Publié le 16 Nov 2016 - 03:27
13 356 TONNES DISPONIBLES DANS LES STOCKS DE LA CSS

Qui se ‘’sucre’’ de la pénurie ?

 

Une pénurie de sucre sur le marché sénégalais. Depuis quelques jours, on en parle et en reparle partout au Sénégal. Une situation que la  CSS a du mal à comprendre. Surtout que l’usine de Richard Toll  dispose de 13 356 tonnes de sucre dans les entrepôts de Bolloré Africa Logistics.

 

Deux camions sont garés dans un des entrepôts de Bolloré Africa Logistics dans la zone de Yarakh. Derrière les voitures se trouvent un gigantesque stock de sacs touchant même les tôles du magasin. À l’entrée, se trouvent quelques contrôleurs et deux vigiles qui surveillent les dockers qui chargent les camions. Nous sommes dans les stocks de sucre de la compagnie sucrière sénégalaise (CSS). Certains ouvriers sont dans les camions. Les autres sur le stock de sacs. Entre les deux groupes, se trouvent d’autres dockers qui portent sur leurs têtes les sacs de sucre qu’ils larguent directement dans les camions. Le rythme est sans répit. Avec la spéculation sur une pénurie de sucre sur le marché national véhiculé ces derniers jours, la CSS a organisé hier, une visite de presse dans deux de ces magasins pour rassurer les consommateurs.

Dans ces deux entrepôts, se trouvent 13 356 tonnes de sucre destinés au marché, informe, d’emblée,  le responsable des magasins à Bolloré Africa logistics, Mamadou Samb. Ce qui fait dire au Directeur Conseiller de la CSS, Louis Lamotte ‘’qu’il ne peut pas y avoir de pénurie’’ de sucre en ce moment. Quant à Mamadou Samb, il se dit ‘’étonné’’ d’entendre parler de pénurie de sucre sur le marché alors que chaque jour, des camions entrent dans les entrepôts et ressortent remplis de sacs de sucre.

Où va le sucre ?

Selon ses statistiques, du 16 juin 2016 à ce jour, la Compagnie sucrière sénégalaise a livré sur le marché national 66 643 tonnes sur les 79 679 tonnes qu’elle avait importées. Ces derniers mois, informe M. Samb, chaque jour c’est entre 800 et 1000 tonnes de sucre qui sortent des stocks de la CSS. Pourtant, en temps normal, rappelle Louis Lamotte, 400 à 500 tonnes par jour suffisent largement pour satisfaire le marché.  Ce qui pousse Mamadou Samb à se demander qu’avec le rythme actuel des enlèvements où va le sucre ?’’. Surtout que depuis janvier 2016, la Compagnie sucrière sénégalaise a vendu 200 000 tonnes de sucre.

Tension internationale sur le sucre

Toutefois, Louis Lamotte tente d’apporter des réponses à cette question du responsable des entrepôts de Bolloré Africa Logistics. La première explication fournie par le Directeur Conseiller de la CSS est qu’il y a une tension internationale sur cette denrée. Ce qui justifie que beaucoup de pays limitrophes du Sénégal viennent à Dakar pour s’approvisionner en sucre. ‘’Évidemment, la CSS ne leur vend pas du sucre. La production CSS est destinée aux ménages sénégalais. Mais ces pays étrangers parviennent à se servir à partir de commerçants à des prix plus rémunérateurs que ceux du marché’’, explique-t-il.

Pourtant, l’ancien président de la Ligue sénégalaise de football professionnel rappelle qu’il y a de cela deux mois, la CSS avait attiré l’attention du ministre du Commerce, Alioune Sarr sur le fait que le rythme de consommation de sucre au Sénégal était anormal.  La réponse donnée par le ministre, rapporte-t-il, est ‘’qu’il allait donner des instructions aux services régionaux pour qu’ils veillent à ce que le sucre ne sorte pas’’.

Des acteurs tapis dans l’ombre

En réalité, Louis Lamotte soupçonne ‘’des acteurs’’ du secteur d’être  derrière tout ce ‘’bruit’’ sur une pénurie de sucre. Leur objectif, dit-il, est de ‘’semer le trouble et d’obtenir de l’État, sous la pression, quelque chose qui leur permettra d’acheter du sucre à l’extérieur et de le vendre à un prix qui serait hors de portée du marché’’. Ils veulent aussi, ajoute M. Lamotte, mettre ce sucre importé sur le marché sans payer à l’État des droits et taxes.  

En outre, cette supposée pénurie de sucre est intervenue à quelques jours du magal de Touba. Déjà certains craignent une tension de cette denrée dans la ville sainte. Cependant, le Directeur Conseiller de la CSS rassure que ‘’toutes les dispositions’’ ont été déjà prises pour ‘’qu’il n’y ait pas de place à une pénurie de sucre à Touba’’. D’après M. Lamotte, entre le 1er et le 10 novembre 2016,  2 600 tonnes ont été livrées dans la capitale du mouridisme. ‘’C’est l’équivalent d’un mois de consommation à Touba et nous l’avons fait en 10 jours. Nous continuerons à maintenir cette pression’’, promet-il.  

ALIOU NGAMBY NDIAYE

Section: 
ASER-AEE POWER Le parquet financier relance le dossier des 37 milliards
RETARD DANS LA MISE EN PLACE DES INTRANTS AGRICOLES L'inquiétude des paysans
MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE, DES FINANCES ET DU PLAN : Abdourahmane Sarr transmet sa doctrine, Cheikh Diba prend les commandes
Convention
NOUVEAU MINISTRE CHARGÉ DE L’ÉLEVAGE : Ousmane Diané compte marquer son territoire
UN SEUL MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE, DES FINANCES ET DU PLAN L’avis de l'économiste Pape Abdoulaye Seck
RÉPRESSION DES CRIMES ENVIRONNEMENTAUX : L'intelligence artificielle comme panacée
RÉPRESSION DES CRIMES ENVIRONNEMENTAUX : L’intelligence artificielle appelée à renforcer la riposte
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES EN AFRIQUE 2026 Malgré les tensions mondiales, l’Afrique attendue à 4,2 % de croissance en 2026
AFRIQUE - TENSIONS GÉOPOLITIQUES ET PERTURBATIONS DE L’OFFRE MONDIALE Une croissance économique de 4,2 % attendue en 2026
ANSD
Prix matériaux de construction
Pétrole, gaz et emploi
PRIX DES PRODUITS À L’IMPORTATION ET À L’EXPORTATION EN MARS 29026 : L’ANSD donne les raisons de leur accroissement
SOMMET AFRICA FORWARD À NAIROBI : Diomaye Faye plaide pour une solution à la dette
RAPPORT CENTIF 2025 : Des enjeux majeurs et des chiffres édifiants
STRATÉGIE NATIONALE DE L’ÉQUITÉ (SNE) L’État engage la concertation territoriale à Thiès
LANCEMENT DE LA TROISIÈME COHORTE DU EDTECH FELLOWSHIP : 45 millions de FCFA pour propulser les champions de l'éducation numérique
EL MALICK NDIAYE, PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE : “La dette ne doit plus être gérée dans l’urgence”
PRIX À LA CONSOMMATION EN AVRIL 2026 : Une hausse de 1,4 % portée par l’alimentation et les services