Publié le 24 Jun 2020 - 22:07
ACCOMPAGNEMENT DE LA RELANCE ECONOMIQUE

La BCEAO baisse ses taux directeurs de 50 points 

 

Les membres du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ont décidé d'accompagner la dynamique de redémarrage de l'appareil productif des Etats de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en baissant de 50 points de base les taux directeurs de la Banque centrale. L’annonce a été faite dans un communiqué publié par l’institution.

 

Les plans de relance mis en place par les Etats de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et l'assouplissement progressif des restrictions de déplacement devraient conduire, selon la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à un redémarrage de l'appareil productif. Ainsi, dans un communiqué rendu public hier, la Banque centrale informe que les membres du Comité de politique monétaire (CPM) ont décidé d'accompagner cette dynamique, en baissant de 50 points de base les taux directeurs de la BCEAO.

‘’Le taux d'intérêt minimum de soumission aux opérations d'appels d'offres d'injection de liquidité passe ainsi de 2,50 à 2,00 % et le taux d'intérêt du guichet de prêt marginal est ramené de 4,50 à 4,00 %. Cette décision entre en vigueur à compter du 24 juin 2020. Par ailleurs, le Comité de politique monétaire a relevé que la situation de constitution des réserves obligatoires par les banques reste confortable. Sur cette base, le comité a décidé de maintenir inchangé le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l'union, qui demeure fixé à 3,0 %’’, indique la note.

D’après le président de ce comité, Tiémoko Meyliet Koné, qui a signé le communiqué, le CPM a tenu, le lundi 22 juin 2020, sa deuxième réunion ordinaire au titre de l'année 2020. Une occasion saisie pour passer en revue les principales évolutions de la conjoncture économique internationale et régionale au cours de la période récente. Ainsi que les facteurs de risque pouvant affecter les perspectives à moyen terme d'inflation et de croissance économique de l'union.

Au fait, la situation monétaire de l'union a été marquée, au premier trimestre 2020, selon la Banque centrale, par une ‘’légère accélération’’ du rythme de progression de la masse monétaire. Ceci en glissement annuel, en liaison avec le rebond des actifs extérieurs nets ainsi que l'accroissement des créances intérieures. ‘’Les réserves de change de l'union se sont renforcées sur une base annuelle, assurant 6,3 mois d'importations de biens et services à fin mars 2020. Le taux d'intérêt moyen trimestriel des appels d'offres hebdomadaires d'injection de liquidité s'est nettement orienté à la baisse, en ressortant à 2,69 % contre 2,98 % le trimestre précédent. Depuis le mois d'avril 2020, il se situe à 2,50 %, en liaison avec les injections de liquidité au taux fixe de 2,50 % lancées par la Banque centrale pour lutter contre les effets néfastes de la crise sanitaire’’, renseigne le document.

Le déficit budgétaire estimé à 922,1 milliards, à fin mars 2020

Abordant la situation de l'inflation dans l'union, le comité a relevé que le niveau général des prix à la consommation a augmenté durant le premier trimestre 2020. Le taux d'inflation est ressorti à 1,2 %, après -0,6 % un trimestre plus tôt. ‘’Cette situation est liée au rebond des prix des produits alimentaires. A l'horizon de huit trimestres, le taux d'inflation se situerait à 2,2 %, en glissement annuel, en ligne avec l'objectif de stabilité des prix poursuivi par la Banque centrale’’, lit-on dans le communiqué. Il ressort de la même source que l'exécution des budgets dans les Etats membres de l'UEMOA s'est fortement ressentie, au premier trimestre 2020 de la pandémie de la Covid-19.

‘’En effet, les gouvernements ont engagé des plans de riposte qui se sont traduits par une baisse des recettes et une hausse des dépenses entraînant une aggravation du déficit budgétaire. Le déficit budgétaire, base engagements, dons compris, ressortirait à 922,1 milliards ou 4,5 % du PIB à fin mars 2020, contre 222,5 milliards ou 1,1 % du PIB à la même période de l’année précédente’’, fait savoir la Banque centrale.  

Examinant la conjoncture internationale, le comité a noté la propagation rapide de la maladie due à la Covid-19 à l'échelle mondiale et l'ampleur des mesures prises pour son endiguement. ‘’L’activité économique s'est ainsi fortement ressentie des perturbations dans les chaînes de production, de distribution et de commercialisation, ainsi que d'une montée des incertitudes entourant les perspectives.

Selon le Fonds monétaire international, le taux de croissance de l'économie mondiale ressortirait à -3,0 % en 2020, contre 2,9 % en 2019. Cette forte récession montre l’ampleur de l’impact de la pandémie de la Covid-19 sur l’activité économique mondiale’’, rappelle le communiqué.

Au titre de la conjoncture interne, le comité a relevé que l'activité économique a connu un fort ralentissement. Le PIB de l'union a progressé, en glissement annuel, de 3,3 % au premier trimestre 2020, après 6,5 % un trimestre plus tôt. ‘’Cette décélération de l'activité économique est surtout imprimée par le secteur tertiaire, dont la contribution à la croissance a baissé de moitié par rapport au trimestre précédent, reflétant ainsi les premiers impacts de la propagation de la pandémie, notamment dans les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, des transports et du commerce’’, rapporte la note. Pour l'ensemble de l'année 2020, les prévisions réalisées par la Banque centrale tablent sur un taux de croissance économique de l'union de 2,6 %, contre une prévision initiale de 6,6 %.

MARIAMA DIEME

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