Publié le 16 Oct 2014 - 17:06
PETROLE AU BLOC DE SANGOMAR OFFSHORE

100 milliards déjà dépensés, en attendant les profits !

 

La découverte du pétrole au large des Îles du Saloum est bien réelle, mais il faut attendre les phases d’exploitation et de développement pour que les populations tirent profit de la ressource, a indiqué le Dg de Petrosen au cours d’une conférence de presse hier.

 

Le Sénégal a du pétrole. Ce n’est plus une fiction, mais bien une réalité. Suite à une première annonce, faite par la société Cairn Energy, d’une découverte de gisements d’or noir à 1427 mètres de profondeur sur le puits Fan-1, au large des Îles du Saloum, au niveau du bloc dénommé Sangomar Offshore Profond, c’est au tour du directeur général de la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) de confirmer encore l’information.

Selon Mamadou Faye, qui faisait face à la presse, hier, au siège de l’entreprise, cette découverte est une ‘’première significative au Sénégal’’, tous les travaux techniques sont exécutés dans les règles de l’art et se poursuivent. ‘’Plusieurs échantillons de pétrole ont été recueillis à plusieurs niveaux de formation’’, renchérit le Dg de Petrosen. Qui confirme également que les réserves probables sont estimées à 2,5 milliards de barils contre 250 millions pour les ‘’réserves prouvées’’.

100 milliards de francs Cfa déjà dépensés

Avec une facture pétrolière qui tourne autour de 10% du Pib national, des prix de gasoil et d’essence qui ne cessent de grimper, la hausse permanente du coût du transport ces dernières années, les délestages récurrents, la découverte du pétrole peut être considérée comme une aubaine pour les populations. Mais elles vont devoir patienter avant de tirer profit de la ressource.

Après la phase découverte, reste la seconde phase, l’exploitation, qui va durer des années, avant l’étape du développement qui peut même prendre de ‘’5 à 6 ans’’ et va nécessiter de gros investissements, affirme Mamadou Faye. Déjà, depuis le début des opérations, 200 millions de dollars (soit environ 100 milliards de FCfa) ont été dépensés. Un seul puits, Fan1, a été exploité. «On ne peut pas exploiter le pétrole sans des plateformes de production. Les caractéristiques techniques de cette plateforme seront étudiées avec la mise en place de l'ingénierie nécessaire pour une meilleure exploitation du produit’’, confie le Dg de Petrosen.

LE DG DE PETROSEN

«Les contrats ne sont pas léonins»

Les contrats d’exploration du pétrole au Sénégal sont faits dans les règles de l’art, et ne sont donc pas léonins car ils se situent au même niveau que ceux signés par d’autres pays africains comme le Nigeria ou l’Angola. C’est l’assurance donnée par le directeur général de Petrosen.

Les opérations d’exploitation de l’or noir seront conduites par le groupe britannique Cairn Energy, ConocoPhilips (Etats-Unis), First AustralianResources (Australie) et Petrosen. Ces quatre compagnies se partagent le ‘’permis’’ d’exploitation du bloc de Sangomar Offshore Profond.

Mamadou Faye a affirmé que la société Petrosen détient 10% des parts, ce qui n’a rien à voir avec la part de l’Etat du Sénégal. Cependant, la société nationale pourrait voir ses parts passer à 20% si les opérations d’exploitations réussissent. «Sur l’ensemble des contrats que nous avons signés jusqu’à ce jour, l’Etat a, au moins, plus de 60% des gisements de petites dimensions. Dans les grands gisements, sa part approche les 80%. Les contrats que nous signons ne sont pas léonins, ils sont standard», a indiqué le Dg de Petrosen.

Pour les associés, Cairn Energy détient 40% des parts à travers sa filiale Capricorn, ConocoPhilips a 35%, et First AustralianResources 15%.

A. NG. NDIAYE

Affaire Cosmos

«C’est des histoires»

La société Cosmos n’a pas sorti 200 milliards de francs Cfa pour acquérir une licence d’exploitation. C’est le démenti apporté par le Dg de Petrosen. «C’est des histoires. Il n’y a jamais eu de l’argent qui est versé directement par une compagnie pour entrer dans un bloc.»

D’après Mamadou Faye, la vérité est que les montants versés par Cosmos constituent des engagements de travaux à réaliser dans le bloc. «Il y a une aberration dans cette vision des contrats pétroliers. On parle beaucoup, on spécule beaucoup, mais la réalité est que les contrats que nous signons sont assez verrouillés pour éviter de telles transactions. L’entrée d’une compagnie dans un bloc est bien réglementée. Il y a des procédures, des informations que les compagnies doivent fournir, que Petrosen analyse.»

ALIOU NGAMBY NDIAYE

 

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