Publié le 14 Mar 2019 - 05:55
Fatoumata Niang Niox (Jokkolabs)

‘’L’écosystème des start-up est actuellement vibrant’’

 

Aujourd’hui, au Sénégal, il y a une ‘’réelle motivation, un engouement’’ des jeunes par rapport à l’innovation technologique. Mais, selon la directrice exécutive de Jokkolabs, Fatoumata Niang, il faut des mécanismes ‘’beaucoup plus larges’’ pour les accompagner.

 

Comment vous décrivez aujourd’hui l’écosystème des start-up au Sénégal ?                 

L’écosystème des start-up est actuellement vibrant, malgré une volonté assez timide en termes d’accompagnement. Il y a une réelle motivation, un engouement des jeunes par rapport à l’innovation, ce qui fait qu’ils sont en train de créer de véritables pépites. Nous, on se doit, aujourd’hui, de les accompagner. 

Quand vous parlez de timidité dans l’accompagnement, c’est du côté de l’Etat ou des partenaires privés ?

Oui, je parle de timidité par rapport au gouvernement. Parce que c’est uniquement depuis l’année dernière, avec le Forum du numérique, qu’il y a eu une implantation, avec la Délégation à l’entreprenariat rapide (Der). Il existe déjà des structures, comme l’Agence de développement et d'encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme), qui sont là. Mais il faudrait des mécanismes beaucoup plus larges pour les accompagner. Parce que l’écosystème est quand même grand et il faut plusieurs mesures et mécanismes mis en place avec une réelle volonté politique pour accompagner de manière efficiente ces start-up.

Le constat est que la plupart des start-up meurent juste après 2 ou 3 ans d’existence. Comment expliquez-vous ceci ?

C’est au niveau mondial. C’est la définition en soi-même d’une start-up. Sa durée de vie n’excède pas deux à trois ans. Mais, aujourd’hui, on pourrait éviter d’avoir un taux aussi élevé, dans la mesure où l’accompagnement serait beaucoup plus rapproché, plus efficace. Pour cela, les espaces d’accompagnement sur place et existants au Sénégal ne suffisent pas. Il faudrait les renforcer d’une part, et, d’autre part, leur donner des moyens, des outils pour accompagner ces start-up. L’avenir est très prometteur au Sénégal. Nous avons beaucoup de pépites et nous nous battons tous les jours pour les accompagner, en faire de grands champions et notre fierté nationale.

Et quelles sont les difficultés que vous rencontrez en tant que structure d’accompagnement des microentreprises ?

Aujourd’hui, on devrait avoir des exonérations en termes de taxe. Finalement, on a un peu les mêmes problématiques que les start-up. On est une structure d’accompagnement, on essaie d’élever les start-up à un niveau important. Mais si, nous-mêmes, nous avons des freins tels qu’une fiscalité très lourde, pas assez de ressources humaines de qualité, de personnes formées en adéquation avec les besoins du secteur. Ça pose forcément un réel problème  et un frein considérable pour le développement de nos activités.

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