrait normalement satisfaire toutes les parties et permettre de dépasser le blocage noté juste sur la démarche à entreprendre pour arriver à l’audit du fichier et à l’évaluation du processus électoral.

‘’Nous considérions qu’après avoir fini de faire le recueil des préoccupations des différentes parties prenantes, il s’agissait maintenant de transmettre la requête au gouvernement pour qu’il puisse prendre langue avec les partenaires qui pourraient nous accompagner dans le choix du cabinet qui sera chargé de l’audit du fichier et de l’évaluation du processus électoral.

L’opposition veut une phase intermédiaire où on choisit un cabinet ou des étrangers qui viennent nous aider à faire les Tdr. On leur a dit que le Sénégal a dépassé cette époque où il est assisté dans son processus électoral par des étrangers’’, déclare-t-il. Non sans préciser que la Commission cellulaire a quand même essayé de ménager les deux camps en proposant qu’ils prennent d’abord le document de recueil des préoccupations avant d’inviter, avec les autorités compétentes, des cabinets à faire des propositions. ‘’De toute façon, on va dépasser cette question’’, rassure l’ancien ministre de l’Agriculture.

D’ailleurs, ajoute Déthié Faye, pour concilier les deux camps en litige, la Commission cellulaire invite à susciter une manifestation d’intérêt pour des cabinets qui pourraient peut-être se prononcer et dire comment ils voient ce que veulent les acteurs politiques et qu’est-ce qu’ils pourraient faire.

Reste à savoir si cette proposition parviendra à satisfaire tout le monde.

ASSANE MBAYE

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