Publié le 30 Oct 2019 - 04:03
TF 1451/R ET PETROTIM

Les têtes de turc du régime

 

Avec l’affaire des 94 milliards mettant aux prises l’ancien directeur des Domaines Mamour Diallo et Ousmane Sonko, le dossier Petrotim constitue l’une des grosses épines sous le pied du régime du président Sall qui tente de s’en débarrasser par tous les moyens.

 

Malgré les efforts des secouristes venus de tous les horizons, la flamme allumée par Franck Timis et ses présumés complices refuse de s’éteindre. Après le procureur et la Division des investigations criminelles, c’est au tour du juge d’instruction d’entrer dans la danse. Ce qui présume que les multiples tentatives d’enterrement de ce ‘’scandale à 10 milliards de dollars’’ dont parlait la chaine anglaise Bbc n’ont pas encore prospéré. Ce, au grand bonheur du Legs (Leadership, éthique, gouvernance et stratégie) membre actif de la plateforme Aar Li Nu Bokk.

Richard Kingpé se réjouit : ‘’C’est une bonne nouvelle. Nous regrettons simplement le retard qui a été enregistré dans ce dossier qui n’a que trop duré. Cette instruction devait être ouverte depuis fort longtemps. Nous regrettons également la manière dont le dossier a été piloté par le procureur.’’

D’ailleurs, des voix ne manquent pas de s’interroger sur cette nouvelle tournure dans cette affaire. Pourquoi maintenant, alors que certains commençaient à déposer les armes de la lutte ? Que la contestation avait beaucoup faibli, aussi bien sur le plan national que sur le plan international ? Les questions vont bon train au niveau de certains cercles de la société civile.

En tout cas, informe le journal ‘’Libération’’, le magistrat instructeur, dans le cadre de l’information judiciaire contre x lancée par le procureur, va auditionner, du 4 au 25 novembre, plusieurs personnalités dont Aliou Sall. Ce responsable de la société civile émet des réserves sur la volonté des autorités d’éclairer la lanterne : ‘’Je pense qu’ils veulent simplement enterrer l’affaire avec un non-lieu pour Aliou Sall. Ce qui nous intéresse en tant que citoyens, ce n’est pas si les éléments évoqués par la Bbc sont avérés ou pas, mais de savoir si ces blocs qui constituent la propriété de la nation sénégalaise ont été octroyés à Franck Timis dans les règles de l’art ? Il va de soi que la réponse est non, car il y a eu manifestement du faux.’’

Du côté du Legs, on donne un préjugé favorable aux autorités judiciaires dans cette affaire, comme dans celle des 94 milliards de francs Cfa opposant Mamour Diallo à Ousmane Sonko. ‘’On ne peut pas, a priori, juger de la bonne foi ou non des institutions judiciaires. Nous étions certes perplexes, vu la manière dont le dossier a été conduit par le parquet. Mais avec les nouvelles évolutions, on observe. Le moment venu, s’il y a des choses à dire sur le déroulement de cette procédure, nous aviserons en toute indépendance’’, affirme M. Kingpé. Espérant que les choses vont se dérouler en toute transparence, sans parti pris, il rappelle les autres actions intentées devant des juridictions étrangères, en Angleterre et aux Etats-Unis, notamment.

Pour rappel, c’est au mois de juin dernier que le procureur près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar avait lancé un appel à témoin dans cette rocambolesque affaire Petrotim. Au mois d’août, la Division des investigations criminelles, qui avait en charge l’enquête, avait livré ses conclusions.

C’est donc une nouvelle étape dans cette affaire très suivie au Sénégal et à l’étranger.

Sur un autre registre, le régime devra aussi batailler ferme pour se défaire du président du parti Pastef, Ousmane Sonko, dans l’affaire du Tf 1451/R. Saisi dans ce dossier suite à une plainte avec constitution de partie civile, le juge d’instruction est tenu d’instruire également cette affaire devenue trop gênante pour le pouvoir. Même l’enquête parlementaire que d’aucuns pensaient être totalement à décharge pour l’ancien directeur des Domaines n’a fait que raviver la polémique, en relevant plein d’incongruités dans les procédures d’indemnisation des victimes d’expropriation. Et comme pour ne rien arranger, le débat autour d’un possible troisième mandat est venu davantage renforcer le climat de suspicion au-dessus du palais de la République.

MOR AMAR

 

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