Publié le 10 Oct 2016 - 20:06
VIOLENCES POLITIQUES

Des nervis vandalisent ‘‘Rewmi’’ 

 

Le siège du parti Rewmi d’Idrissa Seck, sis à la Cité Diamalaye près de ‘‘l’arrêt 69 des bus Tata’’, a été la cible d’attaques samedi dernier.

 

Au rez-de-chaussée d’un bâtiment peint en orange, couleur du parti Rewmi, et en blanc, coques d’arachides et sachets d’eau jonchent le sol marbré de la cour. Des chaises en plastique rouges y sont rangées sommairement. Rien n’indique a priori le vandalisme dont ces locaux ont été la cible avant-hier. Il faut entrer dans la pièce suivante, après avoir parcouru un couloir mal éclairé, pour constater l’état de désolation de la salle de conférence du parti d’Idrissa Seck. Dans la pièce où les lueurs du soleil pénètrent faiblement, les chaises matelassées, rouge et noire, sont sens dessus dessous.

La grande table qui servait de présidium n’est plus qu’un amas de tablettes de bois dispersées dans la salle où les murs sont tapissés de portraits rieurs du leader du Rewmi. La conséquence d’une casse, opérée le samedi,  ‘‘par des hommes de force, des gars costauds’’, déclare Babacar Mar du réseau des enseignants de Rewmi. Lui milite à Fatick et non à Dakar. Il est venu répondre à l’appel du vice-président, Déthié Fall, qui a convoqué avant-hier les responsables de seize communes de Dakar en prélude à la marche du 14 octobre.

Les responsables, comme le chargé de communication Thierno Bocoum, le maire de Ouakam Samba Bathily, le député Ndèye Maguette Dièye, étaient également présents. ‘‘ C’était juste au commencement de la réunion convoquée pour 12 heures 30. Un groupe d’individus non identifiés s’est levé pour tout mettre à sac et tabasser des militants et faire plusieurs blessés. C’étaient des gars vraiment costauds’’, poursuit le militant. ‘‘Des individus armés qui avaient des bombes à gaz et des pierres’’ pour mener ces attaques, renchérit un autre homme à côté de lui. Toujours précautionneux, celui qui semble être le gardien du siège s’enquiert de l’identité des personnes, venues aux nouvelles, qui tapent à la porte. Pourquoi avoir laissé des inconnus prendre part à cette réunion alors ? ‘‘Nous les avons pris pour des militants libéraux comme nous. Nous ne pouvons pas chasser nos propres frères’’, se défend-il.

Mankoo solidaire

La réunion s’est poursuivie malgré tout et ‘‘le vice-président Déthié Fall a délivré son message’’, poursuit Babacar Mar. Ceci, malgré le fait que les assaillants soient encore restés un bon bout de temps devant les locaux après leur opération, relate-t-il. Pour le militant 'rewmiste', il n’y a aucun doute que c’est l’influence grandissante de son leader qui fait peur. ‘‘Ils ont usé de tous les stratagèmes, mais il n’arriveront pas à faire bouger Idrissa Seck. Rewmi est serein par rapport à ce qui s’est passé, notre leader l’est aussi’’, défend-il, promettant que des dispositions sont prises pour identifier les auteurs de cette casse. 

En début d’après-midi d’hier, un communiqué des alliés politiques d’Idrissa Seck, Mankoo Wàttu Senegaal, signé du coordonnateur Malick Gakou, s’est insurgé contre cette attaque. ‘’Nous condamnons avec la dernière énergie cette agression et exigeons que la lumière soit faite afin que les auteurs soient identifiés et dûment sanctionnés. La montée des périls qui gangrènent notre démocratie s’accélère de jour en jour dans notre pays  et cela est inadmissible et inacceptable (...) C’est pourquoi, nous marquons notre solidarité agissante au Rewmi et à son président Idrissa Seck, face à cette dure épreuve’’, conclut le communiqué.

OUSMANE LAYE DIOP

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