Publié le 19 Jun 2018 - 04:17
3 QUESTIONS A DOCTEUR EL HADJ MAMADOU NDIAYE, DIRECTEUR GENERAL DE LA PREVENTION

‘’Quand un médicament est déconditionné, il n’y a plus de garantie’’ 

 

Est-ce qu’il existe une structure où on peut déposer des médicaments gratuitement ou contre une somme forfaitaire ?

Non. Il n’y a pas une structure qui a en charge la récupération des médicaments non utilisés ou des boites non entamées. On n’y a jamais pensé, parce que si on tentait de récupérer l’ensemble des médicaments non utilisés, on serait obligé de voir comment les reconditionner et également comment les réutiliser. C’est l’ensemble de ces difficultés qui font qu’on ne peut pas les récupérer. C’est dû également à un faisceau d’arguments. Si vous récupérez plusieurs boites ou médicaments qui ont été entamés, vous allez les reconditionner, les remettre après à un professionnel de la santé, ce qui n’est peut-être pas évident. Ces médicaments peuvent également se retrouver dans la rue. Les dates de péremption peuvent également causer problème, les modes de conservation ne sont pas connues. C’est un certain nombre d’éléments qui font qu’il n’y a pas de structures intéressées à ce genre de choses. J’ai vu dans les dons de médicaments parfois qui viennent des pays du Nord, il y a des associations pareilles.

Sauf qu’avec l’absence de structure, la population jette ou brûle les médicaments. Est-ce la bonne solution ?

Certains médicaments, quand on les entame, on demande de les détruire carrément, s’ils ne sont pas épuisés. Un collyre ne peut pas être gardé. On ne peut pas l’ouvrir, l’entamer, l’utiliser et le garder pour le réutiliser à chaque fois qu’on en a besoin. C’est également valable pour les sirops : une fois qu’on les entame après utilisation de courte durée, on demande de les jeter. Parce que les médicaments ne sont plus dans les conditions auxquelles ils étaient auparavant. Dès qu’on le déconditionne, il n’y a pas la garantie qu’il garde les mêmes propriétés thérapeutiques. Parce que, quoi que l’on puisse dire, le médicament est une drogue. Il peut avoir une toxicité. Donc, dès qu’on le déconditionne, ce n’est plus prudent, car on peut le mettre dans une autre boite où la date de péremption marquée est proche, alors que la date est dépassée. Il n’y a pas toute la garantie de l’utiliser dans le circuit. D’ailleurs, vous voyez souvent, sur la boite, on mentionne qu’il ne faut pas laisser les médicaments à la portée des enfants. Ce qui est recommandé, quand un médicament n’est plus utilisé, il vaut mieux le détruire. Il est plus recommandé d’incinérer les médicaments, si on a un emplacement adéquat pour le faire. Parce que si vous les laisser à la poubelle, ils peuvent être ramassés par des individus malveillants qui peuvent les reprendre, un enfant peut les utiliser. Les médicaments qui sont utilisés dans des structures de santé ou les officines, quand leur délai de prescription est dépassé ou quand le médicament est endommagé pour une raison X ou Y, nous procédons à un inventaire et il y a un agent assermenté qui procède à sa destruction. Une pluie peut tomber sur un médicament dans un centre de santé, un hôpital, ces médicaments inondés ne sont plus réutilisés, on les détruit.

Seulement, l’absence d’alternative amène les gens à garder des médicaments pour faire de l’automédication.

L’automédication n’est pas recommandée. Les gens ne sont pas peut-être avisés. Parce que cette automédication veut dire que c’est moi qui fait le diagnostic et qui fait mon traitement. Or, même si on est médecin, on vous recommande, si vous êtes malade, de voir un médecin. Encore moins pour quelqu’un qui est un non professionnel de la santé. On se trompe, on soigne un symptôme, alors qu’il y a autre chose derrière. Par exemple, quelqu’un qui a la fièvre peut décider de prendre un cachet, alors que cette fièvre est due à un microbe X. Il fallait peut-être, pour baisser la fièvre, à coté de ce médicament, prendre un autre. Une personne peut souffrir de maux de tête, elle prend des calmants, alors qu’elle fait une poussée d’hypertension, c’est grave. On fait de l’automédication uniquement pour ce qu’on ressent, alors que le mal est beaucoup plus profond. Ce n’est pas du tout bien de faire de l’automédication. Surtout pour les enfants. Les parents ont l’habitude de le faire pour leurs bambins. Quand ils constatent quelque chose chez l’enfant, ils décident d’aller acheter tel ou tel médicament à la pharmacie. Mais le pharmacien joue son rôle de conseiller et vous recommande de voir le médecin. Quand on va à l’hôpital, il faut toujours signaler au médecin le médicament que vous avez pris. Parce que ce que la personne a pris peut lui être fatal.

 

Section: 
LES JOJ DAKAR 2026 : La culture et le tourisme à l’honneur
MENACES CONTRE BABACAR FALL : Le Cored appelle au calme
AVEC 4,5 MILLIONS DE PERSONNES APATRIDES OU DE NATIONALITÉ INDÉTERMINÉE Le HCR appelle à mettre fin à cette forme durable d’exclusion
DÉTOURNEMENT DE PLUS D’UN MILLIARD DE FRANCS CFA : Un comptable déféré au parquet financier
LUTTE CONTRE LES GROUPES CRIMINELS ORGANISÉS : Le coup de filet d’Interpol dans 22 pays
GAMOU 2026 – TRANSPORT : Des trains mobilisé pour les déplacements du Gamou
Un présumé chef de gang interpellé par la brigade de recherches
CRÉDITS SPÉCIAUX : Les sages bloquent la réforme portée par Pastef
CONVENTION COLLECTIVE SECTEUR HYDROCARBURES : Les mises en garde des pétroliers
MAKHTAR CISSÉ AU GAMOU DE TIVAOUANE : “L’autorité de l’État et la cohésion nationale ne sont pas négociables”
SERIGNE MOUSTAPHA SY : “J’ai refusé de recevoir Sonko”
COLLOQUE MONDIAL DE LA JEUNESSE : 1 000 jeunes attendus à Ouagadougou
Sept millions de francs CFA volés
MORT D’ALDO KARA EN ESPAGNE : Horizon sans frontières exige vérité et justice
Escroquerie foncière
KOLDA - JUGEE POUR INFANTICIDE : Aissatou Samb condamnée
GAMOU DE TIVAOUANE : Sénégal Solidaire renforce son appui à la couverture sanitaire
TIVAOUANE : Au cœur de la ferveur des pèlerins devant les mausolées
BRAQUAGE À MBOUR : Un commando armé emporte 76 millions de FCFA !
FÉMINICIDES AU SÉNÉGAL : Ndeye Bigué Sène, l’énième atrocité de trop