Publié le 27 Sep 2014 - 03:09
RETOUR DES MARCHANDS AMBULANTS AU BOULEVARD DU CENTENAIRE

Quand la peur s’installe chez les riverains 

 

Le retour des marchands ambulants au boulevard du Centenaire depuis quelque temps, après leur déguerpissement, pousse les riverains à sonner l’alerte. Ces derniers ont tenu hier un point de presse pour, disent-ils, dénoncer la passivité de l’Etat face à l’attitude rebelle des tabliers.

 

« Les marchands tabliers sont de retour sur notre boulevard après qu’ils ont  été déguerpis d’ici il y a de cela quelques mois. Actuellement, ils sont armés et ont recruté des nervis pour faire face à la police municipale », ces propos sont de Momo Mbaye coordonnateur de l’association ‘’SOS centenaire Gibraltar’’. Il était hier avec ses voisins en point de presse pour dénoncer ‘’le laxisme de l’Etat’’ face à cette situation. 

‘’ Quand l’Etat avait besoin du boulevard pour la fête de l’indépendance, il a vite fait déguerpir ces marchands tabliers. Mais voilà que ces derniers sont de retour aujourd’hui sur notre Centenaire. Donc nous nous posons la question de savoir comment ces gens osent défier l’Etat’’. Abordant l’aspect sécuritaire, il soutient que les riverains vivent dans l’inquiétude et la peur. ‘’Les tabliers nous empêchent de dormir.

Ils sont là de 05 h du matin à 23 h. Le pire dans cette affaire, c’est qu’ils sont maintenant armés. De ce fait, nous ne pouvons pas nous battre contre eux. Mais notre seule alternative, c’est de demander à l’Etat de venir jouer son rôle de garant de la libre circulation des personnes et des biens. Nous ne sommes plus en sécurité, parfois ils se battent ici », informe-t-il.

C’est dans le même sens qu’abonde Moussa Diaw chargé de communication de ladite association. « Il n’y a qu’au Sénégal que des gens se permettent de défier comme ça l’Etat sans qu’ils soient inquiétés ou que justice soit faite », déplore-t-il. Sur ce, il accuse l’Etat d’être le seul responsable de cette anarchie. « L’Etat est responsable de ce qui est en train de se passer dans ce boulevard. Les éléments de la police municipale se sont battus aujourd’hui (ndlr : hier) avec ces derniers. Mais, il n’empêche qu’ils résistent. Nous nous posons la question : pourquoi l’Etat ne déploie-t-il pas la police nationale pour régler ce problème ? ». Pour terminer, il soutient que cette injustice est un aspect qui peut fragiliser un Etat.

Pour rappel, les marchands ambulants ont été déguerpis des lieux au courant du mois de mars par la volonté de la mairie de Dakar. C’est à cet effet, que l’hôtel de ville de Dakar leur a attribué un autre lieu appelé « Champ de course ». Selon certains marchands ambulants, le lieu ne les arrange pas. Et pour cause, le lieu est très étroit. 

SAMBA DIAMANKA

 

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