Publié le 29 Aug 2013 - 03:30
DAOUR GAYE, ANCIEN MILIEU DU CASA

''Une aventure extraordinaire''

 

 

Jaraaf-Casa de 79 ? Énormément de choses (il insiste), je pense déjà aux sorties. La semaine de la finale, on a fait un tour en Casamance, on est allés à Niamone, à Bignona. Ce qui était magnifique, c’est l’ambiance, on était un groupe solidaire. On formait un bloc, on chahutait ; partout, il y avait les plus jeunes que nous comme Tony Coly, il y avait (feu) Amadou Moustapha Diouf ''Pikine'', Jules (Bocandé), Modiba, Bass (Bassirou Ndiaye), (Demba) Ramata (Ndiaye) forcément et puis Abdoulaye Gassama. Donc on chambrait beaucoup et puis y avait l'entraîneur Vieux Diatta, qui était le second de Bocar Diouf. Une très bonne ambiance. Ça a commencé 2 ans auparavant. Déjà en 1978, on eu un président qui s'appelait Matar Gaye, qui était le responsable des services des mines. Il était venu à Ziguinchor et a repris l’équipe en main. Il a été sollicité par Pape Biram Diakhaté. C'est quelqu’un qui, dix ans auparavant, s'est beaucoup investi pour le club. Tout tournait autour de lui et de Maître Alioune Badara Diallo. Et puis en 1978, quand Matar Gaye est venu à Ziguinchor, c'était parti. On se regroupait la nuit, on faisait un footing tôt le matin dans la journée ; les chômeurs, les travailleurs et les élèves vaquaient à leurs occupations ; et puis le soir, on se retrouvait au stade de Néma, archi-plein tous les jours.

 

''Compliqué'' nous donnait du 'tulukuno''

À, l'époque, je sortais de l’armée, j’en avais vraiment marre, je suis parti volontairement. J’ai fait quelques piges à l’ASFA (Association sportive des forces armées) et puis je suis parti. C'était très bien, on a joué un an pratiquement sans défaite au stade de Néma. Ce qui a poussé le doyen (feu) Balabasse Diallo (ancien journaliste à la Rts Ziguinchor) à commencer à appeler le stade ''l’enfer de Néma''. Voilà, on était vraiment un groupe solidaire, avec une très bonne ambiance, donc c'était parti de là. C'était l’aboutissement d’un travail de tout un groupe. C'est un travail qui a commencé 4, 5 ans plutôt avec Ousmane Ndiaye ''Compliqué'', (Demba) Ramata et Gassama qui jouaient avec nos grands frères, notamment les ''Whisky'', les Sadio Valentin, les Victor Mendy. Et puis eux sont venus, pas comme des encadreurs, mais ils étaient vraiment l’âme du club. Nous derrière, on a joué en juniors et en cadets au Casa. Je me rappelle bien une chose. ''Compliqué'', tous les matins, tous les dimanches de match, avait une bouteille de ''tulukuno'' (liquide produit traditionnellement et dont les vertus thérapeutiques sont très vantées) et on faisait une file. Il nous donnait une cuillerée de ''tulukuno'' et une cuillerée de Nestlé pour faire passer l’acidité. C'était vraiment une famille. Quand on finissait les entraînements, on allait, moi, Bass, Joe Badiane, chez Ousmane Ndiaye ''Compliqué'' qui venait de se marier.

 

''Les échanges de coups de poing''

J'avais 20 ans, et ils avaient fait de moi un joker ; et ce jour-là, j’étais sur le banc. Je suis rentré je ne sais plus à quel moment du match. D'aucuns disent que c'est quand je suis arrivé que le jeu a changé. Bon ça, je préfère laisser à d’ autres le dire. Je fus milieu de terrain, parfois excentré droit. Mais ce jour-là, je crois que j’ai joué milieu excentré, je ne me rappelle même plus.

Quand on était arrivés, les joueurs du Jaraaf étaient psychologiquement anéantis. Demba Diop était pratiquement plein le matin. Nos supporters ont veillé là-bas. Et quand on est arrivés, on est allés directement s'échauffer dans le camp du Jaraaf, c'est-à-dire qu'on voulait se frotter à eux. Donc on a foncé sur eux et ils ont mis une haie. Ils ont essayé de nous en empêcher et puis il y a eu deux ou trois échanges de coups de poing puis on est retournés. C'était un peu comme le Casa d'aujourd'hui ; il avait des footballeurs de talent à toutes les lignes. C'était une victoire de groupe. C'était allé très vite, c'était sur deux ou trois actions que Bassirou Ndiaye a mis deux buts. Le Jaraaf était une grande équipe mais vieillissante, on était plus jeunes et plus forts. La preuve, on a joué la finale de l'année suivante. Mais ce qu'il faut retenir, c'est que l'équipe était bien encadrée. Il y avait l'entraîneur Bocar Diouf qui est un homme extraordinaire, Me Alioune Badara Diallo, Bassirou Camara et Pape Biram Diakhaté qui ont tout donné. Extraordinaire aventure !

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