Publié le 24 Jan 2018 - 19:57
DÉGRADATION DU FONCIER PASTORAL

Eaux et forêts et éleveurs se rejettent la balle

 

Le sous-lieutenant Abdou Kogna Diop du Service régional des eaux, forêts et chasses de Thiès, a invité, hier, les éleveurs de ladite région au respect des normes environnementales, ‘’même s’ils ont droit à l’utilisation du foncier pastoral’’. Un appel auquel a aussitôt répondu Ismaïla Sow. Mais c’est pour déplorer le ‘’manque d’informations fournies’’ par les agents des eaux et forêts.

 

L’Assemblée générale annuelle de la Maison des éleveurs de Thiès, qui a réuni, hier, l’ensemble des maisons des éleveurs, les chefs des services régionaux des eaux, forêts et chasses, de l’élevage, de l’agriculture… a servi de prétexte aux participants pour discuter des difficultés du secteur dans la région. Lors de cette entrevue, un point essentiel a été mis en exergue et a capté l’attention des éleveurs : la problématique et l’utilisation du foncier pastoral. Sur cette question précise, les éleveurs demandent un accès plus facile et brandissent comme seule excuse la position géographique qu’occupe le Sénégal, pays sahélien.

Tout le contraire du Service régional des eaux, forêts et chasses. Même si l’usage du foncier pastoral est autorisé pour l’élevage au Sénégal, le sous-lieutenant Abdou Kogna Diop estime que cela ne donne pas droit, aux éleveurs, de dégrader l’environnement. ‘’Il est vrai que cette pratique est acceptée au Sénégal. Mais, des fois, les éleveurs en font trop. Ils ne se limitent plus à élaguer les arbres. Ils les coupent complètement. En le faisant, ils ne se rendent pas compte qu’il y a des impacts négatifs sur la gestion de l’environnement et des ressources naturelles. En plus, il y a un réel problème foncier à Thiès’’, admet d’abord le sous-lieutenant Diop.

En dépit des sanctions pécuniaires (50 000 à 500 000 F Cfa) et pénales (3 mois à 2 ans d’emprisonnement) prévues par la loi, les éleveurs continuent à commettre ce forfait. Pour échapper à tout cela, le représentant de l’inspecteur régional des eaux, forêts et chasses trouve qu’il est judicieux, pour les éleveurs, de travailler de concert avec leur service. ‘’Il faut que tous les éleveurs acceptent de travailler en étroite collaboration avec les agents des eaux et forêts. Mais, en attendant, nous les invitons au respect des normes environnementales. Il faut qu’ils arrêtent de couper les arbres. Nous n’acceptons pas qu’ils détruisent la forêt. Nous les arrêtons parfois et c’est juste pour leur faire comprendre qu’ils peuvent pratiquer leur métier tout en protégeant la forêt, parce que c’est ce que nous avons de plus cher au Sénégal’’, préconise le sous-lieutenant Diop.

Cependant, le sous-officier subalterne précise que les agents des eaux, forêts et chasses ne sont ‘’en aucun cas et en aucune manière contre l’élevage pastoral’’. Néanmoins, dit-il, la formule est simple : ‘’Il faut qu’ils acceptent de protéger la forêt et l’environnement d’une manière générale.’’

Réformer les lois

L’idée de l’autorité en charge de la protection des ressources naturelles de travailler en collaboration avec les éleveurs, pour éviter d’éventuelles sanctions, n’a pas été totalement exclue par Ismaïla Sow et ses camarades. Mais ces derniers posent leurs conditions et proposent des pistes de solution.

Selon le président de la Maison des éleveurs de la région de Thiès, des comités régionaux (Crd) spéciaux doivent être organisés chaque année, en vue de débattre sur la question du foncier pastoral et de la protection des ressources naturelles. ‘’Il doit y avoir, chaque année, un Crd entre éleveurs et agents des eaux et forêts, pour discuter de cette question. Le Service régional des eaux, forêts et chasses doit informer les éleveurs des risques qu’ils encourent en s’adonnant à cette pratique. Les éleveurs ne sont informés de rien du tout. Et, parfois, on leur fait payer des sommes importantes d’argent. Je ne peux pas comprendre qu’un Sénégalais puisse le faire à son compatriote’’, s’indigne le porte-parole du jour des éleveurs de la cité du Rail.

Ce dernier propose que certaines lois soient réformées, afin d’éviter ‘’des sanctions sévères’’ à l’endroit de ses camarades. ‘’Il faut que l’autorité comprenne que nous sommes dans un pays sahélien. Nous avons besoin d’utiliser ces ressources naturelles pour nourrir nos animaux. Malheureusement, nous nous en sortons avec des amendes. A ce niveau, je crois qu’il y a un manque d’information entre éleveurs et agents des eaux et forêts. Il y a beaucoup de problèmes’’, se désole le président du Conseil national de la Maison des éleveurs du Sénégal. Avant d’ajouter qu’il y a également ‘’des problèmes entre éleveurs et agriculteurs’’, en plus de ceux qu’ils rencontrent avec les différents services de eaux, forêts et chasses établis sur l’étendue du territoire national.

A noter que cette assemblée générale a permis à l’assistance d’informer sur le livret de l’éleveur et d’évaluer la Journée nationale de l’élevage organisée à Kolda au mois de décembre dernier et de se pencher, d’ores et déjà, sur celle qui va se tenir, cette année, dans la région de Thiès. 

GAUSTIN DIATTA (THIÈS)

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