Publié le 7 Nov 2021 - 00:14
CINEMA - 4E EDITION DE DAKAR COURT

Un festival qui croît

 

Tout est fin prêt pour un bon déroulement de la 4e édition du premier festival africain intégralement consacré au court-métrage de fiction, Dakar court. Elle se tiendra du 6 au 11 décembre avec, au programme, des projections de films, des remises de prix, des rencontres professionnelles, des pitchs, des master classes, etc. Parmi 217 films en prévenance de 27 pays d’Afrique et de sa diaspora, 14 films ont été sélectionnés pour la compétition officielle.

 

Après les première, seconde et troisième éditions couronnées de succès, Dakar court, premier festival africain intégralement consacré au court-métrage de fiction, poursuit sa montée en puissance. La quatrième édition de cet évènement se déroulera du 6 au 11 décembre prochain. Il met en compétition 14 films venus d'horizons divers. Il s’agit d’‘’Astel’’ de Ramata-Toulaye Sy (Sénégal) ; ‘’Poussières d’étoiles’’ de Mirvet Médini Kammoun (Tunisie) ; ‘’Iceberg’’ de Pape Théodore Sèye (Sénégal) ; ‘’Aboula Ngando’’ de Marcus Onalundula (RD Congo/France) ; ‘’Project H’’ de Maharaki (France/Martinique) ; ‘’Home Sweet Home’’ de Franck Moka (Congo) ; ‘’Les années d’illusion’’ d’Amroun Omar (Algérie) ; ‘’Reine Kayanm’’ de Nicolas Séry (France/Réunion) ; ‘’Le Retour’’ de Kouraogo Isabelle Christiane (Côte d’Ivoire) ; ‘’Mthunzi’’ de Tebogo Malebogo (Afrique du Sud) ; ‘’Sukar’’ d’Ilias El Faris (Maroc) ; ‘’La dans des béquilles’’ de Yoro Lidel Niang (Sénégal) ; Mamy de Toumani Sangaré (Mali), et ‘’Taajabone’’ de Fatima Bathily (Sénégal). 

‘’Nous avons reçu plus de 217 films et on a monté des comités de sélectionné qui ont visionné tous ces films qu’on a reçus, qui nous viennent de 27 pays d’Afrique et de sa diaspora. Nous en avons choisi 14, parce que l’objectif de Dakar court, c’est d’avoir des films de qualité’’, a expliqué le président de Cinémarekk et directeur général de Dakar court, Moly Kane, hier, en conférence de presse. 

Au programme, il y a Talents Dakar court. Destinée à des jeunes apprentis réalisateurs africains, Talent Dakar court est une formation gratuite aux métiers du cinéma organisée et dispensée depuis trois ans, dans le cadre du festival Dakar court. Selon Moly Kane, ce programme permet aux jeunes femmes et hommes de suivre, durant deux semaines, une formation à la réalisation proposée/animée par un cinéaste ou un professionnel du cinéma reconnu. Cette session de formation se termine avec la réalisation d’une séquence de film ou d’un court-métrage. Création qui sera projetée lors de la cérémonie de clôture du festival. ‘’Son objectif est de favoriser le dialogue intergénérationnel avec le concours de talents confirmés et des étoiles montantes de la diaspora cinématographique locale et internationale’’, a affirmé le réalisateur sénégalais qui est revenu de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) avec le Poulain d’Or (catégorie court-métrage fiction). Cinéaste, responsable encadrement Talent Dakar court de la promotion 2020, Moussa Sène Absa renchérit : ‘’C’est une semaine extraordinaire. Ces jeunes veulent apprendre. Ils aiment le cinéma. Ils rêvent. Ils ont faim d’apprendre. Ils sont possédés par le cinéma. Je suis certain que parmi eux, il y aura un grand cinéaste.’’ Les films ‘’Dénouement’’ de Moustapha Mballo Dieng ; ‘’Malaise’’ de Khalilou Diallo ; ‘’Palanteer’’ de Kenza Mélanie Madeira vont concourir pour le Prix grec-France TV.

