Publié le 23 Feb 2022 - 18:43
PROJET MADIBA DE PRODUCTION DE VACCINS AU SENEGAL

L’Allemagne dégaine plus de 13 milliards de francs CFA 

 

Le Sénégal s’est engagé dans la production de vaccins contre la Covid-19, avec son projet Madiba. Pour appuyer le pays dans son initiative, la République fédérale d’Allemagne a offert, hier, 20 millions d’euros, soit plus de 13 milliards de francs CFA.

 

Le projet Madiba est sur la bonne voie. Même si le site est à l’état de construction, les travaux avancent à grande échelle. Ce projet du Sénégal porté par l’Institut Pasteur de Dakar consiste à la production de vaccins contre la Covid-19.

En visite, hier, au site dédié à la production de vaccins contre la Covid-19, le président de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, a annoncé la contribution à hauteur de 20 millions d’euros, soit plus de 13 milliards de francs CFA, de son pays en appui à ce projet.

Selon le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott, au-delà de la Covid, il est important de produire des vaccins contre la tuberculose et d’autres maladies telles que le paludisme. ‘’On ne le souhaite pas, mais des pandémies comme la Covid-19, on ne sait jamais. Il faut être prêt. C’est la raison pour laquelle le gouvernement du Sénégal est derrière l’Institut Pasteur de Dakar et mobilise les ressources. Pour le moment, l’Etat a mis 12 millions de dollars de son budget dans le projet. Il a octroyé ce site de 3 ha. Demain, l’Etat va rajouter 10 millions d’euros et, d’ici la fin du mois de mai, si les bailleurs tardent à venir, l’Etat va rajouter 65 millions d’euros, soit près de 40 milliards de francs CFA’’, renseigne le ministre.

A l’en croire, l’Etat est derrière ce projet et n’hésitera pas, autant de fois que ce sera nécessaire, de mettre la main à la poche pour le respect du rendez-vous. Car pour M. Hott, il est important de produire la matière première, d’ici le mois de juin, et en espérant que le produit fini, fabriqué entièrement au Sénégal, sera prêt d’ici la fin de l’année ou l’année prochaine.

 

Produire 50 millions de doses, dès la fin de cette année

Dans la même veine, le directeur de l’Institut Pasteur de Dakar, Docteur Amadou Sall, a indiqué qu’ils suivent la vision que s’est fixée l’Union africaine. ‘’Celui de s’assurer que, d’ici l’horizon 2040, nous allons produire 60 % de nos vaccins ici en Afrique, à partir des 1 % qu’on a aujourd’hui. Dans cette perspective, nous avons conçu le projet Madiba dont le but est d’arriver à une autonomie dans le domaine du vaccin. Le projet Madiba, dans un premier temps, va avoir cet objectif de faire de la Covid, mais aussi, plus tard, va faire d’autres vaccins’’, explique le Dr Sall.  Avant d’ajouter qu’au-delà de la Covid-19, il est prévu des vaccins pour le Programme élargi de vaccination (PEV) et aussi pour les épidémies.

L’objectif, renseigne le Dr Sall, est de produire 50 millions de doses, dès la fin de cette année, et à partir de l’année prochaine, avoir une capacité de 300 millions de doses. ‘’Au niveau de Madiba, on aura de l’ARN Messager, des vaccins à vecteurs viraux et les vaccins recombinants’’. 

Il souligne que le projet Madiba a été conçu par une technologie modulaire dans laquelle ils vont commencer d’abord par créer les différents mobiles. Une fois qu’ils sont créés, ils auront sur le hangar au total une capacité de 300 millions de doses. Deux cents personnes vont travailler dans ce hangar. Cela, soutient-il, correspond à un investissement de plus de 220 millions de dollars, avec une capacité générée de revenus de 150 millions de dollars.

A côté du projet Madiba, le directeur de l’Institut Pasteur a présenté le projet Africa Marine, qui concerne la fièvre jaune. A ce niveau, il est prévu de produire 10 millions de doses, l’année prochaine, et 30 millions régulièrement, à partir de 2029. ‘’Le Sénégal est l’un des quatre producteurs de vaccin contre la fièvre jaune, qualifiés par l’OMS, après le Brésil, Sanofi en France et la Russie. Nous sommes les seuls producteurs qualifiés par l’OMS au niveau de l’Afrique’’, renseigne-t-il.

VIVIANE DIATTA

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