Publié le 12 Jun 2026 - 15:07
MONDIAUX RATÉS DE TIR SPORTIF DU SÉNÉGAL  

L’analyse et les recommandations du patron du club de Tir ‘’Keew’’

 

Après une Coupe du monde de tir catastrophique pour les Lions du Sénégal, le président du club de Tir ‘’Keew’’, Babacar Guèye, invite à changer la donne, par une gouvernance axée sur la performance et l’optimisation des ressources, entre autres.

 

La participation récente du Sénégal aux Championnats du monde de tir sportif, à Munich, n’a pas été fructueuse pour le Sénégal. Pour le président du club de Tir ‘’Keew’’, l’un des plus grands clubs de cette discipline à Dakar, elle ouvre une opportunité précieuse de réflexion pour l’ensemble de l’écosystème sportif national. Loin de toute critique stérile, cette situation a poussé Babacar Guèye à faire un bilan sur l’engagement des acteurs actuels.

‘’L’heure est venue d'analyser avec lucidité les conditions de préparation, la structure des délégations et l’efficience des ressources mobilisées. Dans une discipline de haute précision comme le tir sportif, où l'équilibre mental conditionne la rigueur technique, l'environnement global de l'athlète est un facteur déterminant de la performance. À ce titre, une optimisation de la composition des délégations officielles apparaît nécessaire. L'objectif est de garantir une parfaite adéquation entre les besoins réels des tireurs sur le terrain et les moyens logistiques et humains déployés’’, indique-t-il.

En effet, selon son analyse, les enseignements des échéances internationales récentes, à l'instar des compétitions du Caire en 2025, mettent en lumière l'urgence de repenser les cycles de préparation. ‘’Pour franchir un cap compétitif, dit-il, plusieurs leviers doivent être actionnés : la pérennisation de stages de haut niveau, l’instauration de regroupements réguliers, ainsi que le déploiement d’un encadrement pluridisciplinaire de proximité, associant expertises techniques, médicales et psychologiques ».

Il ajoute : « Sur le constat du terrain, la performance ne se décrète pas, elle se dote de moyens. Le tir sportif exige un volume d’entraînement conséquent qui se heurte aujourd'hui à la réalité de nos infrastructures. Faciliter l’accès fluide aux munitions, renouveler le matériel de compétition et moderniser nos installations nationales sont des impératifs catégoriques. Ces investissements structurels sont les seuls leviers capables de permettre à nos athlètes d’évoluer dans des conditions comparables à celles de leurs homologues internationaux’’.

Sur le plan financier, à ses yeux, une gouvernance moderne repose sur une priorisation stratégique des dépenses. ‘’Sans préjuger des arbitrages passés, un recentrage rigoureux du budget vers les facteurs clés de succès : formation, équipements de pointe et préparation intensive, maximisera l'impact de chaque ressource investie.

À l'image des standards observés au sein des grandes nations du tir, nos délégations gagneraient à être plus resserrées, focalisées exclusivement sur le soutien direct aux athlètes. Nous voulons faire un plaidoyer constructif pour l’avenir qui traduit une attente forte de la communauté : voir le tir sportif sénégalais se structurer, renforcer sa compétitivité et offrir à ses talents le cadre qu'ils méritent.’’

Babacar Guèye fait, à ce propos, des suggestions pour redynamiser la discipline. ‘’Nous appelons à l’ouverture rapide d’un cadre de concertation inclusif, réunissant la Fédération, les autorités de tutelle, le mouvement olympique et les acteurs de terrain. C’est ensemble, à travers une vision partagée et une gestion transparente, que nous poserons les bases d’un développement ambitieux et durable du tir sportif au Sénégal’’, lance-t-il.

CHEIKH THIAM

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