Publié le 30 Dec 2017 - 00:32
COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT SUR LES 200 MILLIARDS

Une certitude et des questionnements

 

Le gouvernement prend le contre-pied de Moustapha Niasse. Alors que ce dernier disait ignorer tout des 200 milliards de francs Cfa évoqués par Aminata Touré, l’Exécutif est monté, hier, au créneau pour abonder dans le sens de l’envoyée spéciale du président.

 

Elle n’a pas usurpé le titre de ‘’Dame de fer’’ qui lui colle parfaitement à la peau. Quand Aminata Touré toussote, c’est toute la République qui éternue. Depuis qu’elle a annoncé que la traque des biens mal acquis a rapporté à l’Etat du Sénégal plus de 200 milliards de francs Cfa, on en a plus que pour ça. Plus aucun officiel ne se déplace sans qu’on ne lui pose la question : ‘’Où est passé l’argent ?’’ Cette interpellation récurrente était devenue gênante pour tout le régime ‘’apériste’’, inscrit sous le sceau de la vertu. Le silence assourdissant du gouvernement l’était encore plus.

Eh bien, depuis hier, l’Etat est sorti de son mutisme. Dans un communiqué, il informe : ‘’Le gouvernement du Sénégal voudrait rappeler à l'opinion nationale et internationale l'option fondamentale du président de la République qui consacre le principe de la reddition des comptes comme haute priorité et composante essentielle de sa politique de bonne gouvernance et de transparence dans la gestion des affaires publiques. C’est pourquoi le chef de l’Etat a fait de ces principes le socle de l’Axe 3 du Plan Sénégal émergent...’’

Dans la même veine, le secrétaire général du gouvernement affirme qu’‘’il est aisé de comprendre la quintessence de toutes les actions déjà engagées par le président de la République et son gouvernement afin que la nation puisse recouvrer ses biens spoliés et lutter contre la corruption, le détournement de deniers publics et l'enrichissement illicite, dans le respect du double principe de la séparation des pouvoirs et de la présomption d'innocence’’.

Après les rappels et autres déclarations de principe, le gouvernement, par le biais de son porte-parole, se décide enfin à aborder le vif du sujet. Les actions engagés par l’Etat, selon lui, ‘’ont permis de dénouer favorablement différents contentieux ayant rapporté des ressources additionnelles au budget de l’Etat. Ces actions ont déjà permis de recouvrer des ressources financières importantes dont la traçabilité se retrouve à travers les lois de finances successives, adoptées par la représentation nationale, soit pour la période 2012-2015, un montant global de 152 984 119 934 F Cfa’’

Ce chiffre faramineux risque de donner encore plus de tournis au ‘’goorgoorlu’’ sénégalais qui aura certainement besoin de savoir d’où vient cette manne. Est-ce que les 75 milliards d’amende versés par Mittal en font partie ? Combien Dubaï Port World a payé dans son contentieux avec l’Etat du Sénégal ?... Plusieurs questions qui restent en suspens, malgré la volonté de l’Etat consistant à tendre la perche à l’ex-Premier ministre. Le communiqué s’est borné à expliquer que dans la seconde loi de finances rectificative pour l’année 2013, trois montants ont été inscrits : 2 498 314 563 F Cfa, 24 600 355 371 F Cfa, 11 365 450 000 F Cfa. Dans la loi de règlement 2014 pour la gestion 2012, il a été inscrit un montant de 39 520 000 000 F Cfa, dans la première loi de finances rectificative pour l’année 2014, c’est un montant de 45 000 000 000 F Cfa. Et enfin, il y eut une seconde loi de finances rectificative pour l’année 2014 avec une inscription d’un montant de 5 000 000 000 F Cfa.

En outre, il y a la loi de finances initiale pour l’année 2015 où a été inscrit un montant de 25 000 000 000 F Cfa.

Espérant rétablir carrément l’ancienne ministre de la Justice, le communiqué précise par ailleurs que ‘’ce montant de 152 984 119 934 F Cfa, qui ne couvre que trois exercices budgétaires et qui a été totalement retracé à travers les lois de finances et les lois de règlement de 2012 à 2015, est évolutif sous réserve du recouvrement de certains biens dont l’évaluation est en cours’’.

Ainsi, poursuit la note, le gouvernement entend bannir l’enrichissement illicite à jamais de la société sénégalaise.

Mais pourquoi l’Etat, qui a jugé utile de faire l’état des lieux, n’a pas tout bonnement précisé d’où proviennent ces différents montants ? Simple question à une équation à mille inconnues !

 Mor Amar

 

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