Publié le 22 Jan 2016 - 13:58
BARTHELEMY DIAS AU JUGE CORRECTIONNEL

‘’J’ai détruit des supports de détournement de deniers publics’’ 

 

Après plusieurs renvois, le tribunal correctionnel a retenu hier l’affaire concernant la destruction des panneaux publicitaires dans la commune de Mermoz-Sicap-Sacré Cœur. Barthélémy Dias a réfuté les accusations portées contre lui.

 

L’affaire opposant des régies publicitaires au maire socialiste Barthélémy Dias a été plaidée hier, devant le tribunal correctionnel de Dakar. Seul le maire de la commune de Mermoz-Sicap-Sacré Cœur a comparu. Ses coprévenus et les parties civiles ont fait défaut. Tout de blanc vêtu, le député-maire socialiste, poursuivi pour association de malfaiteurs, destruction de biens appartenant à autrui et vol, a clamé son innocence. Toutefois, il a reconnu avoir détruit des panneaux installés par 22 régies publicitaires dans le périmètre communal qu'il dirige. ‘’J’ai détruit des supports de détournement de deniers publics implantés illégalement sur mon périmètre communal’’, s’est-il empressé de préciser à l’endroit des juges.

 Selon ses arguments, il a détruit lesdits panneaux, dans la nuit du 30 au 31 mai 2015, car les régies ont refusé de payer la taxe d’entrée. Pour le fondement de son action, Barthélémy Dias a soutenu avoir agi en sa qualité de maire et fait exécuter une délibération du Conseil municipal approuvée par le représentant de l'État. ‘’J’ai donné des instructions pour qu’on les détruise et, avant cela, des sommations en bonne et due forme ont été envoyées’’, a indiqué le maire. Aussi, s’est désolé que certains des plaignants se soient retournés pour venir négocier avec la municipalité. ‘’Une bonne dizaine de ces régies ont payé 10 millions. Elles reconnaissent que le taux était dérisoire et sont prêtes à payer un taux de 80%’’, a révélé le prévenu.

Les régies réclament 700 millions de dommages et intérêts

Concernant le délit de vol, le maire l’a contesté, en soutenant que les panneaux détruits ont été emportés une semaine après par des ferrailleurs car la mairie ne dispose pas de fourrière. ‘’Nous avons fait une large communication pour les inviter à les récupérer, mais ils n’ont pas réagi’’, a ajouté le maire. Mais ce n’est pas l’avis des avocats des parties civiles, selon qui, il y a bel et bien vol. Que l’édile n’avait pas le droit de détruire les panneaux, puisque toutes les sociétés disposent d’une autorisation de la ville de Dakar. Selon les explications de Me Moussa Sarr, l’autorisation est valable pour la période de 2004 à 2013. Même si l’Acte III de la décentralisation est intervenue entre-temps, elle ne la rend pas caduque, poursuit-il. Me Sarr déplore aussi l’absence de base juridique pour le maire. Selon la robe noire, si l’édile était dans son bon droit, il n’aurait pas commis son forfait à 2h du matin. Son confrère Me Mbaye Sall a donc réclamé des dommages et intérêts d’un montant global de 700 millions de F CFA dont 500 millions représentant le préjudice matériel. ‘’C’est un investissement lourd de produits venant de l’extérieur qui a été détruit’’, a justifié l’avocat.

Me Demba Ciré Barthily a battu en l’argumentaire de la partie civile. Selon l’avocat de Barthélémy Dias, l’autorisation est caduque du fait de la nouvelle loi sur la décentralisation qui donne un plein pouvoir aux communes. La preuve, a-t-il relevé, ‘’avec la décentralisation, les communes étaient obligées de reprendre leur budget’’. Il a donc contesté l’absence de base légale, en se fondant sur la délibération de la mairie. Me Bathily a également soutenu qu’il n'y a rien de délictuel si les panneaux ont été détruits à 2h du matin. "C'est symbolique, car ils ont été implantés à 2h du matin", a-t-il déclaré, tout en soutenant que les régies ‘’ne se contentent pas de faire des installations anarchiques, mais elles veulent aussi battre monnaie’’.

Son confrère Me Cheikh Khoureychi Bâ a jugé la procédure abusive et estime que leur client est même en droit de réclamer des dommages et intérêts, car son image à été ternie. Toutefois, il s’est gardé de le faire et a plaidé la relaxe pure et simple, au moment où le représentant du parquet a demandé l'application de la loi.

Délibéré le 17 mars prochain.

FATOU SY

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