Publié le 24 Mar 2019 - 16:52
CONCERT 30 MARS A SORANO

Mister Gass veut donner du lustre au reggae

 

Ibrahima Gassama dit ‘’Mister Gass’’ est un chanteur et comptable de métier. Il a allié une formation au conservatoire à des études au lycée. Passionné de musique, ses chiffres se transforment en notes musicales, après le boulot. Il essaie, tant bien que mal, de mener une carrière artistique. Il évolue dans le reggae et souhaite changer l’image qu’ont certains et/ou que renvoie cette musique. ‘’EnQuête’’ partage avec vous sa vision ou ses visions.

 

Au Sénégal, on a l’impression qu’on y fait du reggae que le 11 mai marquant la célébration du décès de Bob Marley. Tous les groupes sortent de leur repaire pour prester et communiquer en grande pompe sur l’évènement. Ensuite, plus rien. Bien triste et malheureux ! Un artiste reggae, Mister Gass, né Ibrahima Gassama, semble vouloir changer les choses. Il veut se produire le 30 mars. Et tenez-vous bien, au Théâtre national Daniel Sorano. Il n’y va pas de main morte, lui. Il veut bien faire les choses et en grand. Un projet ambitieux, innovant pour un artiste reggae vivant sous nos tropiques. Il s’appelle Mister Gass et veut offrir aux amoureux de ce genre musical un espace où venir se faire plaisir sans être agressé d’une quelconque manière. 

‘’J’ai voulu faire ce concert, parce que ce sont des choses qu’on voit rarement. Une année, Youssou Ndour a fait venir Alpha Blondy et a offert un concert aux jeunes au stade Demba Diop, si je ne m’abuse. Il n’y a pas beaucoup d’évènements de ce genre. Il y a des gens qui aiment le reggae, mais qui ne peuvent pas aller dans les sounds system, à cause de l’esprit qui y prévaut. Il y a de la débauche, de l’alcool, du chanvre, etc. Moi-même je vis cela’’, dit-il.

Il est l’une des victimes de cet état de fait. Comptable de profession, il officie dans une grande banque et la musique n’est qu’un exutoire pour lui. En plus de la jouer, il aimerait l’écouter ou aller voir des groupes jouer. Ce sont de telles occasions qui lui permettent de trouver, de découvrir de nouvelles choses ou, mieux encore, trouver des merveilles comme Waliyaan Band.

En effet, c’est lors d’un concert à la Maison de la culture Douta Seck, un 11 mai sans surprise, qu’il a découvert la bande à Ama Diop qui l’a agréablement surpris et avec laquelle il noué des relations professionnelles. Des opportunités de ce genre, il aimerait en avoir plus. Seulement, il est rare, voire impossible de trouver des restaurants qui présentent des plateaux reggae, ne serait-ce qu’en after work.

Il n’y a alors que les sounds system et l’environnement ne plait pas à tous. C’est donc quelque part pour satisfaire ceux qui sont comme lui que Mister Gass a initié ce projet. Mais il n’a pas que cela !  ‘’Cette initiative pourrait changer la mentalité, le regard des uns et des autres, et donner l’occasion à ceux qui le souhaitent d’écouter de la bonne musique, dans des endroits huppés’’, ajoute-t-il.

Rendez-vous donc ce 30 mars, au Théâtre Sorano, avec Mister Gass qui présentera 11 des 19 titres qui composent ses deux albums ‘’Mariama’’ sorti en 2001 et ‘’Pour un monde meilleur’’ mis en vente en 2014.  ‘’Un concert, c’est tout un programme et surtout un chronogramme. On a 3 heures de spectacle et j’ai des invités. Je ne peux, donc, pas jouer tous mes morceaux’’, explique-t-il.

Sangue Bi, Amiral You, M’Presse Celyah et Dread Divas seront sur la scène de Sorano, le 30 mars prochain. ‘’J’avais invité Waliyaan Band, mais ils ont un contrat aux Usa à la même période, donc ne peuvent être là. Les autres artistes que j’ai invités, nous entretenons des relations cordiales. Je les ai connus dans le milieu et on a toujours voulu faire quelque chose ensemble’’, renseigne-t-il. L’affiche est alléchante et vaut le détour. Surtout qu’il est presque sûr que Mister Gass mettra la barre très haut, afin de livrer un spectacle de haute facture pour diverses raisons.

‘’Quand je sors de la banque…’’

 D’abord, il veut montrer que le reggae peut aller dans les grandes salles. Ensuite, parce que, depuis la sortie de son dernier album, disons qu’il s’était terré. Une absence de la scène qui s’explique par la mise en place d’autres projets. ‘’Il faut reculer pour mieux sauter. J’avais comme projet de mettre en place un espace de musique pour mieux travailler et être autonome. J’ai pu mettre en place une salle de répétition, un studio. J’ai pu investir dans le matériel, le local. J’ai aménagé tout un espace chez moi pour juste faire de la musique et éventuellement pour l’image, pour être autonome’’.

Pour quelqu’un qui a un travail parallèle non moins prenant, c’est plus que commode. ‘’Quand je sors de la banque, je laisse tout au pas de la porte de mon bureau. La musique m’aide à ne pas stresser, à vivre un ‘burn out’, confie-t-il. Aussi, cela lui permet d’avancer dans sa carrière artistique. Aujourd’hui, pour son projet album qui est en gestation, il a déjà composé diverses chansons.

BIGUE BOB

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