Publié le 9 Dec 2019 - 17:55
TRAVAUX FORCES A PERPETUITE REQUIS CONTRE LUI

Babacar Faye a fracassé la tête de son petit frère

 

Soupçonnant son frère de lui avoir jeté un mauvais sort, Babacar Sy Faye, 52 ans, l’a tout simplement tué en lui fracassant le crâne avec un marteau.  

 

Belliqueux et colérique selon ses proches, Babacar Sy Faye avait déjà écopé d’une peine de prison d’un mois ferme, pour coups et blessures volontaires, avec une interruption temporaire de travail sur son collègue de travail. Cette fois-ci, c’est à son jeune frère qu’il s’en est violemment pris. Il lui a d’ailleurs ôté la vie en lui fracassant le crâne à coups de marteau. Il a été arrêté le 16 juin 2015, avec la collaboration de son cousin Moustapha Djamil qu’il avait appelé auparavant pour lui demander de l’argent. Les forces de l’ordre l’ont chopé au garage de Rufisque, alors qu’il essayait de prendre la fuite, même s’il prétend qu’il était sur le point de se rendre à la police.

En fait, la veille, il avait trouvé son jeune frère dans sa chambre, assis dans un fauteuil, en train de rédiger des versets coraniques. Armé d’un marteau de 1,5 kg, il lui a fracassé le crâne, le laissant dans une mare de sang. Le certificat de genre de mort révèle d’ailleurs des fractures qui ont écrasé la substance de la matière cérébrale avec un objet dur, lourd et a extrémité pointue.

Devant la chambre criminelle, mercredi dernier, Babacar Sy Faye est revenu sur les faits et les mobiles du crime, dans un récit glaçant. ‘’Quelques jours avant notre altercation, j’ai découvert qu’il avait enterré un talisman devant ma chambre. Il a tout essayé pour m’avoir mystiquement. Ce jour-là, je l’ai surpris en train d’arroser mon chantier. Il est resté de marbre quand je l’ai interpellé sur son geste. Il a pris un pilon et m’a donné un coup. J’ai voulu riposter avec un arrache-clou, mais il s’est précipité sur moi pour le prendre. Par la suite, j’ai saisi le marteau qui était dans le seau que je tenais et je lui ai asséné un coup à la tête, puis un deuxième et un troisième, si mes souvenirs sont bons. Il est brusquement tombé. J’ai pensé qu’il s’était évanoui. Je me suis ensuite débarrassé du marteau que j’ai enterré derrière la maison familiale’’, raconte-t-il.

Avant de poursuivre : ‘’Après notre altercation, je suis sorti de la maison. J’ai appelé mon neveu Mamadou Moustapha Ndoye pour lui dire de se rendre en urgence à la maison familiale.’’ Ce dernier, qui a découvert le corps de la victime, a conforté le mis en cause dans ses déclarations. ‘’Il m’a appelé ce matin vers 7 h pour me dire de vite venir à la maison et a aussitôt raccroché. Une fois à la maison, j’ai trouvé le corps sans vie d’As. Il était en position assise dans le fauteuil, avec des blessures au crâne. J’ai appelé les sapeurs-pompiers qui ont constaté le décès avant d’acheminer son corps à la morgue’’. Pour sa part, Cheikh Faye, frère cadet de l’accusé et partie civile, déclare : ‘’J’étais de service ce jour-là. On m’a appelé vers 10 h pour m’informer du drame.

A mon arrivée, on avait déjà amené le corps à l’hôpital. On est frère utérin, c’est mon ainé, mais il m’a déçu. As arrosait chaque matin la maison, parce qu’il y a des dunes de sable et pour faire descendre la poussière, il versait de l’eau partout dans la maison. C’est inhumain la façon dont il l’a tué ; 5 coups de marteau à la tête. J’ignorais qu’il était aussi violent. Un jour, il a failli tuer notre père, n’eût été mon intervention’’, charge-t-il. Non sans demander que la justice fasse son travail. La défense a plaidé une application bienveillante de la loi.

 Babacar Sy Faye sera édifié sur son sort, le 18 décembre prochain.

FAMA TALL

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