Publié le 5 Nov 2021 - 20:47
INSTAURATION PASSE SANITAIRE

L’autorité en a bien le droit

 

Il n’existe pas de loi qui s’oppose ou non à l’instauration d’un passe sanitaire au Sénégal. Mais l’Etat a le droit, en temps de circonstances exceptionnelles, de prendre des mesures de restriction.

 

Passe sanitaire. Le mot est sur toutes les lèvres, depuis l’annonce faite mardi dernier par le chef de l’Etat d’en instaurer un pour l’accès aux lieux publics. Une décision qui n’est pas partagée par beaucoup de Sénégalais. Certains pensent qu’il est impossible d’appliquer cette décision, car ça serait enfreindre les règles d’intégrité corporelle.

Mais selon le juriste Ibrahima Diop, spécialisé en droit de la santé, il n’y a pas de loi qui s’y oppose. A son avis, en droit administratif, il y a la théorie des circonstances exceptionnelles qui permet à l’Etat de prendre des mesures qui ne sauraient être admises en temps normal. De ce fait, explique le juriste, pour des raisons de santé publique, l’Etat peut prendre quelques mesures de restriction. C’est-à-dire limiter l’accès de certains services à seulement ceux qui se sont vaccinés.

‘’La vaccination ne peut pas être obligatoire. Parce qu’il y a un principe de droit, celui de l’intégrité corporelle. Donc, l’Etat ne saurait exiger à personne de se vacciner. Néanmoins, il peut prendre des mesures restrictives qui vont contraindre beaucoup d’entre nous à le faire. Il y a juste le principe de l’intégrité corporelle. Même pour le malade, il y a la charte du patient qui prévoit le consentement du patient. C’est-à-dire : nul ne peut être obligé à prendre des soins, même étant malade’’, souligne M. Diop.

Pour ceux qui pensent qu’il faut atteindre un certain taux de vaccination avant l’instauration du passe sanitaire, le coordonnateur du Programme élargi de vaccination (PEV) conteste.  Le docteur Ousseynou Badiane précise qu’il n’y a pas de taux de vaccination requis. ‘’C’est une décision politique. C’est l’autorité qui décide de mettre en place ce passe sanitaire. Quand il l’instaure, il met toutes les dispositions pour que les gens puissent y accéder. C’est-à-dire, si on décide que les gens qui ne sont pas vaccinés seront privés de telle ou telle chose, il faut que ces personnes puissent se faire vacciner’’, soutient le Dr Badiane.

Avant d’ajouter que les unités de vaccination sont sur place. ‘’Actuellement, il y a beaucoup de vaccins. Mais, si on met en place le passe, cela veut dire qu’il y aura plus de demandes. Donc, il faudra prévoir d’avoir plus de vaccins. La disponibilité en vaccin s’est beaucoup améliorée au niveau global et au Sénégal. Ce qui fait qu’on a un bon stock de vaccins. Il y a même des vaccins qui sont périmés, faute de pouvoir les administrer. Actuellement, le problème de disponibilité des vaccins ne se pose pas’’, renseigne le médecin.  

Mais, pense le Dr Badiane, si le passe sanitaire est exigé, il faut aussi donner un délai avant de l’appliquer. ‘’’C’est pour laisser le temps à tous de se faire vacciner’’, explique le coordonnateur du PEV.

Le passe sanitaire permet de limiter les risques de diffusion épidémique, de minimiser la probabilité de contamination dans des situations à risque. Il permet également de sécuriser l’entrée sur un territoire étranger, de faciliter la mise en œuvre des mesures de contrôle sanitaire aux frontières, ainsi que d'agir contre la falsification des documents de preuves.

VIVIANE DIATTA

Section: 
Balance commerciale au mois de juillet
YAKAAR-TERANGA / RETRAIT DE KOSMOS ENERGY : L’Ofnac appelé à enquêter sur les 55 millions de dollars évoqués par le PM
PRIX DU PAIN : Les boulangers réclament la baguette à 210 F
FONDATION SÉNÉGAL SOLIDAIRE : Les 500 millions qui font débat
RESTRUCTURATION DETTE SÉNÉGALAISE : Les cadres de la majorité présidentielle répondent aux 191 universitaires
INCLUSION DES PERSONNES HANDICAPEES : La GIZ et l'APJAS renforcent les capacités des acteurs locaux à Thiès
RESTRUCTURATION DE LA DETTE : Pastef réclame la vérité et prévient sur la facture
LE CNP AU PALAIS DE LA RÉPUBLIQUE : Le patronat met ses priorités sur la table
Le CIS salue l’aboutissement des négociations avec le FMI
DETTES CACHÉES : La face visible de l'iceberg
SÉNÉGAL – FMI : Un accord, mille questions
Entrepreneuriat féminin
NON-SATISFACTION DE LEURS REVENDICATIONS “LÉGITIMES” : Le Sames va paralyser le système les 8 et 9 septembre prochain
Le gel des importations d’oignons levé
LANCEMENT DE JIGIYASO : Une plateforme pour mieux accompagner les enfants à besoins spécifiques
MOODY’S CAA2 : Le coût économique de la dégradation
RAPPORT UMOA 2025 - AVEC UN RÉSULTAT NET DE 1 252,1 MILLIARDS : Le secteur bancaire est resté rentable
JOJ DAKAR 2026 : Les travaux du terrain du Terminus 54 à l’arrêt
MANSOUR SOW, DG DE CACO, INGÉNIEUR EN GÉNIE CIVIL “Depuis deux ans, nous n’exécutons aucun marché de la CDC, qui fournissait, avec l’AGEROUTE, 91 % de notre chiffre d’affaires”
COP17 EN MONGOLIE : Les engagements du ministre Dr Aliou G. Diouf