Publié le 30 Mar 2021 - 13:42
ETUDES THERAPEUTIQUES DU CORONAVIRUS

Pas encore de cas graves de Covid chez les drépanocytaires 

 

Les complications thrombotiques font partie des plus redoutables, dans la lutte contre la maladie de Covid-19. Avec le démarrage de la vaccination, les inquiétudes sont plus accrues chez les patients drépanocytaires. Mais le docteur El Hadj Daouda Niang précise qu’il n’est pas encore noté de cas graves par rapport à la Covid-19.

 

Depuis le lancement de la vaccination dans les pays contre le coronavirus, des informations ne cessent de circuler sur de probables risques. Ces rumeurs poussent certains à douter de l’efficacité des vaccins. D’autres ont peur de se vacciner. Pour lutter contre tout cela, l’Association des internes et anciens internes des hôpitaux du Sénégal ont organisé, hier, un séminaire sur les aspects thérapeutiques de la Covid-19. Le secrétaire général de ladite association, par ailleurs hématologue clinicien, précise qu’aucune prise de médicaments ou de vaccins n’est dénuée de risques.  ‘’Il  y a   souvent  des  effets  secondaires,  mais  il  faut  faire  la  balance  bénéfices/risques.  Pour le vaccin, les bénéfices prédominent sur les quelques complications notées’’, rassure le docteur El Hadj Daouda Niang.

En outre, si le cas des drépanocytaires pose problème ailleurs, il affirme qu’au Sénégal, il n’y a pas encore de cas graves notés par rapport à la Covid-19.

S’agissant des complications thrombotiques soulignées dans plusieurs pays, le Dr Niang soutient que ces dernières font partie des plus redoutables dans la lutte contre la maladie de Covid-19. La première difficulté, fait-il savoir, est l’embolie pulmonaire qui est un facteur de mortalité. Il peut, dit-il, apporter une sévérité du tableau clinique. ‘’C’est une infection à risque thrombotique.  Les complications sont encore plus graves sur un sujet qui a le diabète. Corrélé à la Covid, le risque est plus grave chez les diabétiques’’, informe-t-il.

Pour le Dr Niang, la Covid-19 peut aussi survenir chez ceux qui souffrent d’hypertension artérielle. ‘’On note une atteinte de la paroi vasculaire. C’est une infection systémique qui va solliciter des éléments de défense de l’organisme.   Il  existe, entre  autres, pas  mal  d’éléments  pour  expliquer  ces  risques  qui  compliquent le traitement de la Covid’’.

Toutefois, révèle  le docteur El Hadj Daouda Niang, il est  aussi  possible  de  noter  des  thromboses  chez des  sujets  qui  n’ont  aucun  antécédent  traumatique.   Car, informe le spécialiste, il y a des thromboses artérielles et veineuses qui peuvent survenir avec le coronavirus.  Elles sont diagnostiquées pendant l’hospitalisation ou pendant le dépistage. ‘’L’âge, le stress, la psychose causée par la pandémie peuvent être des facteurs à risque. Jusque-là, il faut noter que beaucoup d’hypothèses sont   émises. Mais  il  faut  rassembler  ces  données  avec  celles  biologiques  pour  mieux  étayer les suppositions’’, renseigne l’hématologue. Concernant l’anticoagulation, il souligne que, quand le malade présente une sévérité, on lui donne un anticoagulant pour éviter une thrombose. 

L’autre aspect soulevé par le médecin, est que lorsqu’un malade  est  stressé, ne se déplace  pas, est  immobile,  la  logique  voudrait  qu’on  lui  donne  ce  médicament  avant  qu’il  ait  des thromboses.  ‘’Cela n’a rien à avoir avec la vaccination. On utilise des virus morts dans la vaccination.  Il s’agit de faire synthétiser des moyens de défense. On  peut  donner  l’anticoagulant  avant, pour  éviter  la  thrombose,  comme on  peut  le  donner  pendant  la  thrombose,  pour  éviter  une  complication’’, précise le Dr Niang.

Pour notre interlocuteur, les complications renvoient souvent à la complexité de cette maladie. Et la majeure partie des internes et anciens internes sont en première ligne dans la prise en charge des malades. Le docteur Fallou Niang déclare qu’ils ont déjà élaboré un livret qui sera partagé entre les professionnels de la santé.

VIVIANE DIATTA

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