Publié le 23 Jan 2018 - 12:27
PROCES DE LA CAISSE D’AVANCE DE LA MAIRIE DE DAKAR

Jour de vérité pour Khalifa Sall et Cie

 

Sauf un 3e renvoi, le procès opposant l’Etat du Sénégal au maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall et Cie va démarrer, ce matin. Les inculpés vont répondre pour les chefs de prévention de détournement de deniers publics portant sur la somme de 1,8 milliard de francs Cfa, de blanchiment de capitaux, d’escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux en écriture administrative et de commerce, et d’association de malfaiteurs.

 

L’attente a été longue. Très longue pour le procureur de la République. Lui qui ne voulait pas que le procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar soit renvoyé. Pour la deuxième fois. Surtout pour une durée de deux mois, comme le souhaitaient les conseils de Khalifa Ababacar Sall et Cie. ‘’Un jour suffisait’’, avait soutenu Serigne Bassirou Guèye, afin que tout marche comme sur des roulettes pour le démarrage du procès. Mais, finalement, le juge du tribunal correctionnel, Malick Lamotte, en a décidé autrement. Et c’est aujourd’hui que les choses vont reprendre, après une suspension de 3 semaines.

Ainsi, l’édile de la capitale, Khalifa Sall, fait face à son destin. Idem pour son directeur administratif et financier (Daf) Mbaye Touré, du coordonnateur de l’Inspection générale des services municipaux Amadou Moctar Diop, du chef de la Division financière et comptabilité Ibrahima Yatma Diao, du chef du Bureau du budget Yaya Bodian, de l’assistante du Daf Fatou Traoré. Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré, respectivement l’ancien et l’actuel percepteur municipal, ont été également cités dans cette procédure. Cependant, ils sont mis sous contrôle judiciaire. De ce fait, ils comparaissent libres. Au moment où les autres précités croupissent en prison depuis le 7 mars 2017.

Poursuivis pour détournement de deniers publics portant sur la somme de 1,8 milliard de francs Cfa, de blanchiment de capitaux, d’escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux en écriture administrative et de commerce, et d’association de malfaiteurs, le maire de Dakar et Cie ont défilé pour la première fois devant la barre du tribunal, le 14 décembre dernier, date de l’ouverture de ce procès.  Mais le président d’alors, Magatte Diop, avait ordonné le renvoi d’office au 3 janvier 2018.

‘’Nous allons renvoyer le dossier pour que le procès se tienne dans de bonnes conditions.  La salle 3 est très exiguë pour contenir l’assistance ainsi que le nombre d’avocats constitués. De plus, nous avons d’autres affaires à juger, ce jour’’, avait fait savoir le juge. Ce qui fait que cette affaire a été transférée à la salle n°4 dotée de 1 500 places où elle va désormais se tenir en audience spéciale.

Le dossier a déjà subi 2 renvois

Entre-temps, les choses ont bougé. Le juge Magatte Diop a été dessaisi du dossier au profit de son collègue Malick Lamotte. Ce dernier a ainsi la lourde mission de sceller le sort de Khalifa Sall. A l’audience du 3 janvier dernier, un autre report a été décidé. Mais, des échanges houleux, il y en avait entre les différents protagonistes : la partie civile, la défense et le parquet. Le motif est la demande de renvoi formulée par les conseils du maire de Dakar et ses co-inculpés.

Me François Sarr avait souligné que le dossier n’était pas en état d’être jugé. Et que les avocats n’ont, jusqu’à présent, pas reçu leur avis d’audience et les témoins leur citation à comparaître. ‘’Il y a une liste de 70 témoins et il y a d’autres qui, spontanément, ont décidé de témoigner au titre de bénéficiaires pour apporter des précisions sur l’usage des fonds politiques. Nous voulons citer aussi des membres du gouvernement dont les ministres des Finances et du Budget. Pour cela, il faut une autorisation par décret présidentiel. Or, la procédure d’examen de cette demande prend du temps’’, avait expliqué la robe noire.

Suffisant pour l’avocat de l’Etat du Sénégal de s’opposer à cette requête. Me Papa Moussa Félix Sow d’argumenter : ‘’C’est un moyen d’user du dilatoire, car tous les confrères cités sont présents.  Mieux, si on suit la défense dans sa logique, chaque jour on présentera une liste de témoins. La stratégie de la défense, c’est de faire retarder la procédure pour gagner du temps.’’

Pour la partie civile, la défense veut que l’affaire traverse l’année judiciaire 2017-2018, car elle ‘’a peur de ce dossier béton’’. Elle est appuyée par le procureur de la République. ‘’Est-ce qu’il y a un Sénégalais qui ne sait pas que le procès se tient aujourd’hui ? Nous devons avoir du respect envers le peuple. Je vois un piège. Si vous l’acceptez, on vous demandera de citer un million de témoins’’, avait lancé Serigne Bassirou Guèye à l’endroit du président Lamotte.

Me Moustapha Ndoye de la défense de fulminer : ‘’Dire que nous voulons éterniser le procès, alors que notre client est en prison, c’est nous manquer de respect.’’  Très en verve, Me Ousseynou Fall d’ajouter : ‘’J’ai fait 35 ans de barre, mais c’est la première fois que je vois un procureur s’opposer avec véhémence à une demande de renvoi. Cet empressement est un peu suspect et j’ai honte devant vous, mais je suis à l’aise et prêt à défendre ce dossier.’’

Toutefois, le juge s’est voulu clair. ‘’Nous ne pouvons pas attendre quelqu’un qui n’est pas là pour démarrer le procès. Les avis ont été envoyés avec accusé de réception. Nous ferons tout pour que les conditions d’un procès équitable soient respectées. Nous n’accepterons pas d’autres demandes’’, a-t-il déclaré. Toutefois, Me François Sarr est sûr d’une chose : même si le dossier était en état, la loi permet 3 renvois. Quoi qu’il en soit, le dernier mot revient au président Malick Lamotte. 

Awa FAYE

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