Publié le 13 Jan 2017 - 23:11
CRISE POSTELECTORALE GAMBIENNE

Intenses manœuvres 

 

Les choses vont très vite à Banjul où le président déchu, Yahya Jammeh, manœuvre comme il peut pour s’accrocher au pouvoir. Car, après sa déconvenue du recours en annulation, le leader gambien a une nouvelle fois saisi la Cour suprême de son pays pour obtenir de cette instance une injonction visant à empêcher la prestation du Président élu Adama Barrow. Et alors que la diplomatie s’active en coulisses, Yahya Jammeh a fermé les frontières terrestres de la Gambie à partir de ce jeudi soir.

Yahya Jammeh entend épuiser toutes les cartes possibles pour empêcher Adama Barrow, son tombeur, de prendre fonction, le 19 janvier prochain. A cet effet, une nouvelle fois, le leader gambien s’est rabattu sur la Cour suprême de son pays qu’il sait incapable de statuer sur un quelconque dossier, comme le lui a signifié Emanuel Fangbele qui préside cette instance. Yahya Jammeh a demandé à son avocat, Edward Gomez, d’introduire une requête d’injonction par laquelle la Cour suprême de Gambie va empêcher le président de ladite Cour, ses assistants et toute personne exerçant des fonctions judiciaires ou quasi judiciaires, d’officier à la prestation de serment du Président élu Adama Barrow, le 19 janvier 2017. Il demande que l’interdiction soit en vigueur jusqu’à la date où ladite Cour va statuer sur son recours en annulation mis en quarantaine, depuis le 10 janvier.

Mais ce n’est pas tout, car en plus de demander "une ordonnance interdisant à Adama Barrow de prêter serment", Jammeh demande à la Cour suprême de Gambie d’empêcher tout organe du gouvernement de la République de Gambie, toute organisation nationale, régionale ou internationale, leurs agents, employés, et toute personne agissant à quelque titre que ce soit d’organiser, de diriger, de prendre part ou de participer, de quelque manière que ce soit, à la prestation de serment d’Adama Barrow,  le 19 janvier 2017 ou à toute autre date, en attendant la décision sur son recours en annulation.

Jammeh ferme les frontières avec le Sénégal

Il faut dire, qu’en même temps qu’il demande l’autorisation de recourir à ces mesures extrêmes, Yahya Jammeh continue de souffler le chaud et le froid. Ce Jeudi, son nouveau médiateur Pape Moussa Jallow a rencontré Halifa Sallah, le porte-parole de la coalition d’Adama Barrow. Au sortir de leur rencontre, ce dernier a révélé que le médiateur de Jammeh n’est pas neutre, même s’il reconnaît que c’est un début de dialogue. Il a ensuite ajouté que les motivations de la démarche du médiateur restent encore un mystère pour le camp de Barrow qui ne lui ferme pas la porte.

Mais dans la nuit d’hier, Yahya Jammeh a ordonné la fermeture des frontières terrestres de son pays avec le Sénégal. Une mesure radicale qui va dans le sens des propos tenus mardi par l’homme fort de Kanilai qui dit ne plus souhaiter une médiation étrangère pour aider à une sortie de la crise qu’il a provoquée. Mais à Banjul, on souffle que ce souhait n’est qu’un vœu pieux, puisque ce jeudi, la Chambre basse du Parlement du Nigeria a adopté une motion offrant l’asile politique à Jammeh à qui les portes du Nigeria seraient ouvertes, s’il décide d’abandonner ses appétits du pouvoir.

Mary Teuw Niane dépêché à Abuja

En effet, la diplomatie s’active en coulisses pour trouver une solution à cette impasse gambienne. Le Président du Sénégal Macky Sall a dépêché, ce jeudi à Abuja, son ministre Mary Teuw Niane qui a rencontré le Président du Nigeria Muhammad Buhari, en présence du ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyema. Ledit patron de la diplomatie nigériane a ensuite pris un vol en direction de Banjul où le Président Buhari est attendu, ce vendredi. Dans la capitale gambienne, il sera entouré de ses collègues médiateurs de la CEDEAO, dont la Libérienne Ellen Johson Sirleaf, le Sierra Léonais, Ernest Bai Koroma et de l’ex-président du Ghana, John Mahama.

Ensemble, ces chefs d’Etat vont tenter de convaincre Yahya Jammeh de passer le témoin à Adama Barrow, sous peine de subir la violence d’une intervention militaire pour le faire partir de gré ou de force.

 

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