Publié le 30 Oct 2017 - 18:26
LANCEMENT RÉPUBLIQUE DES VALEURS

TAS sous le sceau de la vertu

 

Après une démission fracassante du gouvernement et une sortie ébruitée de l’APR, Thierno Alassane Sall (TAS) a lancé un mouvement politique, la République des valeurs/Réewum Ngor, destiné à faire pencher la balance en faveur de la vertu en politique.

 

Avec ses initiales, on aurait pensé à Tribunal arbitral du sport (TAS). Seulement, Thierno Alassane Sall ne veut pas juger des litiges sportifs, mais se jeter dans le bain politique. La République des valeurs/Réewum Ngor, qu’il a lancée ce samedi, vient engorger un champ déjà fort de 276 partis et mouvements politiques, au dernier décompte officiel du ministère de l’Intérieur. Son mouvement veut se démarquer de l’offre politique qui existe jusqu’à présent. L’objectif est de ‘‘proposer un pacte politique national qui aurait les allures d’un mouvement de reconquête de la démocratie et de la souveraineté nationale avec comme leitmotiv le bannissement de toutes les turpitudes et contre-valeurs qui pervertissent la bonne gouvernance de l’Etat’’, a déclaré le fondateur de la République des valeurs.

 L’ancien ministre de l’Energie a voulu montrer qu’il était doté d’une ‘’éthique de vertu et compétence irréprochable’’. ‘‘Quand il a fallu rendre le tablier pour sauvegarder mes valeurs, ce fut une décision irréversible qui a été bien comprise, saluée par de nombreux Sénégalais’’, a-t-il déclaré sous les hourras d’un public acquis à sa cause. La vision de son mouvement s’articule sur cinq points, à savoir ‘’bannir les logiques d’extraversion, lutter contre la gouvernance à court terme et le pilotage à vue, renouer avec les valeurs morales et éthiques, exorciser le spectre d’une forme de politique de prédation et réinventer notre propre utopie’’.

L’opposition n’était pas en reste pour le lancement du mouvement. Idrissa Seck, Abdoul Mbaye, Cheikh Bamba Dièye, Thierno Bocoum, Me El Hadj Diouf, Babacar Diop de la JDS ainsi que l’ancien secrétaire général du SAES Seydi Ababacar Ndiaye et d’autres personnalités ont assisté à la première de la République des valeurs. ‘‘Je savais que cela arriverait. A l’ARTP, il était tellement rigoureux qu’on l’a enlevé de là-bas pour cacher certains méfaits. A ma démission, quand je recevais des échos de ce qui se passait dans le gouvernement, je me suis dit, connaissant Thierno, qu’il n’allait pas rester longtemps’’, a déclaré l’ex-Premier ministre Abdoul Mbaye.

TAS n’a pas manqué d’accuser sa désormais ex formation politique d’avoir relégué au second plan les conclusions des Assises nationales, l’organisation chaotique des législatives de juillet 2017, l’utilisation agressive de l’argent, la fuite des jeunes désœuvrés vers le désert libyen, l’affaire Yavuz Selim, le coma végétatif de La Poste, les intérêts étrangers surreprésentés dans l’économie nationale (Port, AIDB, TER...), la privatisation de la corniche-Ouest et le futur bradage des terres de l’aéroport de Yoff...

Le leader de la République des valeurs n’a pas épargné le régime actuel pour justifier ce qu’il appelle ‘‘la défaite morale de la coalition au pouvoir depuis 2012, sans appel, massive et totale’’.    

OUSMANE LAYE DIOP

 

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