Publié le 8 Oct 2012 - 15:17
SÉMINAIRE DE RÉFLEXION ET DE PARTAGE

Le PDS engage son aggiornamento

 

 

La Fédération nationale des cadres libéraux (FNCL) a organisé un séminaire national de «réflexion et de partage» ce week-end autour du thème : «Quel PDS nous voulons dans un environnement politique en mutation» ? Une occasion pour les libéraux de poursuivre leur autocritique après la débâcle du 25 mars 2012.

 

 

Le Parti démocratique sénégalais (PDS) veut revenir au pouvoir. Et le plus tôt possible. Mais l’atteinte de cet objectif passe par un aggiornamento dans l’opposition. Réunis en séminaire national de «réflexion et de partage» ce week-end à Dakar, les membres de la Fédération nationale des cadres libéraux (FNCL) ont planché sur l’avenir du PDS «dans un environnement politique en mutation».

 

Tout d’abord, le coordonnateur du PDS, Oumar Sarr, qui a présidé le séminaire, a critiqué le comportement des cadres du parti «dans le dernier quinquennat du Président Wade». «A dire vrai, vous n’avez pas pu jouer ce rôle» qui est d’«anticiper, (de) formuler, (de) formaliser, (de) confronter vos modèles à la réalité», déclare-t-il. «Peut-être que vous étiez trop pris par les postes que vous occupiez ou que vous vous prépariez à occuper dans les cabinets ministériels et dans l’administration !». Avant de relativiser. «Peut-être aussi que notre parti, trop impliqué dans la gestion du pays, suffisant peut-être par moments, n’a pas jugé utile de se tourner vers vous, alors que sans vous, il n’y a plus de boussole». Aujourd’hui, estime le maire de Dagana, l’heure est à la remobilisation «vers la reconquête du pouvoir». Il se dit convaincu que le président Macky Sall «ne peut aller loin».

 

Une conviction partagée par Abdou Aziz Diop, président de la FNCL et du reste très proche de...Oumar Sarr pour qui «la défaite n’est pas une fatalité imparable, surtout lorsqu’on est le Pds, un parti né dans l’opposition et qui s’est forgé dans la persécution permanente». M Diop considère : «Comme toute défaite, celle du 25 mars doit être l’occasion de faire le clair sur nous-mêmes, sur nos réussites, mais aussi sur nos erreurs et sur nos échecs.»

 

Sous ce rapport, Babacar Gaye, porte-parole du Pds, pense que la préoccupation majeure est de savoir : quel Pds veulent aujourd’hui ses «frères» ? Avec quel programme, quelle idéologie et quelles personnes pour le conduire ? Des questions qui devront forcément ou sûrement trouver réponses lors du congrès prévu en 2013. A cet effet, il a été proposé la mise sur pied d’une commission chargée d’organiser les renouvellements et d'insister sur la formation des commissaires politiques.

 

En tous les cas, pour Awa Ndiaye, ancienne ministre de la Culture, modératrice des débats, «le Pds doit être un parti d’action» et «s'adapter à la réalité» s’il espère revenir rapidement aux affaires. Mamadou Lamine Keïta, lui, est d'avis que «le Pds est dans une situation d’exception» qui voudrait que ses responsables doivent épouser le principe du «gentleman agreement» pour négocier le virage. «Aujourd’hui, si on voulait réduire les membres du Comité directeur, cela susciterait beaucoup de frustrations», a-t-il indiqué. En effet, le Cd du Parti démocratique sénégalais, qui est légalement de 12 membres (10 élus et 2 nommés par le secrétaire général national) est porté à 70 membres.

 

Divergence autour des courants

 

Bien que n’étant pas inscrite à l’ordre du jour, la question des courants de pensée a été abordée au cours de ce conclave. Contrairement à beaucoup de responsables opposés à une telle idée, Pape Sadio Thiam estime que «le débat ne doit pas être banni au PDS» qui est «un parti transcourant». «Le PDS a toujours agrégé des partis d’obédience trotskiste, marxiste, socialiste, dit-il. Alors, je ne vois pas pourquoi on n’accepterait pas un courant». L’ancien conseiller technique de Me Wade appelle les uns et les autres à ne pas renouveler les erreurs du passé en procédant à des «purges». En écho, Babacar Gaye, estime que «le Pds doit avoir le courage d’organiser le débat» car «personne ne peut empêcher quelqu’un de dire ce qu’il pense. Sinon il le dira dehors».

Pour rappel, seul Serigne Mbacké Ndiaye a créé son courant dénommé fidélité et Kolëré. Ce qui n’est pas du goût de tous les responsables libéraux. En droite ligne, Awa Ndiaye a dénoncé le problème de communication qui se pose à l'ancien parti présidentiel. Alors que «chacun parle comme il veut», il est temps de mettre en place «une communication coordonnée».

 

DAOUDA GBAYA

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