« Dundal PS » brandit la menace d’un « casus belli »

Les initiateurs du manifeste « Dundal PS – Faire revivre le PS » durcissent le ton contre la direction du Parti socialiste. Après une tentative de médiation qui n’a pas encore produit les résultats attendus, ils préviennent que la convocation de l’un des leurs devant la commission de discipline serait considérée comme un « casus belli ». Ils disent néanmoins rester favorables au dialogue.
La tentative de médiation entre la direction du Parti socialiste et les initiateurs du manifeste « Dundal PS – Faire revivre le PS » n’a pas encore permis d’apaiser les tensions. Dans un communiqué publié hier, ces derniers accusent la direction de n’avoir donné aucune suite aux engagements pris lors d’une rencontre organisée à la résidence de la secrétaire générale. Selon le document, des personnalités préoccupées par l’avenir du PS avaient offert leurs bons offices pour rapprocher les positions. Les initiateurs du manifeste disent avoir alors suspendu leurs activités et leurs prises de parole publiques afin de donner une chance à la médiation. Une délégation avait également accepté de rencontrer la secrétaire générale en présence des facilitateurs. « Aucun des engagements pris à cette occasion n’a reçu le moindre commencement d’exécution », déplorent-ils. Ils reprochent à la direction de persister dans les pratiques dénoncées depuis la publication de leur manifeste.
« Dundal PS » affirme notamment que les militantes se reconnaissant dans son manifeste ont été exclues du processus de mise en place du Réseau des femmes socialistes du Sénégal, organisé à la mi-juillet 2026. Les initiateurs dénoncent aussi des manœuvres qui auraient visé à écarter le secrétaire général du PS dans le département de Dakar de la conduite des cérémonies marquant le septième anniversaire du décès d’Ousmane Tanor Dieng. Ils contestent également les conditions de convocation du Bureau politique. Selon eux, cette décision n’émane plus des délibérations du Secrétariat exécutif national, mais d’un cercle restreint réuni à la résidence de la secrétaire générale. Initialement annoncée pour le 8 août, la réunion du Bureau politique a été reportée au 22 août. « Dundal PS » déplore le choix de cette nouvelle date, qui coïncide avec les préparatifs du Mawlid et les séances de « Burd ». Le mouvement reproche également à la direction de ne pas avoir préalablement transmis aux membres du Bureau politique le rapport de la Commission de relance.
La commission de discipline, point de rupture
Le principal point de crispation concerne toutefois la commission de discipline qui aurait été instituée, selon le communiqué, lors d’une réunion tenue le 6 août sous la présidence de la secrétaire générale. Les initiateurs du manifeste contestent la légitimité de cette instance et préviennent qu’ils n’accepteront aucune convocation de l’un des leurs. « La convocation d’un seul initiateur ou signataire du Manifeste “Dundal PS” devant cette commission illégitime sera considérée comme un casus belli », avertissent-ils.
Le communiqué évoque, par ailleurs, un désaccord autour de la préparation de la célébration à Dakar des 50 ans de présence de l’Internationale socialiste en Afrique. Ses auteurs soutiennent que la secrétaire générale s’est opposée à la participation de certains initiateurs du manifeste au comité national d’organisation.
Malgré la fermeté de leur sortie, les membres de « Dundal PS » affirment ne pas chercher à provoquer une scission. « Dundal PS n’est ni une faction ni le prélude d’une fracture », assurent-ils. Ils présentent leur démarche comme une entreprise de reconstruction de la formation politique héritée de Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Ousmane Tanor Dieng. Les initiateurs annoncent la poursuite de leurs actions de remobilisation des structures et de leurs rencontres avec les militants.
Ils reprochent à la direction de s’enfermer dans des querelles internes au moment où d’autres formations politiques se déploient sur le terrain en perspective des prochaines échéances électorales. Le communiqué ne rapporte aucune réaction de la direction du Parti socialiste aux accusations formulées. Tout en maintenant que « la voie du dialogue franc et sincère demeure possible », les initiateurs préviennent que leur « résignation », elle, « ne le sera jamais ».






