Publié le 8 Nov 2016 - 10:12
NECROLOGIE – YONNI RASSOUL DIONGUE

La ‘’handicapable’’ s’est éteinte

 

Une belle étoile qui ne scintillera plus, c’est la peintre Yonni Rassoul Diongue. Elle est décédée hier et inhumée à Yoff.

 

Elle rêvait de faire le tour du monde pour montrer ses œuvres, mais le destin ne lui en a pas laissé le temps. La jeune peintre Yonni Rassoul Diongue est décédée hier à l’âge de 21 ans et inhumée le même jour au cimetière musulman de Yoff. Le grand public l’a découverte lors d’une édition de la Biennale de Dakar. Elle faisait partie du lot d’artistes choisis par la mairie de Dakar pour une exposition Off. Elle avait ébloui son monde grâce à son pinceau.

Un pinceau qu’elle ne tenait pas dans les doigts comme les autres. Elle ne peignait pas avec ses mains mais plutôt avec sa bouche. Yonni Rassoul était tétraplégique. A ses 9 ans, elle avait bu un lait dont elle était allergique et qui l’a rendue immobile à vie. Et si au début, elle a mal vécu cela en passant beaucoup de temps à pleurer, elle avait fini par se créer une nouvelle vie. Cette fille de peintre ne se voyait pas comme une handicapée. Elle se considérait comme une ‘’handicapable’’. Son crédo était : ‘’Entre être et ne pas être, moi je suis.’’

Yonni Rassoul avait décidé de ne pas rester vautrée dans son fauteuil et de se prendre en charge. Ses mains et ses pieds ne pouvaient rien faire mais sa bouche oui. En regardant son père travailler, elle a voulu elle aussi s’essayer à la peinture. Elle a pris le pinceau dans sa bouche et le maintenait avec ses dents. Elle a commencé à tracer quelques formes. Sa première toile n’était pas réussie mais la seconde oui. Ainsi, commençait une carrière d’artiste pour elle. Depuis, elle s’était trouvé un nouveau passe-temps et plus, un métier. Ce qui lui a permis de participer à diverses expositions non pas parce que les gens avaient pitié d’elle mais parce qu’elle avait réellement un talent inouï.

Elle usait de diverses techniques pour peindre. Elle faisait dans l’abstrait comme dans le figuratif. La nature, la condition de la femme, etc. étaient des sujets qui faisaient parler sa muse. En outre, quel que soit le sujet qui l’inspirait, Yonni restait la même : habile et joyeuse. On ne ressentait pas de la tristesse dans son travail. Elle utilisait des couleurs vives, joyeuses qui étaient à son image, elle qui avait toujours un sourire sur les lèvres. Une fille optimiste et courageuse s’en est allée à la fleur de l’âge. Paix à son âme ! 

BIGUE BOB

 

Section: 
PLACE DU SOUVENIR AFRICAIN : Ngakane Diouf Gning, l’architecte d’une mémoire vivante
OMG - ARTISTE – RAPPEUSE – AUTRICE-COMPOSITRICE "Il faut souvent travailler deux fois plus pour être prise au sérieux"
OUMAR DIALLO, MÉDIATEUR CULTUREL Passion et transmission
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET MUSISUE : Aziz Coulibaly sort le premier album 100% IA
L'acteur Danny Glover, star de l’Arme fatale, révèle être atteint de la maladie d'Alzheimer
“LIMA BEUGA DOON” : Quand les filles rêvent grand, les STEM s’ouvrent à elles
CENTENAIRE : Wade, cent ans - l'homme et la légende
ENTRETIEN - JEANNINE DISSIRAMA BESSOGA, REALISATRICE : “Les savoirs ancestraux, endogènes, sont en train de disparaître”
RAP SENEGALAIS : Big D renaît sur scène
DAAKA DE MÉDINA GOUNASS : Qui est Cheikh Mouhamadou Saïdou Ba, l’initiateur ?
DADDY BIBSON : Silence sur une voix qui dérangeait
Halima Gadji, au-delà et dans l’au-delà
NECROLOGIE : Le rideau tombe sur Halima Gadji, l’étoile du cinéma sénégalais
COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS 2025 : Pape Thiaw, maître du jeu
PORTRAIT - MAMADY NDIAYE ALIAS BOY NDIAYE Le pêcheur de Guet Ndar, “homme de la mer et du ballon”
ADJA DIAL MBAYE : Une voix intemporelle s’éteint
RAPPORTS CENTIF : Wally Seck mis en liberté provisoire, Madiambal recherché
RAP ET DÉMOCRATIE : L’histoire continue
OMAR BRAMS MBAYE (RÉALISATEUR DU FILM DESTIN D’UN MIGRANT ‘’Quand j’ai vu les corps en état de décomposition…’’
GROUPE IZWEUZ : Un duo qui puise dans le patrimoine africain