Publié le 17 Mar 2016 - 23:22
L’ADP

Un exterminateur d’organe de presse chez les éditeurs de presse !

 

Pour un profane de la presse, l’Agence de Distribution de Presse, ADP, est une institution nationale dont la seule évocation renvoie à une prérogative qui permet de faire circuler les organes de presse. Mais en vérité, cette structure, filiale d’une société française de distribution de journaux, est pour beaucoup d’éditeurs de presse un véritable calvaire en raison de ses pratiques nuisibles qui, en lieu et place d’une promotion de la production journalistique, installe le désastre et conduit  dans le chao. N’est-ce donc pas un scandale que de l’adouber une commission bureau du Conseil des Diffuseurs et Editeurs de Presse du Sénégal, CDEPS ?

Dans une dynamique unitaire et dans une volonté de mettre et de conserver l’édition et la distribution d’organes de presse sur une bonne orbite, des acteurs de l’information et de la communication ont mis, sous la houlette de Madiambal Diagne, le 21 décembre 2008, le Conseil des Diffuseurs et Editeurs de Presse du Sénégal, CDEPS.

Cette structure patronale a joué un rôle considérable, non seulement dans la consolidation de la démocratie sénégalaise, mais aussi et surtout dans la promotion de la production journalistique par une commune œuvre d’avant-garde et d’anticipation.

Y ont siégé et y ont mené un labeur de grande envergure des professionnels de la presse qui, dans un élan de désintéressement et un esprit managérial, ont réussi en à faire une association dynamique d’unité, de défense et de sauvegarde des intérêts des entreprises de presse malgré les impaires et les vicissitudes du contexte national.

Madiambal Diagne a le mérite d’en avoir fait un silo inépuisable de sagesse, de responsabilités assumées et d’éthique déontologique garantie dans le sillage de la défense et de la sauvegarde des intérêts clairement définis.

Avec la marche du temps, les exigences d’un redéploiement plus intense et les nouvelles réalités qui imposent un élan nouveau et une orientation nouvelle, le CDEPS a tenu le samedi 12 mars 2016 une importante Assemblée nationale en se traçant une direction moderne et se donnant une architecture novatrice en phase avec la nouvelle physionomie de la presse.

Un règlement intérieur nouveau qui s’accommode du contexte actuel de  la presse et des nouveaux appareils qui le façonnent a été intelligemment conçu et unanimement validé.

Un nouveau bureau a été mis en place. Il  compte des sommités actuelles de la production, de l’édition et de la  diffusion de presse et des journalistes dont la crédibilité force le respect. Ils sont à féliciter merveilleusement et à encourager dans leur mission exaltante qui galvanise et porte de l’avant.

Mais ce bureau dégage un impaire qui pose même un problème dans la dynamique novatrice dans laquelle s’engage le CDEPS. C’est la présence d’un intrus qui s’est plus distingué dans une pratique destructrice et exterminatrice d’organes de presse que de leur promotion : l’ADP.

ADP : Agence de Destruction de Presse

L’Agence de Distribution de Presse est une filiale détenue en majorité par la société française, Presstalis, ex Nouvelles Messagerie de Presses parisienne. Mais, avec elle, beaucoup d’organes de presse du Sénégal ont claudiqué en raison de pratiques obscures qui, in fine, aboutissent à un endettement étouffant qui fait fléchir des éditeurs et diffuseurs que la ténacité empêche de rompre.

La structure dont la mission essentielle a été de distribuer convenablement la production journalistique selon des normes bien définies a pratiquement mis beaucoup d’organes de presse dans un état de chaos, un chaos vite étouffé et géré avec dignité et  entregent pour éviter la faillite.

De Distribution de Presse, elle est ainsi passée à Destruction de Presse avec des arriérés insoutenables derrière lesquels les concernés courent sans jamais être remis dans leurs droits. L’intégrer dans un bureau du CDEPS où siègent des patrons de presse et des journalistes auréolés d’éthique, de déontologie et de respect de toutes les règles qui cernent et concernent la production, l’édition et la diffusion de presse ne peut apparaitre que comme une forfaiture.

Le CDEPS défend les intérêts des organes de presse. Intégrer dans sa structure dirigeante et combattive une structure aux méthodes vénales et destructrices, c’est vouloir marcher sans savoir où l’on va.  Cette structure, l’ADP, a plutôt des comptes à lui rendre. Elle a mis des intérêts d’organes de presse dans l’abîme et n’eût été la force d’attaque, l’esprit entrepreneurial et la volonté de rester debout, ces organes de presse seraient dans un terrible cataclysme.

L’ADP est simplement un désastre. Dans son œuvre, elle a voulu continuer   à bénéficier d’un pourcentage immodéré et abusif dans la distribution de presse, à faire fi des réclamations des victimes de méthode de distribution destructrice, à demeurer insensible et indifférent aux organes de presse à qui elle doit d’importantes sommes d’argent  et venir siéger aux côtés de ceux qui luttent contre cette pratique. Ainsi en intégrant  dans une commission du bureau du CDEPS, l’ADP  c’est  donner l’imposture en grand habit et la forfaiture en apparat.

C’est inadmissible et immorale. Dans le secret de leurs conscience, les gens de l’APD le savent mieux que quiconque.

Cette Agence est aux antipodes des principes et des valeurs que défend le CDEPS. C’est conséquemment un paradoxe de l’admettre en son espace de cogitation sur les intérêts des organes de presse. Liée à une société française qui a épuisé ses provisions, l’APD claudique et boitille en épiant depuis un certain temps un moyen de faire sonner ses étriers sans état d’âme parce qu’hésitant même à chercher à cheminer avec des organes de presse qu’elle a eu à mettre dans une situation de désastre.

La  conjugaison récente des forces du journal Le Soleil et de la société française Presstalis qui est la maison mère de l’ADP pour sa cession au quotidien national est la preuve de la situation calamiteuse de cette structure qui a des comptes à rendre d’une part, et une nécessité de recouvrement clinique, d’autre part.

Pour une question d’éthique, d’engouement, de dignité et de hauteur, l’ADP devrait être convoquée par le CDEPS au banc des accusés et non à la banquette des éditeurs et des diffuseurs. Un lion affamé et bancal n’a que faire dans un enclos de gallinacées qui annoncent à chaque aube un nouvel élan. C’est une forfaiture !

Madior  Salla

 

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