Publié le 14 May 2014 - 22:30
REPORTAGE A GUINAW RAIL NORD

 ''Texas'', terre d'insécurité

 

‘’Texas’’ est un quartier de la commune d’arrondissement de Guinaw Rail Nord, tristement célèbre pour ses inondations. Le quartier est également devenu un repère de bandits où la violence règne en maître. Reportage.
 
 
 
En cet après-midi du début du mois de mai, malgré la période de chaleur qui commence à poindre son nez, les habitants de ''Texas'' restent cloîtrées dans leurs demeures. Difficile de trouver une personne dehors. Dans ces rues et ruelles désertes, le sable encore mouillé et noirci porte les stigmates des eaux de pluie stagnantes. La zone est sujette aux inondations.
 
Dans ce quartier pauvre, règne en maître la promiscuité. Le taux de chômage, le manque d’infrastructures sociales de base et l'absence d’éclairage public sont autant de facteurs qui font de ''Texas'' une zone criminogène. Il s'y ajoute que la localité est bordée par les marchés de Waranka (NDLR: le plus grand marché de la commune de Guinaw Rail) et de Thiaroye, sans oublier les chantiers de l’autoroute à péage, ayant transformé la zone en un repère de caïds et d’agresseurs. Ici l'insécurité règne en maître. 
 
Les charretiers indexés
 
Si la violence est devenue le lot quotidien des habitants, à la première loge des accusés se trouvent les charretiers. ''A cause de la violence, on ne dort plus que d’un seul œil. Et surtout depuis l’avènement des charretiers qui squattent les environs du marché Waranka. J'ai été agressé alors qu’il ne faisait que 20h, devant des gens qui regardaient sans rien faire. Les agresseurs ont emporté mes 6 000 F'', confie Sala Ly, un riverain.
 
A l’en croire, dès la tombée de la nuit, tout le quartier est sur le qui-vive, à cause des agressions et des vols. Il révèle aussi quelques rares cas de viol. Éveline Mendy, la quarantaine sonnée, s'émeut également de la violence qui est devenue leur lot quotidien. Elle l'explique par la situation géographique de leur quartier. ‘’N’accusons personne, car notre seul tort est d’habiter à côté du marché. Tant que nous serons à côté de ce marché, nous serons toujours victimes de violence'', déclare-t-elle, résignée. Comble de malheur, ''ici, les structures sociales de base sont inexistantes'', se désole-t-elle. La dame tremble lorsque sa ''fille qui est à la Fac rentre tard''.
 
Elle ajoute que la violence a toujours existé dans ce quartier, mais elle reste traumatisée ''par le meurtre de Maïmouna Ndiongue, une dame qui été tuée et découpée en morceaux par des étrangers, il y a de cela plus de 5 ans''. La dame de regretter : ‘’Il ne se passe pas deux à trois jours, sans qu'on ne soit informé d’un cas d’agression.’’
 
''Ma solution : à 20h, je ferme ma porte''
 
‘’Une personne qui ne travaille pas et qui a des besoins à satisfaire est susceptible de s’adonner à la violence, si elle ne craint pas Dieu, ou n'a pas reçu une bonne éducation’’, souligne avec sagesse Abdoulaye Ba, un jeune mécanicien. Il est d'avis que certains jeunes aiment la facilité, dans la mesure où ils préfèrent devenir des montagnes de muscles et s’adonner aux agressions pendant la nuit, au lieu de travailler et gagner dignement leur vie.
 
''Moi, ma solution est simple : à 20h je ferme ma porte sans tambours ni trompette’’, martèle le vieux Oumar Sy qui dénonce le manque de civisme de ses compatriotes. ''Si la violence règne dans cette zone, c’est dû au manque de citoyenneté de la population. Des énergumènes prennent un malin plaisir à voler les fils électriques pour les vendre à vil prix. M. Sy ne peut pas comprendre que des populations fassent tomber les poteaux électriques pour le cuivre qui est sur les fils. 
 
Police de proximité
 
Au ''Texas'', les populations appellent de leur vœu une police de proximité. Ils en ont d'autant plus besoin qu'elles constatent que  la violence a baissé à Guinaw Rails Sud et Nord, depuis la construction d'un nouveau commissariat de police. ‘’Toutes les deux localités dépendaient du commissariat de Thiaroye. Le constat est qu’il y a un recul de la violence, depuis un certain temps’’, plaide Saliou Gadiga. 
 

 

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