Publié le 23 Dec 2013 - 23:09
GOUVERNANCE MACKY SALL

 La LD note l'absence de rupture, la dispersion des initiatives et le discours sur les locales

 

La rupture promise par le régime issu de la seconde alternance et attendue par la population, n’est pas encore visible, malgré les efforts faits par le gouvernement, qui restent encore insuffisants, a indiqué samedi le Secrétaire général de la Ligue démocratique (LD, mouvance présidentielle).

«Cette rupture n’est pas encore visible. Peut-être que des efforts sont faits, mais ce n’est pas encore suffisant ‘’, a dit le Secrétaire général de la LD qui s’adressait en wolof à des militants de son parti.

Organisée samedi au quartier Camp Navétane de Tambacounda, cette rencontre élargie à des membres de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), s’inscrit dans une tournée régionale de Mamadou Ndoye. Il va à la rencontre de la base de la LD, après son élection, en juillet, lors du congrès du parti.

A propos des orientations du gouvernement, le Sg de la Ligue démocratique a suggéré que soit engagé un travail de «synthèse» du «trop grand nombre» de documents de référence pouvant entraîner le «brouillage» de la vision politique du gouvernement. «Si au départ le régime de Macky Sall avait choisi de prendre comme base de travail les assises, aujourd’hui on aurait eu de la clarté, du point de vue de la vision», a-t-il dit. «Un référentiel unique à même d’indiquer aux Sénégalais où il (le gouvernement) veut les amener» doit être mis au point, selon lui.

«Une vision brouillée»

Pour Mamadou Ndoye, la superposition de «ce qu’on a appelé le «Yoonu Yokkute» (la voie du progrès), mais aussi tous ces documents, tels que «Sénégal 2035», la Stratégie nationale de développement économique et social, la Stratégie de croissance accélérée, le Plan pour un Sénégal émergent (PSE), etc.», fait que «les Sénégalais ne voient plus la référence [et] il y a une sorte de brouillage de la vision» du gouvernement, a-t-il poursuivi. «Ce brouillage doit être levé.»

Parlant du Plan pour un Sénégal émergent (PSE) élaboré par des experts étrangers pour un coût de 2,6 milliards de francs Cfa, le leader de la LD a souligné que «quelle que soit la stratégie, c’est son appropriation par la population et l’administration chargée de sa mise en œuvre qui doit être la base.»

Dans cette optique, «le pouvoir a certes pris des initiatives, mais ces initiatives ne sont pas encore à un rythme et à une dimension qui permettent de dire qu'il y a rupture'', a dit à la presse M. Ndoye en marge de la rencontre. «La rupture n'est pas accomplie actuellement, elle est encore à venir», a-t-il ajouté.

«Espoir amoindri»

Estimant que l’espoir placé par les populations dans le nouveau pouvoir au départ de la deuxième alternance, est en train de s’amoindrir, M. Ndoye a ajouté : «Cet amoindrissement nous inquiète». Une inquiétude qui porte sur le risque de voir les populations mettre tous les hommes politiques dans le même panier et pour décider d’«aller voir ailleurs».

Le responsable politique a relevé que des situations pareilles avaient amené d’autres pays comme la Tunisie et l’Égypte à se débarrasser de leurs leaders pour «essayer autre chose», mais à l’arrivée, ils sont encore en difficulté.

Convaincu qu’une deuxième déception de la population après celle de la première alternance, risque de plonger le pays dans le chaos, le secrétaire général de la LD, a indiqué que pour cette raison, son parti soutiendra toutes les bonnes actions du président Macky Sall fera et critiquera toutes celles qu’il jugera mauvaises.

«Si nous perdons les locales...»

Ce soutien, a-t-il, dit passe par une fortification de la coalition Benno Bokk Yaakaar (mouvance présidentielle). ‘’Au moment actuel, il faut que ce rassemblement soit fortifié’’, a-t-il dit, estimant que cela n’est pas possible sans organisation. ‘’Nous appelons tous les partis à ce rassemblement organisé, structuré, sans quoi, notre pays se dirige vers l’incertitude’’, a-t-il lancé. Mamadou Ndoye a dit ne pas être d’accord avec cette position consistant à dire ‘’travaillons pour construire le pays, mais aux locales, que chacun aille de son côté’’.

‘’Si on part en ordre dispersé et quelqu’un d’autre s’empare des collectivités locales, comment allons-nous construire le pays ?’’, s’est-il demandé, avant d’avertir que si la coalition au pouvoir perd les locales, comme cela était arrivé à l’ancien parti au pouvoir, une nouvelle dynamique va émerger dans le pays.

APS

 

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