Publié le 8 Feb 2013 - 09:32
OUVERTURE DES CHAMBRES AFRICAINES CE MATIN

La cloche sonne pour Habré

 

En exil au Sénégal depuis bientôt 23 ans, l’ex-président tchadien Hissène Habré est aujourd’hui inquiété, avec la mise en branle ce vendredi des chambres africaines pour son jugement. Le début de la fin semble sonner.

 

Hissène Habré va devoir répondre de ses actes. Tout est fin prêt pour qu’il soit jugé par les chambres africaines extraordinaires créées au sein des juridictions sénégalaises. L’ex-président tchadien est accusé de milliers d’assassinats politiques et de torture systématique au cours de son règne, entre 1982 et 1990. Avec son parti unique, l’homme a régné en maître sur le Tchad. Il lui est reproché d’avoir pris pour cibles différents groupes ethniques, notamment les Saras (1984), les Hadjéraïs (1987), les arabes tchadiens et les Zaghawas (1989-90).

 

 

La Commission d'enquête tchadienne, mise sur pied en 1992, a accusé le gouvernement d’Hissène Habré d’avoir commis environ 40 000 assassinats politiques et d’avoir torturé plusieurs individus. Des exactions commises pour la plupart par sa police politique dénommée, Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), dont les directeurs qui rendaient des comptes ‘’exclusivement’’ à Hissène Habré appartiendraient, dans leur écrasante majorité, à son ethnie, les Goranes.

 

 

En 2001, des dossiers de la DDS ont été découverts dans les anciens locaux de la direction à N’djaména. Parmi lesquels, des listes journalières de prisonniers et des décès en détention, des comptes-rendus d’interrogatoires, des rapports de surveillance et des certificats de décès. Ces dossiers informent sur la manière dont Habré a placé la DDS sous son contrôle direct et comment il maintenait un contrôle étroit sur les opérations de l’organe. Pris au dépourvu par un coup d’État fomenté par un de ses anciens lieutenants Idriss Déby Itno, il quitte le Tchad en 1990.

 

 

 

 

 

Amadou NDIAYE

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