’’Nous travaillons sans relâche’’

En outre, un tout nouveau programme est développé pour la 4e édition du festival Dakar court. Il s’agit de Dakar court critique. Destiné à des élèves journalistes cinéma sénégalais, ce programme offrira, d’une part, une semaine avant le festival, la possibilité de suivre un atelier de critique cinéma et, d’autre part, durant le festival, les ‘’élèves’’ journalistes Dakar court critique participant au programme devront rédiger quotidiennement des articles et critiques sur le festival et ses évènements. Ce programme est organisé en partenariat avec l’Association de la presse culturelle du Sénégal (APCS) et la Fédération africaine des critiques de cinéma (Facc).

‘’Nous avons remarqué que nos journalistes culturels ont envie d’écrire ou de parler du cinéma, mais parfois, ils n’ont pas les outils nécessaires pour regarder un film et apporter leur point de vue. Et nous avons deux encadreurs, Olivier et Baba Diop’’, explique le président de Cinémarekk. ‘’Une semaine avant le festival, nous allons recevoir 30 journalistes qui vont suivre des ateliers en critique cinématographique. Et pendant le festival, nous allons les accompagner à faire des papiers critiques sur des films qu’on va visionner. Enfin, nous allons primer la meilleure production journalistique’’, a précisé Moly Kane. Il se réjouit de la réussite de ce festival qui se pérennise. ‘’La première édition, nous avions galéré, car on était dans l’apprentissage. On avait envie de faire quelque chose.  Nous sommes fiers pour les trois éditions. L’année dernière, malgré la pandémie, on a tenu le festival et nous l’avons réussi’’, s’est-il félicité celui qui pense déjà à la 5e édition.

 Voilà donc la force de Dakar court. ‘’Nous travaillons sans relâche. Là, dès qu’on termine l’édition 4, après le rapport financier et artistique, nous travaillons sur l’édition 5’’, dit-il. ‘’Pour les ressources, le premier partenaire, c’est l’Etat du Sénégal, l’ambassade de la France au Sénégal avec l’Institut français de Dakar. Des partenaires qui nous ont fait confiance, car ils ont vu une équipe jeune et dynamique. Chaque année, nous créons un programme très riche et ils ont vu l’évolution. Nous avons aussi d’autres partenaires. L’Institut français, non seulement est partenaire, mais il est aussi co-organisateur du festival, car il apporte énormément de soutien logistique, financier, etc.’’, a-t-il ajouté.

‘’Dakar court est un bel adolescent’’

En effet, Dakar court fait désormais partie du paysage cinématographique et culturel du Sénégal. C’est un moment de rencontres, de découvertes et de fêtes qui a réuni, en 2009, plus de 4 000 spectateurs. Le directeur de l'Institut français de Dakar, Pascal Moulard, est revenu sur la naissance et l’évolution de cet évènement incontournable. ‘’C’est une idée qui est née autour d’un bureau, il y a trois ans et demi, avec Moly Kane qui portait cette idée avec Moustapha Samb (qui, à l’époque, travaillait à l’Institut français). Il portait ce rêve d’un festival de court-métrage africain, sénégalais, qui permet à la fois de mettre en valeur la création des cinéastes, mais aussi qui permet aux jeunes d’accéder aux connaissances, aux rencontres, de grandir dans ce métier. Donc, on a pensé ce festival pas seulement comme une compétition de films, mais aussi comme un lieu de rendez-vous pour les professionnels qui viennent de toute l’Afrique et de la France. C’est aussi un temps de formation pour les jeunes réalisateurs, les jeunes scénaristes et pour les critiques de cinéma’’, a-t-il relaté.

Il estime que ce festival a beaucoup crû. ‘’Je pense que Cinémarekk était une petite association qui a maintenant de grandes responsabilités. C’est, à mes yeux, le seul grand festival. Il est sur l’agenda et la carte mondial des festivals de cinéma. C’est le seul qui soit porté par une association de jeunes. C’est une performance remarquable. J’en suis très heureux. Rien que ça, c’est l’avenir’’, a apprécié M. Moulard. Cependant, il considère que Dakar court doit trouver un second souffle. ‘’Il a été beaucoup porté par l’Institut français et les partenaires. Maintenant, il faut qu’il devienne complètement sénégalais. Nous, on attend juste le moment de nous effacer. On a été là pour aider le bébé à croître et maintenant, c’est un bel adolescent. Il va pouvoir suivre sa vie d’adulte’’, indique-t-il.

 BABACAR SY SÈYE

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