Publié le 27 Sep 2017 - 10:46
BILAN 2016 DES BANQUES AU SENEGAL

63 milliards de bénéfices réalisés

 

Les 27 établissements de crédit au Sénégal ont réalisé, à la fin de l’exercice 2016, des bénéfices de 63 milliards de francs CFA, contre 34 milliards pour 2015. Le directeur national de la BCEAO l’a révélé hier, lors de la traditionnelle réunion trimestrielle avec les directeurs généraux des banques et établissements financiers du Sénégal. D’après ses explications, ce résultat montre une hausse de 29 milliards de francs CFA par rapport à 2015. Sur les raisons de cette hausse, Ahmadou Al Aminou Lô le justifie par ‘’l’importance de provisions constituées à la fin 2015’’. Il a également fait était de l’augmentation de l’activité de crédit par rapport à 2015. Car, celle-ci est passée de 355 milliards en un an, soit une hausse de 12 %.

 ‘’Les dépôts faits par la clientèle de banque en 2016, comparés à l’année 2015, ont augmenté de 402 milliards et le produit net bancaire qui rend compte de la richesse créée par les banques, a augmenté de 41 milliards en 2016, soit  une hausse de 13,5 %’’, a encore relevé M. Lô. Toujours dans ses explications, il a fait savoir que les établissements bancaires, qui sont au nombre de 27 au Sénégal,  ont ‘’maintenu inchangés leurs taux de base bancaires à l’intérieur d’une fourchette  comprise entre 7 % et 9 %. Le taux de base moyen est resté stable à 8 %’’. Le taux de base bancaire est le taux d’intérêt annuel fixé par une banque et qui lui sert de base de calcul du prix des crédits qu’elle consent. En fin juin 2017, les ressources qu’elles ont collectées ont augmenté de 10 % pour s’établir à 5 165  milliards à fin juin 2017.

 Le franc CFA est une monnaie crédible

Par ailleurs,  M. Lô est revenu sur la polémique soulevée par le franc CFA. Le directeur national de la BCEAO s’est inscrit en faux contre les arguments du front anti franc CFA qui crie à la mort de cette monnaie. ‘’Le franc CFA est une monnaie crédible, parce qu’elle remplit toutes les trois constantes. C’est une unité de compte, parce que toutes les monnaies peuvent s’en réclamer.

C’est un intermédiaire dans les échanges, puisqu’il il y a des monnaies qui n’y arrivent pas du fait de la dollarisation dans certains pays où vous ne pouvez payer qu’en dollar’’, a-t-il argué. Poursuivant son argumentaire, M. Lô d’ajouter : ‘’Enfin, c’est une réserve de valeur. Cela vous permet de faire une épargne et de vous dire que vous n’allez pas, d’ici 1 an à 3 ans, perdre en valeur, en poids d’achat.’’ Quand une monnaie remplit toutes ces trois conditions, souligne le financier, ‘’c’est extraordinaire et c’est le cas du franc CFA. Ceci fait qu’il circule au-delà des pays qui l’ont en commun. Que cela soit la Gambie, le Nigeria, etc.’’. Sur la même lancée, M. Lô considère qu’une monnaie, on l’analyse dans sa valeur externe. ‘’Est-ce qu’elle est en mesure de préserver l’accès aux devises ? Vous n’avez jamais entendu dans notre zone quelqu’un qui veut des devises et qui n’en a pas eu.

Nous sortons du pèlerinage, tous ceux qui voulaient des rials l’ont eu. Pourquoi ? Parce que nous avons suffisamment de réserve de change et de crédibilité externe et cela grâce à la convertibilité externe du franc CFA’’, a-t-il laissé entendre. Très critique à l’endroit des pourfendeurs du franc CFA, le responsable local de la BCEAO a laissé entendre que les pays en partage de la monnaie auriez pu prendre l’option de la non convertibilité. ‘’En ce moment, il y aura des arrangements et des accords de coopération qui ne seraient pas nécessaires, mais on subirait ce que subissent beaucoup de pays où vous avez un contrôle des changes’’, a-t-il mis en garde en citant l’exemple de l’Egypte où, pendant le ramadan, il y a un contrôle des allocations de devises qui peuvent créer une inflation ou une rupture de produits importés. ‘’Vous ne l’avez pas dans cette zone, parce qu’on a une garantie de convertibilité illimitée qui emporte des contreparties. Celles-ci n’ont rien à voir avec ce que la rue dit’’, a conclu M. Lô.

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