Publié le 17 Jul 2026 - 15:27
ABUS DE BIENS SOCIAUX, MALVERSATIONS…

Romain Molina balance encore sur la FSF

 

En Conseil des ministres, hier, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a insisté sur la nécessité d’apaiser le climat social, de mieux encadrer la commercialisation des produits agricoles, d’accélérer la relance du logement et des infrastructures publiques, et de renforcer la discipline dans la gestion des structures parapubliques.

 

Le chef de l’État a ouvert le bal, hier, en conseil des ministres, en appelant à un renforcement permanent du dialogue social. Face à la multiplication des mouvements d’humeur dans le secteur public, il a souligné que l’État doit privilégier des réponses préventives et durables pour éviter l’enlisement des tensions. Selon lui, la stabilité sociale reste indispensable au bon déroulement des politiques publiques et à la continuité du service public.

Bassirou Diomaye Faye a demandé au Gouvernement et aux centrales syndicales de travailler à l’installation d’un climat social apaisé. Il a chargé le Premier ministre de prendre les mesures nécessaires pour garantir la continuité du service public et d’organiser, dans les meilleurs délais, une réunion du Comité de suivi du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Cette rencontre devra réunir les partenaires sociaux, le patronat et les responsables syndicaux.

Produits agricoles : plus de stockage et une meilleure régulation

Autre sujet majeur : la commercialisation des produits agricoles et la régulation des marchés. Le président a rappelé que ce dossier est au cœur de la souveraineté alimentaire du pays. Pour lui, l’urgence est de mettre en place des mesures concertées avec les acteurs des filières afin de répondre aux crises répétées d’écoulement des productions agricoles et horticoles.

Le chef de l’État a demandé au Premier ministre de lui proposer une stratégie de soutien à la commercialisation. Il a également attiré l’attention du Gouvernement sur la situation des producteurs des Niayes et de la Vallée du Fleuve Sénégal, ainsi que sur la filière arachidière. Il a instruit l’accélération du programme d’équipements de stockage et de conservation, tout en demandant une redéfinition des missions opérationnelles de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM).

L’objectif est clair : limiter les pertes, mieux organiser les débouchés et protéger les revenus des producteurs. Dans un contexte de pression sur les marchés, l’exécutif veut éviter que les efforts de production soient pénalisés par l’absence de dispositifs efficaces de commercialisation.

Logement, infrastructures et parapublic : tolérance zéro pour les lenteurs et les dérives

Le président de la République a aussi insisté sur la relance des programmes de logement et de réalisation d’infrastructures publiques. Il a rappelé que le secteur du bâtiment et des travaux publics constitue un levier important pour la relance économique et la création d’emplois. Il a donc demandé d’accélérer l’exécution des projets de promotion du logement et des infrastructures sectorielles prioritaires.

Dans ses directives, Bassirou Diomaye Faye a notamment demandé de soutenir les programmes d’aménagement et de restructuration urbaine à travers un renforcement des instruments de la SAFRU. Il a aussi appelé à une relance des activités de la SICAP SA et de la SN HLM, ainsi qu’à l’allocation de ressources complémentaires au PUMA pour renforcer les infrastructures sociales de base dans les régions et les zones frontalières.

Le chef de l’État a enfin demandé le lancement d’un programme national d’urgence pour la construction et la réhabilitation des ouvrages de franchissement, en particulier les ponts.

Sur le terrain de la gouvernance, le président a haussé le ton. Il a déploré plusieurs manquements dans la gestion des autorités administratives indépendantes et des entités du secteur parapublic : faiblesse dans la maîtrise des procédures, manque d’encadrement du capital humain, mauvaise gestion des véhicules administratifs et engagement de contrats lourds dans des situations de transition. Il a demandé au Premier ministre et aux ministres concernés de prendre des mesures urgentes pour corriger ces dérives.

Le chef de l’État a insisté sur le respect strict de l’orthodoxie administrative, financière, comptable et sociale. Les organes et corps de contrôle sont, selon lui, mobilisés pour veiller au suivi de ces exigences. Le message est sans ambiguïté : la rigueur doit désormais s’imposer dans toute la chaîne de gestion publique.

AMADOU FALL

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