Publié le 28 Oct 2017 - 23:32
DEVELOPPEMENT DES PME EN CASAMANCE

Les acteurs listent les écueils

 

Malgré les nombreuses initiatives prises pour booster le secteur, les petites et moyennes entreprises (PME) en Casamance ne parviennent pas à jouer le rôle de locomotive de l’économie de la région sud du pays. Plusieurs facteurs expliquent cette situation.

 

La crise qui a secoué la région méridionale du pays depuis plus de trois décennies maintenant et qui se caractérise, aujourd’hui, par une accalmie profonde, ne constitue guère ce goulot d’étranglement à partir duquel naissent toutes les contraintes qui gangrènent le développement des petites et moyennes entreprises (PME) en Casamance.

Depuis quelques années maintenant, l’Etat, à travers ses agences et autres institutions, a déployé des efforts importants dans le sens de l’accompagnement des acteurs pour leur permettre de sortir, entre autres, de l’informel et se tourner vers le développement durable de leurs activités. En dépit de tout cela, les PME, qui devaient être la rampe de la relance de l’économie de la région sud du pays, ne parviennent pas à sortir de l’ornière.

Il ressort du comité régional de développement (CRD) organisé mardi dernier dans la capitale méridionale du pays, que le secteur des PME dans la  région de Ziguinchor est confronté à plusieurs écueils qui plombent son développement. Portée par l’Agence pour le développement de petites et moyennes entreprises (ADEPME) dans le cadre de la vulgarisation du projet ‘’Tekki Fii’’ ou ‘’Développer l’emploi au Sénégal’’, ce CRD s’est vite transformé en ‘’mur de lamentations’’  par  les acteurs de la PME de la région de Ziguinchor. Une tribune pour étaler les difficultés qu’ils rencontrent quotidiennement dans la gestion de leurs affaires. Selon eux, les lenteurs et la lourdeur des procédures administratives dans le traitement  des dossiers et le décaissement des fonds sont, entre autres, les raisons qui freinent l’ardeur de la plupart des opérateurs économiques. S’y ajoutent l’éloignement avec Dakar et la ‘’dictature des sommets’’. Mais également la disponibilité de l’information à temps réel et l’accès au financement.

De l’avis des acteurs, l’Etat et ses démembrements doivent rompre avec le temps de la parole, des séminaires et autres rencontres pour se tourner, résolument, vers celui de l’action et de la moisson. ‘’Nous avons suivi plusieurs formations. On est fatigué des séminaires. Vous avez constaté qu’ils sont nombreux les acteurs qui ont préféré ne pas prendre part à cette rencontre, parce qu’ils ne sentent plus le besoin’’, lance une opératrice économique, estimant que la solution réside dans la décentralisation des structures ou la mise en place, à Ziguinchor, d’un ‘’guichet unique’’. Les différentes contraintes soulevées par les acteurs pour expliquer les raisons de leurs contre-performances sont partagées, en partie, par les autorités administratives en charge de ce secteur.

Selon Bouba Sagna, le responsable du Centre de gestion agréé (CGA) logé à la Chambre de commerce de Ziguinchor, le mal est dans  l’inorganisation des opérateurs économiques. ‘’Arrêtons de pleurer en Casamance. Arrêtons de tendre la main. Nous refusons de nous formaliser. La plupart des PMI ne disposent d’aucune comptabilité fiable. Et nous voulons accéder au financement. Nous avons demandé une mensualité  de dix mille francs chacun,  pour que le centre puisse gérer leur comptabilité. Personne ne l’a fait’’, regrette M. Sagna.   

HUBERT SAGNA (ZIGUINCHOR)

Section: 
DIPLOMATIE, SOUVERAINETÉ ET OUVERTURE INTERNATIONALE : Le nouveau tournant diplomatique de Diomaye
Balance commerciale au mois de juillet
YAKAAR-TERANGA / RETRAIT DE KOSMOS ENERGY : L’Ofnac appelé à enquêter sur les 55 millions de dollars évoqués par le PM
PRIX DU PAIN : Les boulangers réclament la baguette à 210 F
FONDATION SÉNÉGAL SOLIDAIRE : Les 500 millions qui font débat
RESTRUCTURATION DETTE SÉNÉGALAISE : Les cadres de la majorité présidentielle répondent aux 191 universitaires
INCLUSION DES PERSONNES HANDICAPEES : La GIZ et l'APJAS renforcent les capacités des acteurs locaux à Thiès
RESTRUCTURATION DE LA DETTE : Pastef réclame la vérité et prévient sur la facture
LE CNP AU PALAIS DE LA RÉPUBLIQUE : Le patronat met ses priorités sur la table
Le CIS salue l’aboutissement des négociations avec le FMI
DETTES CACHÉES : La face visible de l'iceberg
SÉNÉGAL – FMI : Un accord, mille questions
Entrepreneuriat féminin
NON-SATISFACTION DE LEURS REVENDICATIONS “LÉGITIMES” : Le Sames va paralyser le système les 8 et 9 septembre prochain
Le gel des importations d’oignons levé
LANCEMENT DE JIGIYASO : Une plateforme pour mieux accompagner les enfants à besoins spécifiques
MOODY’S CAA2 : Le coût économique de la dégradation
RAPPORT UMOA 2025 - AVEC UN RÉSULTAT NET DE 1 252,1 MILLIARDS : Le secteur bancaire est resté rentable
JOJ DAKAR 2026 : Les travaux du terrain du Terminus 54 à l’arrêt
MANSOUR SOW, DG DE CACO, INGÉNIEUR EN GÉNIE CIVIL “Depuis deux ans, nous n’exécutons aucun marché de la CDC, qui fournissait, avec l’AGEROUTE, 91 % de notre chiffre d’affaires”