Publié le 15 Jun 2026 - 17:16
MONDIAL 2026 - FRANCE / SÉNÉGAL

Forces et faiblesses des deux formations

 

Le Sénégal va faire son entrée en jeu dans la Coupe du monde, ce mardi (19h), face à la France, vice-championne du monde. Zoom sur les atouts et lacunes des deux équipes.

 

La force offensive des Bleus

La France de Didier Deschamps a une force offensive déconcertante. Les vice-champions du monde présentent l’un des effectifs les plus fournis sur la ligne de front. Avec Kylian Mbappé en leader de l’attaque, Ousmane Dembélé et Olise ou Doué (parfois Barcola) sur les côtés, l’équipe française (neuf buts lors de ses quatre derniers matchs) peut faire chavirer n’importe quelle défense adverse. L’entraîneur français a fait évoluer son équipe, passant d’une forteresse à une armada offensive.

« L’équipe de France, d’abord, c’est surtout le collectif, le mental aussi, parce qu'on a vu une équipe française avec une autre allure, mais surtout avec un autre discours, parce qu'on sait tous que Didier Deschamps est un entraîneur pragmatique qui s'est collé sur une base défensive d'abord. Mais pour cette fois-ci, on voit une autre équipe de France, d’où cette force qui repose sur sa ligne offensive », analyse El Hadj Cissé, formateur au Racing Club de Dakar.

Il évoque la capacité du prochain adversaire des Lions à déployer son collectif pour enclencher « une attaque à outrance, récupérer très tôt le ballon, mais surtout acculer la défense adverse et proposer une permutation avec l'attaque XXL composée par Kylian Mbappé, Dembélé et Doué parfois, et surtout le virevoltant Olise et le maestro Cherki ».

Mais la France, c’est aussi de « bons gardiens », comme le souligne Abdoulaye Bar Diouf. Le consultant sportif (option Calcio Italien) et assistant footballeur résident à Brescia en Italie, s’est attardé sur le portier des Bleus, Mike Maignan, « titulaire et capitaine du Milan ».

Abdoulaye Bar Diouf fait également remarquer la force du milieu français formé autour du double pivot Rabiot - Tchouaméni. « J'insiste sur Rabiot, dit-il, qui a déjà changé sur le plan technico-tactique et sur le plan mental, depuis ses années à la Juventus de Turin. Et encore une belle saison avec le Milan AC. »

L’autre atout des champions du monde 2018 repose également sur son staff technique, qui est caractérisé par sa stabilité et sa longévité. À la tête de la sélection depuis 14 ans (2012), Didier Deschamps, épaulé par son acolyte, Guy Stéphan, a su imprimer sa marque sur son équipe grâce à sa riche expérience en tant que coach.

« La France, aujourd'hui, c'est un adversaire coriace, un adversaire aussi qui a un bon entraîneur de l'école italienne, je peux dire, qui a déjà pratiqué les réalités du Calcio italien sur le terrain et les réalités du Calcio italien en étant entraîneur de la Juventus de Turin en Série B », soutient l’agent de joueur.

Selon lui, la connaissance des « réalités » du football sénégalais par Guy Stéphan, ancien sélectionneur national du Sénégal, sera d’un grand apport pour les Bleus.

Le collectif, la maturité des Lions

Le Sénégal va retrouver la première proie de son histoire à la Coupe du monde de football. Il y a 22 ans, la bande à El Hadj Diouf renversait la France en match d’ouverture du Mondial 2002, en Corée du Sud et au Japon, pour la première participation de la sélection sénégalaise à cette compétition.

Sadio Mané et ses coéquipiers rêvent de réaliser le même exploit cette année. Les Lions ne manquent pas d’arguments, malgré le calibre de l’adversaire. Au-delà des individualités comme Mané, Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye, Nicolas Jackson en attaque, Pape Gueye, Gana Gueye, Camara au milieu, Koulibaly et Niakhaté en défense, Edouard Mendy et ses remplaçants dans le but, le Sénégal est connu pour son « jeu collectif », athlétique, sa « sérénité ».

El Hadj Cissé retient surtout la progression des Lions dans les grandes compétitions. L’équipe du Sénégal, c'est aussi « sa maturité qu'on a vue depuis ces dernières années, surtout une équipe qui travaille collectivement et qui sait aussi tenir le ballon ».

Les astuces pour contenir l’attaque des Bleus

La France présente une équipe assez équilibrée sur toutes les lignes. Cependant, la formation de Didier Deschamps peut souffrir du gabarit de ses défenseurs, comme Upamecano et Konaté, qui sont parfois handicapés par leur lourdeur face à des attaquants véloces. Mais cette déficience, souligne le coach du Racing Club de Dakar, est « couverte par cette attaque à outrance qui mélange surtout l’effort défensif ».

En face, le Sénégal va aborder la Coupe du monde avec beaucoup d’incertitudes. L’absence de Kalidou Koulibaly lors des derniers matchs amicaux, mais aussi l’absence de compétition de Mamadou Sarr en fin de saison avec Chelsea, a fait apparaître des dysfonctionnements en défense, surtout dans l’axe central.

« Tantôt c'est Mamadou Sarr, Abdoulaye Seck qui ne sont pas compatibles, et parfois c'est Niakhaté et Abdoulaye Seck, là aussi ce n'est pas compatible, parce que ce sont deux stoppers typiques. Donc, on a vu un peu à la réussite Mamadou Sarr et Niakhaté, ce qu'ils nous ont proposé lors des demi-finales et surtout de la finale de la CAN. Là c'était top », salue El Hadj Cissé.

Ainsi, il suggère de tenir un discours « poignant et permanent » au jeune défenseur des Blues pour lui faire retrouver la sérénité.

L’autre faiblesse de l’équipe de Pape Thiaw, c’est parfois le « manque de régularité », lors des entames de matchs. « On a vu l’équipe du Sénégal durant les 15 premières minutes peiner à entrer dans la rencontre. Avec cette faiblesse, si l'équipe se comporte ainsi par rapport à cette attaque française durant 15 minutes, là ce sera vraiment un chaos total parce que l'équipe de France profitera surtout de cette mauvaise entame pour essayer de résumer le match », alerte coach Cissé.

À son avis, la meilleure attitude face à l’attaque adverse, c’est de « rester serein, mais surtout d'être vigilant par rapport au mouvement et aux permutations de l'attaque française ». Ce qui fait dire à Abdoulaye Bar Diouf que « le Sénégal doit bien débuter ce match avec intelligence et patience et ne pas se laisser faire ».

Pour l’agent de joueur, les Lions doivent éviter de prendre un but très tôt pour mettre le « doute » dans la tête des Français. En plus, souligne-t-il, les Sénégalais ne doivent pas se mettre de la « pression » inutilement en pensant au « résultat du Maroc ou à la rivalité qui est née, depuis cette fameuse finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 ».

LOUIS GEORGES DIATTA

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