Publié le 16 May 2013 - 06:10
CARTE DIPLOMATIQUE

 La rationalisation pas encore au rendez-vous

Candidat à la présidence de la République, Macky Sall avait promis de faire des économies budgétaires sur une quinzaine d'ambassades plutôt inutiles. Plus de quatorze mois après son arrivée au pouvoir, rien ne semble avoir bougé de façon significative dans la carte diplomatique de notre pays.

 

Dans sa volonté de «rationaliser la carte diplomatique», le ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, avait annoncé la suppression de certaines représentations diplomatiques. C’est le cas du consulat du Sénégal en Jamaïque fermé pour des «raisons économiques». Par cette politique, le Sénégal compte «renforcer (sa) présence en Afrique de sorte qu'il dispose d'une représentation diplomatique dans chacun des États membres de l'UEMOA et de la CEDEAO, mais également en Amérique Latine, en Europe Centrale et Orientale».

 

C'était à l'occasion d'un séminaire axé sur la réorientation de la diplomatie sénégalaise. «Si nous voulons une diplomatie d'influence, de paix, de sécurité, de développement et de protection de la diaspora sénégalaise à travers le monde, avons-nous les structures et services au ministère pour porter ces objectifs ? Ces structures que nous avons depuis 20 ou 30 ans sont-elles pertinentes aujourd'hui au regard de tous les changements intervenus entre-temps ?'' s'interrogeait Mankeur Ndiaye.

 

Ce discours était en fait une émanation de la profession de foi du candidat Macky Sall. Dans un discours tenu à l'Institut français des relations internationales (IFRI) le 29 novembre 2011, l'ex-futur président de la République parlait de «rationaliser la carte diplomatique du Sénégal en fonction des intérêts vitaux et des priorités en bannissant toute excentricité». Aux yeux du candidat Sall, «ce principe de rationalisation des dépenses publiques doit s'opérer pour tous les secteurs de notre administration, y compris les outils de politique étrangère... Notre pays n'a pas les moyens de mener des opérations de prestige».

 

L'allusion aux dérapages inaugurés par le président d'alors, Abdoulaye Wade, était nette. Puis vers la fin de son speech, Macky Sall donne une première orientation. «Un premier calcul fait sur la carte diplomatique actuelle m'inspire que nous avons une quinzaine d'ambassades dont le rôle est limité et dont nous pouvons faire l'économie...»

 

Dix-huit mois plus tard, et alors qu'il est président de la République depuis le 25 mars 2012, on est bien obligé de se demander où en est Macky Sall en termes de «rationalisation de la carte diplomatique du Sénégal». On a bien vu que le Sénégal a ouvert deux ambassades à Lomé (Togo) et Malabo (Guinée Équatoriale). Mais pour le reste, qu'est-ce qui a été fait ? On connaissait le nombre d'ambassades et de consulats existant sous le régime précédent. Aujourd'hui, il n'est pas superflu que le gouvernement fasse le point sur cette question.

 

 

Momar DIENG & Daouda GBAYA

 

 

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