Publié le 7 Jun 2023 - 23:13
CHANGEMENTS CLIMATIQUES

La Banque mondiale dégaine 2 millions de dollars US pour deux ans

 

Dans le cadre de l’exécution d’un ambitieux programme dénommé Partenership for Market Implementation (PMI), qui s’étale sur deux ans, la Banque mondiale a octroyé un montant de 2 millions de dollars US (1,220 milliard F CFA) au Sénégal.

 

L'atelier de lancement des activités du projet dénommé Partenariat pour la mise en œuvre du marché (PMI), exécuté avec l’appui du groupe de la Banque Mondiale, a été présidé par le directeur de l'Environnement et des Établissements classés du Sénégal. Baba Dramé a souligné, à cette occasion, que la mise en œuvre de ce projet sera d’un apport certain en vue de la sécurisation du financement de la contribution déterminée au niveau national (CDN) sur les changements climatiques, dans le cadre d’une approche inclusive, concertée et dynamique.

Les faits, selon lui, montrent l’évidence de la hausse effective de la température.

Ainsi, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est un impératif urgent, à l’heure où les pays les moins avancés subissent les effets adverses du réchauffement climatique. Les données scientifiques, avec le 6e rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), poursuit-il, montrent bien l'urgence avec laquelle il faut agir pour réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce sens, l'Accord de Paris a constitué un tournant décisif dans la concrétisation de l’objectif mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre. "Les avancées notées constituent un réel bond en avant, mais il reste du chemin à parcourir pour assurer une prise en charge appropriée des besoins du Sénégal dans le domaine du marché et taxe carbone. C’est dans ce cadre que s’inscrit la collaboration entre le gouvernement du Sénégal et la Banque mondiale, en vue de l’exécution d’un ambitieux programme dénommé Partenership for Market Implementation (PMI) de deux ans et d’un montant de 2 millions de dollars US.

Le PMI permettra de faciliter un meilleur accès des parties prenantes clés à la finance et taxe carbone, à travers notamment le renforcement du cadre de gouvernance dédié, la mise en place de règles et procédures, le développement d’outils techniques et l’élaboration d’études sur les modalités de mise en place d’une taxe carbone. Nous ne sommes qu’au début d’un long processus où toutes les parties prenantes, à savoir le Parlement, le ministère en charge des Finances, les acteurs non étatiques et le ministère en charge de l’Environnement auront des rôles clés à jouer", a déclaré Baba Dramé.

Il a d’ailleurs promis que son ministère veillera personnellement au suivi de la mise en œuvre effective de ce projet au niveau national.

Près de 30 projets en cours, dont plus de 20 projets nationaux

Prenant la parole, la directrice de l’Environnement pour l’Afrique de l’Ouest à la Banque mondiale, basée à Dakar, a souligné que la participation du Sénégal au partenariat, à travers une assistance technique de deux ans financée par un don de 2 millions de dollars des États-Unis du fonds fiduciaire du même nom, fait partie des activités de recherche et d’assistance technique financées par la Banque mondiale dans les domaines de la lutte contre la pollution, la gestion durable des ressources forestières et halieutiques, l’engagement dans l’action climat, la protection de l’environnement et de la biodiversité, et la promotion du développement durable dans plus de 15 pays, de la Mauritanie au Tchad.

Maria Sarraf Pardon ajoute que cette assistance technique vise à faire progresser la compréhension des instruments de tarification du carbone et faciliter leur mise en œuvre. Seuls deux pays d’Afrique de l’Ouest font partie du partenariat : le Sénégal et la Guinée. À cet égard, le Sénégal fait figure de pionnier dans la sous-région, pour maitriser certains des instruments financiers de l’action climat, selon elle. En effet, elle affirme que le Sénégal a fait des progrès en matière de politique climatique, comme en témoigne sa contribution déterminée au niveau national, qui contient les engagements d’atténuation et indique les priorités pour l’adaptation.

Elle se félicite que la Banque mondiale soit un partenaire du Sénégal dans l’action climat. "Notre action s’inscrit dans le cadre d’un soutien fort, à travers de près de 30 projets en cours, dont plus de 20 projets nationaux, pour des engagements de plus de l’ordre de 3 milliards de dollars. Ces projets soutiennent le Sénégal dans son action pour le développement durable et la réduction de la pauvreté, que ce soit dans le domaine des pêches, de l’agriculture, de la protection sociale ou de l’assainissement. Dans ce portefeuille, la prise en compte de la problématique des changements climatiques est de plus en plus forte", souligne-t-elle.

