Publié le 8 Jun 2024 - 13:20
INDUSTRIES CHIMIQUES DU SÉNÉGAL

Indorama doit 200 milliards FCFA à l'État du Sénégal

 

Les Industries Chimiques du Sénégal (ICS), dirigées par le groupe Indorama, doivent plus de 200 milliards FCFA à l'État du Sénégal sous forme de redevances minières. Elles ne payent ni impôt sur le revenu, ni TVA, ni droits de douane. Cela a été révélé, hier, au cours de la conférence de presse organisée par les membres du Conseil national des dirigeants d'entreprise du Sénégal (Innovation-Croissance), du groupe secteur privé et développement (GSPD) et d'anciens employés des ICS.

 

Hier, à l'occasion de la conférence de presse organisée par les membres du Conseil national des dirigeants d'entreprise du Sénégal (Innovation-Croissance), il a été révélé que le groupe Indorama, gérant des Industries Chimiques du Sénégal (ICS), doit plus de 200 milliards de francs CFA à l'État du Sénégal. En effet, les ICS n'apportent rien au Sénégal, car ils ne payent ni impôt sur le revenu, ni TVA, ni droits de douane.

Abdou Aziz Ndiaye, ex-travailleur des ICS, a dénoncé avec véhémence la faible représentativité des Sénégalais dans le conseil d'administration de cette entreprise. Selon lui, parmi les douze membres que compte le conseil d'administration des ICS, le Sénégal n'a que deux représentants. Cela signifie, a-t-il déploré, que le Sénégal ne peut prendre aucune décision et ne peut être qu'un simple spectateur.

D'après Monsieur Ndiaye, qui a d'ailleurs écrit un livre sur les problèmes des Industries Chimiques du Sénégal, les sphères directoriales sont également occupées par les Indiens. Selon ses dires, sur les 70 cadres, 60 sont Indiens. "Les employés sénégalais qui partent à la retraite sont remplacés par des Indiens. Ils sont plus de 200 à la mine de phosphate. Les employés sénégalais sont passés de 2 500 à 1 500, c'est-à-dire que 1 000 agents ont perdu leur emploi", a souligné Abdou Aziz Ndiaye.

Sous-traitance et importations

Pour la sous-traitance, a-t-il déploré, les sociétés sénégalaises sont quasiment réduites à néant. Dans le même sillage, il a révélé que les Indiens importent beaucoup de produits qu'ils peuvent acheter ici au Sénégal. De l'avis de Monsieur Ndiaye, aujourd'hui, les Sénégalais sont capables de gérer les Industries Chimiques du Sénégal.

Dans la même veine, il a fait savoir que la seule solution pour résoudre cette problématique est la reprise du contrôle des ICS par le Sénégal. D'ailleurs, il a indiqué que tout Sénégalais patriote doit exiger que les ICS redeviennent une entreprise nationale.

Revenant sur la déclaration du chef de l'État pour une renégociation équilibrée des contrats miniers, il a souligné que le renouvellement de la convention État Sénégal/ICS doit être reconsidéré. Aujourd'hui, a-t-il clamé, "il n'y a que le problème de volonté politique pour récupérer les ICS. Car, dit-il, techniquement, politiquement, financièrement, juridiquement, tout est prêt pour qu'on récupère ce qui fut naguère le fleuron de notre entreprise nationale".

Pour sa part, l'opérateur économique et président du Conseil national des dirigeants d'entreprise du Sénégal (Innovation-Croissance), Birane Yaya Wane, a souligné qu'ils sont disposés et prêts à accompagner l'État pour que les ICS soient reprises entièrement par l'État du Sénégal à travers ses acteurs économiques opérationnels.

FATIMA ZAHRA DIALLO 

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