Publié le 18 Jun 2013 - 23:44
FUITES A LA NSA - EDWARD SNOWDEN

«La vérité est en marche et ne pourra pas être arrêtée»

 

La vérité est en  marche et ne pourra pas être arrêtée, a déclaré lundi Edward Snowden, responsable des fuites sur les programmes américains de surveillance d'internet, qui a également nié fermement être un espion chinois.

Le jeune homme de 29 ans, réfugié depuis le 20 mai à Hong Kong, a jugé que les accusations faisant de lui un espion chinois constituaient "une attaque prévisible" : "Je l'avais anticipée avant de sortir de l'ombre", a déclaré l'ex-consultant de l'Agence de sécurité nationale (NSA) lors d'un échange en direct avec des internautes sur le site du quotidien britannique Guardian.

"Posez-vous la question: si j'étais un espion chinois, pourquoi n'aurais-je pas fui directement à Pékin ?", a-t-il poursuivi. "Je n'ai aucun contact avec le  gouvernement chinois. (...) Je ne travaille qu'avec des journalistes, a encore insisté Edward Snowden.

Dans une interview diffusée dimanche par la chaîne Fox News, l'ancien vice-président américain Dick Cheney avait fait part de sa "profonde suspicion" suscitée par la fuite de Snowden en Chine - ce qu'a nié Pékin également. "Etre désigné comme un traître par Dick Cheney est le plus grand honneur qu'on puisse faire à un Américain», a encore déclaré Edward Snowden, assurant que l'ancien vice-président de George W. Bush avait participé à la mise en place des systèmes de surveillance des communications. "S'il y avait eu des cours pour apprendre à devenir le type de citoyen qui inquiète Dick Cheney, j'aurais sûrement terminé le lycée", a également lancé Edward Snowden, qui n'a pas terminé son cursus secondaire.

siège du NSA - Fort Meade, Maryland

«Etre désigné traitre par Cheney, quel honneur !»

"Le gouvernement américain ne pourra pas étouffer (cette affaire) en m'emprisonnant ou en me tuant. La vérité est en marche et ne pourra pas être arrêtée", a par ailleurs ajouté Edward Snowden.
Interrogé sur les raisons qui l'ont poussé à fuir vers Hong Kong avant la publication des documents qu'il a révélés, il a expliqué qu'il pensait qu'il ne serait pas jugé de manière équitable aux Etats-Unis.
"Le gouvernement américain, comme il l'a déjà fait dans le cas d'autres +lanceurs d'alerte+, a immédiatement et de manière prévisible interdit toute possibilité d'un procès juste dans mon pays en me déclarant publiquement coupable de trahison", a-t-il écrit.

"Quitter les Etats-Unis représentait un énorme risque, puisque les employés de la NSA doivent déclarer tout voyage à l'étranger 30 jours à l'avance et sont surveillés", a-t-il précisé. "Il me fallait me rendre, sans réservation préalable, dans un pays au cadre culturel et juridique me permettant de travailler sans être immédiatement détenu", a-t-il expliqué.
Edward Snowden a enfin promis de donner de plus amples détails sur la manière dont la NSA peut avoir un "accès direct" à des données privées sur internet. "Plus de détails sur le caractère direct des accès de la NSA (à ces données) vont venir", a-t-il déclaré, en assurant que les agents américains avaient accès à des emails ou des historiques de navigation sur internet privés.

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ESPIONNAGE - CONVERSATIONS SUR LE WEB ET LES SMARTPHONES

Tous surveillés, tous écoutés, tous fichés

Pour tous ceux qui, depuis des années, dénoncent les risques de violation de la vie privée par les écoutes à grande échelle des officines nationales de sécurité, Ed Snowden est un héros. Cet Américain de 29 ans, employé de l’agence américaine de sécurité nationale (NSA), a décidé de révéler au grand jour ce que certains initiés savaient déjà ; Il a fourni des documents top secrets au Guardian et au Washington Post. La NSA est capable d’intercepter absolument toutes les communications dans le monde entier. Mails, coups de téléphones, tweets, messages sur facebook… Tout est scruté, analysé et évalué par de super-ordinateurs !

Ed Snowden était l’une des petites mains du système. « Si je veux voir vos e-mails ou le téléphone de votre femme, je n’ai qu’à utiliser des interceptions ; je peux avoir vos mots de passe, relevés de téléphone, cartes de crédit », déclarait-il avant de s’enfuir. Recherché par les États-Unis qui le considèrent comme un traître,se cache à Hong-Kong d’où il promet de nouvelles révélations : «Ceux qui pensent que j’ai commis une erreur en choisissant de me rendre à Hong Kong ne comprennent pas mes intentions. Je ne suis pas ici pour fuir la justice, mais pour révéler des faits répréhensibles», soutenait-il il y a encore quelques heures.

Les activités de surveillance de la NSA ne constituent pas une surprise mais on découvre aujourd’hui à quelle échelle elles sont menées. Le débat est ouvert sur l’encadrement législatif de ces activités d’espionnage. Les actions de la NSA mais aussi une partie du cadre légal dans lequel elles sont opérées sont couvertes par le secret absolu.

Pas de supervision judiciaire

Le problème, c’est l’absence de supervision judiciaire. Les programmes de surveillance américains ont été renforcés par George Bush puis encore intensifiés par Barack Obama dans un monde de plus en plus dangereux.

La guerre mondiale contre le terrorisme nécessite des écoutes toujours plus pointues. Les ordinateurs de la NSA doivent être capables de dépister des conversations suspectes à l’autre bout de la planète. L’autre danger, c’est l’espionnage économique. À ce petit jeu, Américains et Chinois sont lancés dans une course de vitesse.
La France n’est pas épargnée, évidemment. Jérémie Zimmermann, fondateur de la Quadrature du net, explique que «les officines françaises bénéficient elles aussi de pouvoirs dérogeant au droit commun».

Avant le système « Prism », révélé par Ed Snowden, existait le « réseau Echelon », nom de code qui désignait le système mondial élaboré par les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, la plupart des citoyens ont leurs données centralisées sur Google, Facebook, Apple, c’est-à-dire au sein de grandes sociétés américaines facilement contrôlées par la NSA. Big Brother vous regarde…

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