Publié le 29 Jun 2016 - 12:56
VOTE DE LA LOI ORGANIQUE RELATIVE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Karim Wade au cœur des préoccupations

 

Sur une liste de 18 orateurs, seule une poignée de députés s’est intéressée hier au fonctionnement et à la composition du Conseil constitutionnel. La plupart des parlementaires était plutôt préoccupé à avoir des réponses sur la grâce accordée à Karim Wade et son exil au Qatar, à bord d’un jet privé en compagnie du Procureur général de Qatar.

 

Actualité oblige, les députés de la 12ème législature ont surtout orienté hier leurs questions sur les modalités et les conditions de la libération de Karim Wade, après trois ans et 67 jours d’incarcération. ‘’Ce que je sais du Qatar, c’est son interventionnisme. Ce Procureur général du Qatar qui est venu chercher Karim Wade, dès sa libération, qu’est-ce qu’il a à faire dans cette affaire sénégalo-sénégalaise ?’’ a demandé Mamadou Lamine Diallo au Garde des Sceaux. ‘’L’affaire Karim Wade n’est pas le débat. Le président de la République a accordé une grâce. C’est son droit le plus absolu’’, a rétorqué Pape Birame Touré, le vice-président du groupe parlementaire Benno bokk yaakaar (BBY). ‘’Le débat sur le jet privé qui a sorti Karim Wade du pays n’a pas sa raison d’être’’, a renchéri Pape Diallo dit Zator Mbaye de l’AFP.

 ‘’Nous assistons à un débat qui n’a pas sa raison d’être. On parle de projet de loi relatif au Conseil constitutionnel. Sauf deux de mes collègues qui ont parlé de cela, personne n’a évoqué le sujet’’, s’est alors désolé Abdou Mbow, vice-président de l’Assemblée nationale, membre de la majorité parlementaire, avant que le ministre de la justice ne prenne la parole. Me Sidiki Kaba a véritablement été harcelé sur la question. Notamment, sur l’intervention du Qatar dans cette affaire. Visiblement agacé, le Garde des Sceaux a botté en touche. ‘’Le Sénégal est un Etat souverain. Le président a pris une décision souveraine. Tenons-nous en à cela’’, a-t-il lancé.

La libération des jeunes de Colobane exigée par des députés

Outre l’affaire Karim Wade, les discussions ont également tourné autour de l’élargissement de prison des jeunes de Colobane, arrêtés et condamnés à 20 ans de prison, pour le meurtre du policier Fodé Ndiaye. Pour certains députés, autant Karim Wade a eu droit à une grâce, autant les jeunes de Colobane ont le droit d’être graciés. ‘’Je demande la libération des jeunes de Colobane avec qui nous nous sommes battus en 2011 pour qu’il y ait une justice dans ce pays. Nous demandons votre indulgence, M. le ministre, pour qu’ils soient graciés’’, a déclaré Cheikh Oumar Sy. ‘’Je fais appel à l’homme de droit que vous êtes. Je réitère un appel, en vous demandant d’élargir les jeunes de Colobane. Il est plus qu’important qu’ils bénéficient d’une liberté. C’est l’ère des grâces, il ne faut pas leur en priver. Ce sont de jeunes travailleurs qui ont eu seulement la malchance d’habiter ce quartier’’, a plaidé pour sa part le député Awa Dia Thiam.

Mais la réponse d’Abdou Mbow n’a pas tardé. ‘’Certains disent aujourd’hui porter le combat pour la libération de ces jeunes. Ils étaient où le jour du 23 juin. Nous voulons que ces jeunes soient libérés et nous allons porter ce combat, mais il y a des lois et règlements dans ce pays. La grâce n’est applicable que si la peine est définitive. Or, cette affaire est pendante devant la justice. Arrêtez de faire de la démagogie. L’Assemblée nationale n’est pas le lieu pour faire de la politique politicienne’’, a rouspété le militant de l’Alliance pour la République. Qui a été appuyé par le ministre de la justice. ‘’Les jeunes de Colobane ont été condamnés à 20 ans de prison. Ils ont fait appel. Ils ont la liberté, comme tout le monde, de faire une demande de liberté provisoire. Ils peuvent demander cela. Et lorsque la décision sera définitive, le président de la République peut accorder la grâce à tout le monde. Avant la Korité, le président va accorder la grâce à des Sénégalais. Les jeunes de Colobane peuvent parfaitement bénéficier du pardon du président de la République. Mais attendons que la décision de justice soit définitive’’, déclare Sidiki Kaba.

 

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