Publié le 25 Apr 2014 - 18:34
4ème COMMISSION ROGATOIRE INTERNATIONALE POUR L’AFFAIRE HABRÉ

Ces objectifs que se lancent les CAE

 

Les Chambres africaines extraordinaires (CAE) vont finalement organiser quatre Commissions rogatoires internationales (CRI), au lieu de trois. C’est la conséquence de la prorogation de l’instruction du dossier de l’ex-président tchadien Hissein Habré. Ainsi, au mois de mai prochain, les CAE retourneront au Tchad où l’ex-président est accusé d’avoir commis plusieurs crimes de torture et génocide durant son passage à la tête du pays, du  07 juin 1982 au 1er décembre 1990. 
 
Au cours de cette mission, il sera question d’auditions de victimes présumées. Celles-ci feront leurs dépositions devant des policiers sénégalais et tchadiens, tandis que les témoins seront entendus par les juges qui s’évertueront surtout à ce que les autorités tchadiennes leur livrent les deux coïnculpés de Hissein Habré détenus au Tchad. 
 
Dans son réquisitoire introductif, le parquet général près les CAE a visé cinq Tchadiens. Les deux ont été arrêtés et incarcérés au Tchad. Ce sont Mahamat Djibrine surnommé «El Djonto» que la Commission d'enquête nationale tchadienne a décrit comme un «tortionnaire (…) redouté», et Saleh Younous, un ex-directeur de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), la «police politique» de Habré.
 
Les juges des CAE veulent les transférer à Dakar, en attendant l’interpellation des trois autres inculpés visés par le réquisitoire introductif de Mbacké Fall, qui font l’objet de mandat d’arrêt international. D’après nos sources, ils ont été déjà localisés par Interpol. Les juges comptent sur une coopération judiciaire internationale avec les pays dans lesquels se trouvent les trois inculpés pour procéder à leur arrestation et transfert au Sénégal. 
 
Le volet scientifique aura aussi une place importante lors de cette 4ème CRI. Car, les experts argentins chargés d’identifier et d’authentifier les cadavres trouvés dans certains charniers participeront à la mission. D’ailleurs, l’instruction a été prorogée d’au moins huit mois, pour permettre de régler en partie la question du travail des experts anthropologues médico-légistes argentins, graphologues et militaires.
 
FATOU SY
 

 

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