Publié le 30 Oct 2017 - 21:22
FILMS EN COMPETITION

‘’Daughter’’, un message universel

 

Les projections des films en compétition, dans le cadre du 22e Festival international du cinéma d’auteur de Rabat ont débuté samedi soir à la Renaissance, dans la capitale marocaine. ‘’Daughter’’, une création du cinéaste iranien Reza Mirkarimi, a été le premier film vu.

 

Dans une ville pétrolière iranienne - Abadan - vit la famille Azizi. Le père n’a que des filles. L’une d’elles, Setareh, a fait des études jusqu’en Licence et prépare son Master. Au cours de son cursus, elle a rencontré des filles de son âge et, ensemble, elles forment un groupe. Après les études, elles se voyaient occasionnellement. Pour le départ de l’une d’entre elles au Canada, le groupe a décidé d’organiser un déjeuner d’aurevoir à Téhéran où elles vivaient presque toutes. Rendez-vous est alors pris.

Setareh promet à ses amies d’être là en sachant qu’elle avait peu de chance de convaincre son père. Comme elle s’y attendait, le papa ne donne pas son accord. Elle décide tout de même de s’y rendre. Aller en avion le matin et rentrer l’après-midi. Une anicroche indépendante de sa volonté l’oblige à rester à Téhéran. Son père décide alors de venir la prendre. Elle angoisse, elle qui souffre d’asthme. Il y a de quoi, tout de même. Son père est un homme dur, qui croit tout savoir. Il est, en effet, comme tous ces hommes vivant en société patriarcale.

Ils ont toujours raison, les enfants et les femmes n’ont jamais leur mot à dire. On ne se préoccupe pas de leurs sentiments. Ce que ne supporte plus Serateh. Dans la voiture, en chemin pour le retour, elle essaie de s’excuser, de dire à son père qu’elle regrettait son geste, mais la situation s’empire. Elle s’enfuit alors. Là s’ouvre une autre page de l’histoire. Pris de panique, le père retourne chez l’amie de sa fille, Pooneh, chez qui Setareh a dormi la veille. Elle ne s’y trouve pas. Au commissariat, l’on se rend compte que la dernière personne qu’elle a appelée est sa tante vivant dans la capitale iranienne. Alors que son père disait au commandant qu’il n’avait ni famille ni attache dans cette ville. Il s’était, en fait, disputé avec sa sœur, il y a 10 ans.

Cette dernière avait alors fui Abadan, pour venir vivre avec l’homme qu’il aimait à l’époque, Mohsen. Chez cette tante, Setareh a retrouvé du réconfort. Elle, au moins, l’écoutait. Cependant, cette dernière avait à son tour ses propres démons du passé. Un règlement de comptes avec son frère. Profitant d’un moment assez banal, le frère cuisinait, elle lui assénait ses vérités, ce qu’elle a gardé pendant une dizaine d’années au fond d’elle. Partant de son exemple, elle lui a fait comprendre que sa fille est comme elle et avait plus besoin qu’on l’écoute qu’autre chose. Un moment fort du film.

Ainsi est racontée l’histoire d’une famille au sein de laquelle le mâle croit toujours devoir décider et imposer sa vision au sexe faible.

 Tout au long du déroulement de l’histoire, on sent que l’auteur dénonce cela sans vraiment le paraitre. Dans différentes scènes au restaurant, Setareh et ses amies ont parlé de comment la société les traitent et ont dit avoir l’impression que ‘’personne ne voulait être responsable d’elles’’. On leur choisissait leurs maris et elles vivaient toujours en famille jusqu’au jour de leur mariage, quels que soient les moyens qu’elles avaient. Aussi, ‘’Daughter’’ met en avant les rapports souvent assez heurtés entre frère et sœur.

Par ailleurs, ce qui est intéressant dans ce film, c’est le jeu d’acteur, la maitrise de l’écriture du scénario. Rien n’est de trop. Le réalisateur a su raconter cette histoire avec beaucoup de pudeur et de mesure. Même les fois où ils dénonçaient comment sont traitées les femmes, il l’a fait avec des mots assez doux. Rien de violent ou d’accablant. Aussi, dans ce film, on va de surprise en surprise. Tout ne se dessine pas ou ne se devine dès les premières images. Mais chacun peut se retrouver dans l’histoire, quelle que soit sa nationalité. 

BIGUE BOB (Envoyée spéciale à Rabat)

 

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