Publié le 22 Feb 2020 - 18:27
SYSTEMES FINANCIERS DECENTRALISES

L’écueil des taux d’intérêt

 

Les taux d’intérêt débiteurs appliqués par les systèmes financiers décentralisés (SFD) varient entre 13 et 24 %. Les différentes études sont unanimes sur l’insatisfaction des clients. Le ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire organise un atelier national de concertation de deux jours, pour réfléchir à la problématique.

 

Le secteur de la microfinance se porte-t-il bien ? En tout cas, le ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire fait cas ‘’d’importants progrès’’, ces dernières années, qu’elle illustre par des chiffres fournis par les services du ministère des Finances et du Budget sur le poids du secteur au 30 juin 2019. Zahra Iyane Thiam Diop annonce 3 052 345 membres/clients ; 303 systèmes financiers décentralisés (SFD) avec 905 points de service ; 439 milliards de F CFA d’encours de crédit ; 335 milliards de F CFA d’encours d’épargne ; 15,8 % de taux de pénétration.

La ministre Zahra Iyane Thiam Diop souligne aussi des difficultés qui affectent les interventions des SFD et rendent plus contraignantes les conditions d’accès des populations aux services financiers. Parmi celles-ci, elle relève particulièrement le niveau élevé des taux d’intérêt appliqués par les SFD. Une question qui, d’après elle, est devenue une préoccupation forte au sein des usagers, mais également pour les autorités publiques.

En effet, selon les résultats de l’enquête de satisfaction auprès des usagers des SFD réalisée par l’Observatoire de la qualité des services financiers (OQSF) en 2017, le taux de satisfaction des usagers sur les taux d’intérêt appliqués aux prêts s’est fortement dégradé. Il est passé de 34,5 % en 2011 à 21 % en 2017.

Egalement, 78,9 % des enquêtés estiment élevé le niveau des taux d’intérêt appliqués aux prêts par les SFD. La même appréciation négative sur les taux est notée aussi bien chez les personnes physiques que chez les personnes morales.

Par ailleurs, le rapport de l’étude sur la tarification des SFD, effectuée en 2017 par la BCAO, a révélé que les taux d’intérêt appliqués à la clientèle par type de prêt octroyé varient de 13 à 18 % pour les prêts à la consommation, de 15 à 24 % pour les équipements et de 14 à 24 % pour les intérêts de trésorerie.

Compte tenu de tout cela, le ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire a engagé une large concertation avec l’ensemble des parties prenantes autour des problématiques majeures qui interpellent les acteurs.

Ainsi, hier, lors de la cérémonie officielle d’introduction sur la question, sa branche Réglementation et observatoire de la qualité des systèmes financiers décentralisés (SFD) s’est réunie avec la Direction nationale de la BCAO, l’association professionnelle des acteurs évoluant dans ce domaine et les consommateurs. Avec pour objectif d’engager la réflexion et de proposer des solutions permettant d’aller vers un allégement des conditions d’accès aux services financiers.

‘’… Les taux sont élevés, mais on doit se demander pourquoi’’

Cette rencontre fait suite à l’appel lancé par le chef de l’Etat, lors de la cérémonie d’ouverture du Salon tournant de l’économie sociale et solidaire du 31 octobre 2019, au Centre d’exposition de Diamniadio. Macky Sall a demandé de travailler avec les acteurs afin de trouver des mécanismes appropriés pour l’allègement de ces taux d’intérêt appliqués par les acteurs financiers. Ainsi, le président de l’Association professionnelle des systèmes décentralisés du Sénégal (APSFD/Sénégal) insiste sur le fait qu’il faut jouer sur l’équilibre, en trouvant le levier sur lequel les microfinances pourraient s’appuyer pour baisser les taux.

‘’On pourrait effectivement penser que les taux sont élevés. Mais on doit se demander pourquoi et réfléchir ensemble sur le levier que nous pourrions activer pour rendre les taux beaucoup plus accessibles, permettant de toucher la majorité des opérateurs économiques sénégalais qui sont exclus du système bancaire’’, déclare Amadou Guèye.

Car, selon lui, les SFD allient deux choses : des objectifs de rentabilité financière et un objectif social pour accompagner des couches défavorisées.

Au sortir de cette rencontre, il est attendu l’identification des contraintes concourant au renchérissement des taux d’intérêt et la proposition de solutions permettant d’aller vers des taux compatibles avec les objectifs d’inclusion financière et sociale des populations.

BABACAR SY SEYE (stagiaire)

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