Des besoins financiers estimés à 13 milliards de dollars US, sur la période 2020-2030

D’ailleurs, les mesures contenues dans la Contribution déterminée au niveau national (CDN), renseigne-t-elle, ont le potentiel d'accélérer le développement, mais nécessiteront la mobilisation de ressources importantes. "La CDN du Sénégal estime les besoins financiers à 13 milliards de dollars US, sur la période 2020-2030, soit plus du double des flux d’aide publique au développement (APD) liés au climat ces dernières années. Mobiliser des financements à grande échelle pour mettre en œuvre la CDN du Sénégal nécessitera donc des efforts considérables. Le Sénégal a de l'expérience dans l'accès aux fonds climatiques et aux marchés du carbone. Il a enregistré et effectivement mis en œuvre le plus grand nombre de projets du Mécanisme de développement propre en Afrique de l'Ouest et a déjà conclu des accords bilatéraux avec la Suisse et le Japon pour l'échange international de réductions d'émissions en vertu des dispositions de l'article 6. En parallèle, le Sénégal a commencé à travailler sur la conception d'une taxe carbone nationale. La participation du Sénégal au Partenariat pour la mise en œuvre du marché part donc sur d’excellentes bases. Elle va pouvoir capitaliser sur cette vaste expérience pour élaborer une feuille de route pour le déploiement d'une taxe sur le carbone, ainsi que le cadre et l'infrastructure qui permettront au Sénégal de participer aux marchés internationaux du carbone", renseigne Maria Sarraf Pardon.

Au niveau global, ajoute-t-elle, la Banque mondiale a continuellement renforcé ses efforts pour l’adaptation et l’atténuation, ces dernières années, et continue de le faire. En atteste la publication de son plan d'action 2021-2025 sur le changement climatique. ‘’La Banque mondiale est déjà la principale source multilatérale de financements climatiques pour les pays en développement. Dans le cadre de son plan d’action, le groupe de la Banque mondiale s’engage à porter la part de ses financements pour le climat à 35 % en moyenne de la totalité de ses financements, entre 2021 et 2025. En outre, 50 % au moins de ses financements seront consacrés à l’adaptation. L'engagement d'un nouveau diagnostic, les CCDR (Country Climate Development Reports – Rapports sur le climat et développement). Sur ce point, ils ont commencé ces rapports, il y a deux ans et environ 25 publiés en ligne. Dans la région, le G5 Sahel a fait partie de la première cohorte et cette année, les rapports pour la Guinée-Bissau et la Côte d’Ivoire sont en finalisation et nous avons commencé les travaux pour le Sénégal. C'est la première fois que la Banque mondiale fusionne ses outils macroéconomiques et ses prévisions climatiques pour anticiper les impacts du changement climatique sur l'économie’’, renseigne-t-elle.

Toutes les opérations de la Banque mondiale (Bird et Ida) seront alignées, dès le 1er juillet 2023, et pour 100 % de leurs opérations - y compris le secteur privé - d’ici le 1er juillet 2025, ajoute la directrice de l’Environnement pour l’Afrique de l’Ouest à la Banque mondiale. "Dans ce contexte, nous amplifions le soutien aux pays pour accompagner la mise en œuvre et l’actualisation de leurs contributions déterminées au niveau national et de leurs stratégies à long terme, conformément à l’Accord de Paris. Tous ces points d'action amènent la Banque à envisager de réviser sa mission pour ne pas se concentrer uniquement sur la réduction de la pauvreté et la prospérité partagée, mais aussi pour inclure le changement climatique et d'autres défis mondiaux’’, explique-t-elle.

Dans le cadre du soutien au Sénégal, et pour la poursuite du travail au-delà de la CDN, souligne la directrice, la Banque mondiale a mobilisé des fonds fiduciaires pour soutenir l’opérationnalisation de certaines recommandations du CCDR, en termes de gestion des finances publiques et de Climate Budgeting. Et plus récemment, des fonds ont été mobilisés pour le Partenariat pour la mise en œuvre du marché carbone (dont les recommandations pourront aussi être reflétées dans le CCDR).

CHEIKH THIAM

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