Une décharge de 100 millions relance le débat autour du rôle du commissaire Mbaye Diouf

Depuis plusieurs semaines, une affaire portant sur un montant de 100 millions F CFA agite les réseaux sociaux et certains cercles dakarois. Au cœur de la polémique figure le commissaire Mbaye Diouf, enquêteur à la Division des investigations criminelles (Dic), cité par Abo Amir Sylla, poursuivi dans une affaire présumée d’escroquerie portant sur le même montant.
Selon les accusations relayées par le mis en cause, le commissaire aurait remis les 100 millions F CFA à la plaignante, Mame Diarra Tall, en raison de liens personnels supposés entre eux. Une version contestée par plusieurs sources proches du dossier, qui affirment que les deux protagonistes se sont connus dans le cadre exclusif de cette procédure.
D’après ces mêmes sources, le remboursement de la somme litigieuse ne serait pas passé par les enquêteurs de la Dic, mais aurait été effectué directement entre les conseils des parties. « L’avocat du mis en cause avait entrepris des démarches pour régler le différend en remettant les fonds à l’avocat de la plaignante », soutiennent-elles.
Dans le cadre de ses investigations, EnQuête a pu consulter un document présenté comme une décharge adressée aux autorités en charge du dossier. Dans cette correspondance signée par le cabinet de Me Demba Ciré Bathily & Associés, les avocats de la plaignante indiquent avoir reçu « la somme de cent millions de francs CFA (100 000 000 F CFA) des mains de Maître Mamadou Diaw, avocat du mis en cause ».
Le document précise que cette somme est perçue comme le remboursement des montants réclamés par Mame Diarra Tall dans le cadre de la procédure engagée contre Abo Amir Sylla. Les conseils de la plaignante y annoncent également le désistement de leur cliente de toute action ou procédure dirigée contre ce dernier.
Cette pièce, si son authenticité est confirmée, tendrait à accréditer la thèse selon laquelle les fonds ont transité entre les représentants légaux des parties et non par les services d’enquête.
Toutefois, selon les informations recueillies, le remboursement de la somme et le désistement de la plaignante n’ont pas entraîné automatiquement la libération du mis en cause. Les enquêteurs auraient estimé que la gravité des faits dénoncés justifiait la poursuite de la procédure judiciaire.
D’après plusieurs sources, c’est précisément ce maintien des poursuites malgré le remboursement des fonds qui serait à l’origine du différend opposant aujourd’hui Abo Amir Sylla à certains acteurs impliqués dans le dossier.
Alors que les débats se poursuivent sur les réseaux sociaux, cette affaire remet au centre des discussions la question des effets juridiques d’un remboursement ou d’un désistement dans des dossiers d’escroquerie présumée, lorsque l’action publique demeure engagée.






