L’APR dénonce “l’échec du projet Pastef” et appelle à une mobilisation générale

L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton contre le régime de Bassirou Diomaye Faye et de Pastef. Dans un communiqué publié hier, le Secrétariat exécutif national du parti de Macky Sall dénonce une « crise politique majeure » au sommet de l’État, fustige la gouvernance du pouvoir et appelle à une mobilisation de ses militants. L’APR a également annoncé son soutien au recours déposé devant le Conseil constitutionnel par les députés de l’opposition et dévoilé une série de nominations dans le cadre de sa restructuration.
L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau, hier, pour commenter la situation politique née des récents bouleversements intervenus au sommet de l’État. Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion de son Secrétariat exécutif national (SEN), l’ancien parti au pouvoir se dit profondément préoccupé par ce qu’il qualifie de « crise politique majeure » révélatrice, selon lui, de l’échec du projet porté par le régime Pastef. Pour les responsables de l’APR, les événements survenus ces derniers jours, marqués notamment par la recomposition gouvernementale et les tensions apparues entre les principaux dirigeants du pouvoir, traduisent des divisions profondes au sein de la majorité. Le parti de l’ancien président Macky Sall estime qu’à peine deux ans après son accession au pouvoir, le régime expose au grand jour ses « luttes d’influence », ses « contradictions structurelles » et ses rivalités de leadership. Selon l’APR, les préoccupations liées aux ambitions politiques et aux positionnements en vue de l’élection présidentielle de 2029 semblent désormais prendre le pas sur les urgences économiques et sociales auxquelles le pays est confronté.
Dans son communiqué, le Secrétariat exécutif national dresse un bilan particulièrement sévère de l’action du pouvoir. L’APR dénonce ce qu’elle considère comme une gouvernance marquée par l’improvisation, un pilotage à vue de l’économie, l’absence de réformes structurantes ainsi qu’une communication davantage fondée sur les slogans que sur les résultats. Le parti critique également ce qu’il présente comme une instrumentalisation des institutions à des fins partisanes et une gouvernance fondée sur la confrontation politique. À ses yeux, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo ne constitue pas une réponse aux difficultés rencontrées par les populations, mais plutôt une tentative de gestion d’une crise politique interne au pouvoir. « Les mêmes causes produisant les mêmes effets », soutient l’APR, qui considère que rien dans la nouvelle configuration gouvernementale ne permet d’espérer un redressement de l’action publique.
Soutien au recours devant le Conseil constitutionnel
L’APR a par ailleurs annoncé son soutien au recours introduit devant le Conseil constitutionnel par des députés de l’opposition. Le parti estime que les événements récents constituent une atteinte grave à la légalité républicaine et affirme que le respect de la Constitution ne saurait être subordonné à des considérations politiques ou partisanes. Dans cette perspective, l’ancienne formation au pouvoir dit vouloir poursuivre son combat pour la défense des institutions, des libertés publiques et de l’État de droit.
Au-delà de la critique du régime, le Secrétariat exécutif national a lancé un appel à la mobilisation de l’ensemble de ses responsables, cadres, élus et militants. Le parti les exhorte à reprendre les activités à la base afin d’accélérer la restructuration et la redynamisation des Secrétariats exécutifs locaux. L’objectif affiché est de finaliser ce processus avant la mi-juillet 2026 afin de renforcer l’ancrage territorial du parti et de préparer la reconquête de la confiance des électeurs.
Le SEN invite également ses responsables à soutenir les initiatives du Front pour la Défense de la République (FDR), présenté comme un cadre de rassemblement des forces politiques et sociales opposées au pouvoir en place. Dans le cadre de la réorganisation interne du parti, plusieurs nominations ont été annoncées. Le capitaine Dièye a été nommé secrétaire national chargé des questions de Défense, tandis que le commissaire Cheikhna Keïta devient secrétaire national chargé de la Sécurité et de la Sûreté nationales.
Cheikh Ahmeth Tidiane Ly a été désigné coordonnateur de la Cellule Suivi-Évaluation-Qualité du parti. De leur côté, la professeure Ndeye Ngom, enseignante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, et Aboubacry Sokomo, enseignant-chercheur à l’Université Iba Der Thiam de Thiès, ont été nommés respectivement coordinatrice adjointe et coordonnateur adjoint du Réseau universitaire républicain (RUR). À travers cette sortie, l’APR tente visiblement de se repositionner dans un contexte politique marqué par les recompositions en cours au sommet de l’État et par l’émergence d’un nouveau rapport de forces entre majorité et opposition.
MAMADOU DIOP






