Publié le 21 Sep 2012 - 08:05
RÈGLEMENT DÉFINITIF DES INONDATIONS

L'État propose un plan décennal de 767 milliards

 

Pour venir à bout des inondations qui sévissent dans certaines parties du pays, notamment la banlieue dakaroise, depuis 2009, le gouvernement du Sénégal a proposé et adopté hier, un programme décennal de 767 milliards de FCFA, à l'issue du conseil présidentiel sur les inondations convoqué par Macky Sall.

 

Le conseil présidentiel sur les inondations, convoqué hier à l'initiative du président de la République Macky Sall, a pris les allures d'états généraux. Autour d'une table, autorités étatiques, membres du gouvernement concernés directement par le phénomène des inondations, corps diplomatiques, partenaires sociaux et financiers, élus locaux, autorités régionales, société civile, architectes (la liste n'est pas exhaustive), ont tenté ensemble de disséquer la problématique des inondations, afin d'en déterminer le mal et y apporter des solutions structurelles et structurantes.

 

D'entrée de jeu, le gouvernement en sa qualité de chef d'orchestre, s'est attelé d'abord à un état des lieux de la situation des inondations. À travers une projection présentée par le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement, Oumar Guèye, l'État a tenté de remonter à la source du mal. Le ministre Oumar Guèye a démontré qu'à partir de 1910 déjà, presque tout Dakar était constituée de marres. La naissance de l'urbanisation en 1947 et l'explosion démographique notée en 1983 sont venues aggraver les choses, puisque les inondations sont devenues récurrentes depuis 2009. En partie à cause de l'occupation des marres par les populations.

 

Face à une telle situation, le gouvernement de l'alternance a tenté en vain d'apporter des solutions durables, en y injectant 72 milliards. Devant cet échec, l'actuel régime lui, a opté pour une autre démarche. C'est ainsi qu'il a proposé hier, en conseil présidentiel un plan décennal estimé à 767 milliards de nos francs, avec une première phase d'urgence étalée sur 2012-2013 estimé à 66 milliards et qui doit démarrer, dès la fin de cet hivernage. Un volet à court terme de 250 milliards et une autre phase à moyen et long terme qui coûtera 450 milliards’’.

 

400 milliards pour recaser les sinistrés

 

Ce plan qui devra prendre en compte l'ensemble des études en cours et mettre en cohérence les projets en cours ou à venir, d'après le président de la République, décrit suffisamment le problème des inondations et ébauche des solutions séquentielles dans le temps. Raison pour laquelle, Macky Sall déclare l'avoir accepté. Cependant, seul le budget de la phase d'urgence a été adopté. Celui du programme décennale jugé exorbitant par les bailleurs de fonds, notamment par la Banque mondiale, a été différé. Des rencontres ultérieures entre les différents acteurs permettront une meilleure mise en cohérence.

 

Dans le budget destiné à solutionner les inondations, 400 milliards serviront à recaser les sinistrés. Mais selon la représentante de la Banque mondiale, il est nécessaire dans ce projet, dans le soucis de réduire les coûts, de minimiser les déplacements ou à défaut de promouvoir des déplacements volontaires. ''Cela coûte toujours chers de déplacer les gens touchés par le fléau'', déclare-t-elle tout en invitant le gouvernement à changer de stratégie sur ce point. ''Mme la représentante de la Banque mondiale, nous ne pouvons pas faire l'économie de recasement de certains sinistrés, c'est indispensable'', rétorque le maire de Dakar Khalifa Sall lors de sa prise de parole. Pour Momar Ndao de l'Ascosen, si transfert de sinistrés il doit y avoir, il doit être précédé d'études préalables sur la qualité du sol d'accueil. Parce que, dit-il, Jaxaay qui constitue un sol d'accueil est aujourd'hui lui aussi inondé.

 

Revenant à la charge, la représentante de la BM a appelé, d'autre part, l'État à rationaliser les institutions qui œuvrent dans ce domaine. ''Un cadre institutionnel rationalisé et stable est nécessaire pour assurer une réponse d'urgence efficace et mettre en place des solutions durables'', suggère-t-elle. Outre ce plan décennal, le gouvernement du Sénégal s'attelle à finaliser dans l'urgence 12 plans directeurs d’assainissement répartis dans les zones de Thiès, Mbour, Ziguinchor, Sédhiou, Diourbel, Kaolack, Dagana, Louga Richard-Toll, Mboro, Rosso-Sénégal, Fatick, Kolda et Touba.

 

ASSANE MBAYE

 

 

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