Publié le 21 Nov 2019 - 19:15
AGRICULTURE EN CASAMANCE

Les travaux de réhabilitation du barrage d’Affiniam lancés, hier

 

Moussa Baldé, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, a officiellement lancé hier, à Affiniam, dans le département de Bignona, les travaux de réhabilitation du barrage du nom de ce village. C’était en présence de l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Zhang Xun.

 

Mieux vaut tard que jamais. Les travaux de réhabilitation et  d’achèvement de la construction du barrage d’Affiniam, dans la commune de Mangagoulack, ont été lancés hier, dans le village qui porte le nom du barrage, au grand bonheur des populations qui sont sorties en masse accueillir le ministre de l’Agriculture, l’ambassadeur de la Chine au Sénégal, les autorités politiques, administratives, militaires et coutumières de la région de Ziguinchor, ainsi que celles du département de Bignona.

A l’occasion, le ministre Moussa Baldé a rappelé qu’au milieu des années 1970, la Casamance a connu une longue période de sécheresse qui a eu comme conséquence une avancée prolongée de la langue salée dans les rizières, un lessivage insuffisant des terres et un abandon des terres rizicoles. En réponse à ce fléau, le gouvernement du Sénégal avait mis en place un ‘’vaste programme de construction de barrages et de digues anti-sel, en vue de sécuriser et de protéger les productions’’. Par la même occasion, il s’est félicité de la coopération sino-sénégalaise riche d’expériences en matière rizicole, notamment en Casamance où les populations sont détentrices d’un ‘’savoir-faire précieux dans le domaine’’.

Le ministre Moussa Baldé a promis aux populations une politique de valorisation de l’ouvrage avec la mise en place d’aménagements secondaires constitués de périmètres irrigués couplés à des blocs maraîchers féminins. Les responsables de l’entreprise chinoise Crec-8, qui a gagné le marché, ont assuré, à leur tour, de la bonne conduite des travaux et du respect des délais prescrits. ‘’Nous allons dépasser les attentes des clients avec une gestion scientifique du projet, des améliorations continues, des fournitures de produits de qualité et une utilisation de techniques avancées", a fait savoir  Wang Zheng Bo, l’un des responsables de Crec-8. 

L’ambassadeur de la Chine au Sénégal à, quant à lui, soutenu que ‘’tout se fera dans les meilleures normes. L’ouvrage sera achevé dans les délais prescrits. Les délais de construction sont évalués à six mois. Cela va relancer les activités agricoles dans cette région belle et pittoresque’’, a indiqué Zhang Xun.

Pour rappel, le projet de construction d’un barrage sur le marigot de Bignona, un affluent de la rive droite du fleuve Casamance long de 66 km, est né des accords de coopération économique et technique signés le 23 novembre 1973 à Beijing, entre la République populaire de Chine et le Sénégal. Construit en 1988 par la coopération chinoise pour un coût estimé à 6 milliards de francs Cfa, cet ouvrage hydro-agricole était destiné à arrêter l’avancée de la langue salée dans une zone protégée de 5 600 ha. Ce barrage réalisé au milieu d’un bassin versant de 620 km couvrant une vallée de 12 000 ha, devait aussi permettre le stockage des eaux de ruissellement pour faciliter le lessivage des terres salées. Et favoriser, en même temps, l’émergence de flore d’eau douce et la récupération des terres abandonnées. 

Inaugurée en grande pompe à la veille de la campagne présidentielle de 1988 par Abdou Diouf, l’infrastructure s’est retrouvée, depuis, dans un état de décrépitude inquiétant. Pourtant, la République populaire de Chine s’était engagée à mettre en valeur des terres protégées par l’aménagement secondaire des zones de riz cultivables et l’utilisation des variétés de riz adaptées. Le coût de l’opération devait tourner autour de 50 milliards de francs Cfa pour une durée de 25 ans. Mais la rupture des relations diplomatiques, le 9 janvier 1996, suivie du retrait des coopérants chinois le 11 janvier 1996, ont bloqué la poursuite des travaux. Cette rupture était consécutive à la signature des relations diplomatiques entre le Sénégal et Taïwan.

Toutefois, à la faveur de la reprise des relations entre Pékin et Dakar survenues le 25 octobre 2005, une mission chinoise avait visité l’ouvrage et les différentes installations. Les autorités sénégalaises avaient, aussi, saisi la Chine dans le cadre de la relance dudit projet.  

HUBERT SAGNA (ZIGUINCHOR)

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