Publié le 13 Dec 2018 - 00:25
FONDS DE GARANTIE DES INVESTISSEMENTS PRIORITAIRES

Un projet de mutation institutionnelle lancé

 

L’administrateur général du Fongip, Doudou Ka, a fait face à la presse, hier, pour dévoiler au public le projet de mutation constitutionnelle de son institution. L’objectif visé, à travers cette réforme, est de permettre une mobilisation de financements bancaires de plus de 275 milliards de F Cfa par an, à partir de 2023. 

 

Créé en 2014 pour faciliter l’accès au financement pour les Pme et Pmi, le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) veut entamer un processus de mutation constitutionnelle pour développer ses capacités, afin de faire face aux exigences du secteur. Dans ce dessein, le conseil d’administration a organisé, hier, à la Maison de la presse, un atelier qui a réuni l’ensemble du personnel et des partenaires de l’institution financière, pour partager les orientations du projet. Cet atelier d’échanges a servi de prétexte pour lancer officiellement le processus de mutation institutionnelle et d’obtention de l’agrément d’établissement financier de garantie et de cautionnement.

Selon son administrateur général Doudou Ka, les objectifs de la réforme visent à réduire le gap financier des Pme et Pmi de 25 à 40 %, soit une mobilisation de financements bancaires de plus de 275 milliards de F Cfa par an, à partir de 2023. Le Fongip veut ainsi devenir l’unique institution publique de garantie de l’Etat du Sénégal et être admis, dans le cadre réglementaire et technique, sous le contrôle de la Bceao. Ce projet de mutation permet de conférer à l’institution un statut d’acteur reconnu du système financier avec toutes les facultés attendues et d’assurer l’autonomie financière de sa gestion, notamment le financement propre de son budget de fonctionnement. L’objectif principal de cette mutation institutionnelle vise à faire du Fongip la première institution financière nationale.

Doudou Ka répond à Ngouda Fall Kane

 L’administrateur général du Fongip a profité de cet atelier pour mettre au clair la différence entre son institution et la Délégation d’entreprenariat rapide (Der) et leur complémentarité. La Der est financée par l’Etat, alors que le Fongip est une mobilisation du financement privé. Les cibles, les mécanismes et les méthodes sont différents, mais les missions sont complémentaires. En effet, le Fongip s’adresse aux petites et moyennes entreprises qui ont déposé des dossiers auprès des établissements bancaires ou institutions financières. ‘’Par contre, notre économie regorge des petites et moyennes entreprises informelles, qui n’ont même pas de comptes bancaires, mais qui exercent des activités quotidiennes dans nos villes et villages. Cette importante frange n’avait aucune réponse de financement, puisqu’elle ne pouvait pas accéder au Fongip. D’où l’installation de la Der pour permettre à ces personnes de bénéficier des financements, dans le but d’atteindre un niveau qui, plus tard, leur permettra d’accéder à un fonds de garantie ou à une garantie bancaire. Donc, la Der est un projet complémentaire à l’action du Fongip. Ce sont deux institutions totalement complémentaires. Et notre mutation institutionnelle mettra en exergue cette complémentarité de la Der et du Fongip’’, a-t-il précisé.

Récemment, le professeur Ngouda Fall avait affirmé, lors d’une interview, que le Fongip ne finance que des projets de partisans du pouvoir. L’administrateur a saisi l’occasion pour apporter sa réplique. Il a été ferme. Pour Doudou Ka, le Fongip n’a pas pour vocation de financer des projets. C’est plutôt un fonds de garantie, donc, il ne fait que garantir auprès des banques pour faciliter aux Pme l’accès au crédit. ‘’La liste des 4 000 entreprises bénéficiaires est disponible sur le site de l’institution et quiconque peut la consulter’’, a-t-il ajouté.

ABBA BA

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