Publié le 10 Mar 2017 - 22:19
APPUI BUDGETAIRE

L’Etat veut fédérer ses partenaires autour d’une matrice unique de réformes

 

Le gouvernement du Sénégal veut arriver à fédérer tous ses partenaires techniques et financiers autour d’une matrice unique de réformes, pour une bonne coordination dans le suivi de leurs engagements. C’est ce qu’a souligné hier le ministre en charge du Budget, Birima Mangara, lors de la revue politique de l’Arrangement Cadre de l’Appui Budgétaire (ACAB). 

 

Un projet de matrice des réformes éligibles à l’Arrangement Cadre de l’Appui Budgétaire (ACAB) de 3ème génération a été stabilisé au sein de l’administration et partagé avec les équipes techniques des différents partenaires. Elle porte essentiellement, selon le ministre du Budget, sur les déclinaisons des réformes prioritaires du Plan Sénégal Emergent (PSE). ‘’C’est donc une occasion à saisir pour relever les défis d’harmonisation et de rationalisation des mesures. Notre grande préoccupation est d’arriver à fédérer les partenaires techniques et financiers autour d’une matrice unique de réformes’’, a indiqué Birima Mangara.

Le constat est que chaque partenaire a sa propre matrice de mesures, généralement dans un secteur de concentration. ‘’Cela ne permet pas toujours une bonne coordination dans le suivi des engagements pris avec les différents partenaires signataires. Du côté de la partie gouvernementale, nous nous engageons à faire en sorte qu’il y ait une meilleure appropriation des enjeux de l’ACAB par les ministres sectoriels concernés qui devront s’impliquer également dans le suivi des mesures arrêtées de manière consensuelle avec les partenaires’’, a-t-il ajouté.

Au regard des décaissements opérés depuis la mise en œuvre des appuis budgétaires, le gouvernement a bénéficié de plus de 356 milliards de francs CFA sur la période 2008-2015. Pour le ministre du Budget, l’enjeu principal aujourd’hui est de ‘’pérenniser le dispositif de cet arrangement’’. Qui, à leur sens, est ‘’stratégique’’ dans la mobilisation des ressources extérieures, dans un contexte de mise en œuvre du PSE et des Objectifs de Développement Durable (ODD). Mais surtout, celui d’accompagnement dans la formulation et la mise en œuvre des réformes indispensables pour atteindre les objectifs de développement du Sénégal. ‘’Des réunions de suivi sont organisées mensuellement avec chaque partenaire pour faire l’état d’avancement des engagements. Dans cette même dynamique, j’invite mes collaborateurs à œuvrer pour le comité de pilotage qui assure ses missions d’animation du dispositif de l’ACAB et de coordination et acteurs nationaux’’, a recommandé Birima Mangara.

Le ministre du Budget de dire que l’arrangement traduit une volonté des parties prenantes de faire de l’appui budgétaire ‘’un instrument privilégié’’ de leur coopération financière dans la mise en œuvre de la Politique économique et sociale, dans un contexte de bonne gouvernance et de réformes soutenues de gestion budgétaire et financière. Il vise aussi à ‘’améliorer le dialogue’’ sur la mise en œuvre des réformes, en mettant l’accent sur l’efficacité de la dépense publique. ‘’L’Appui budgétaire a permis d’avoir une cohérence globale dans la coordination et le suivi de l’exécution des réformes sectorielles. Il a favorisé le développement de synergies entre les secteurs et une meilleure gestion de nos ressources’’, dit-il.

Nécessité de mobiliser des ressources plus substantielles

Il faut rappeler que l’ACAB 1 couvrant la période 2008-2012 a été signé en 2008, et l’ACAB 2, prévu sur la période 2013-2015, en 2013.  L’ACAB 3 signé hier, pour la période 2016-2018, intervient dans un ‘’contexte particulier’’, selon le représentant résident de la Banque africaine de Développement (BAD), Mamadou Lamine Ndongo. Une situation qu’il justifie avec l’adoption au Sénégal du Plan Sénégal émergent (PSE), celle à New York, dans le cadre de la 70ème Assemblée générale des Nations unies, des 17 Objectifs de développement durables (ODD) et celle de l’accord de Paris sur le climat, la Cop 21.

‘’La période d’exécution de l’ACAB 3 est celle qui nécessitera pour le Sénégal la mobilisation de ressources plus substantielles et du soutien constant et plus accru des bailleurs de fonds en général et de ses partenaires techniques et financiers en particulier’’, a-t-il soutenu. Le représentant de la BAD trouve que la création de sous-comités sectoriels basés sur les trois axes du PSE est une ‘’avancée dans la bonne direction’’. Elle devrait permettre ‘’d’améliorer l’efficacité’’ du suivi des mesures, tout en offrant au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers une plate-forme ‘’facilitant l’incontournable dialogue’’ entre ces deux parties.

MARIAMA DIEME

 

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